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CHAPITRE XIV

LES DERNIERS PROPOS DE l'aNGE â LA VIERGE.

En ce traité tout est saint, pur et divin, et tend à produire le Saint des saints au monde. De tous les moyens qui pouvaient être employés à faire naître le Messie au monde, Dieu choisit le plus divin et le plus honorant la pureté de Marie. L'exemple d'Elisabeth où Dieu tire le précurseur d'un fonds stérile, employé à déclarer cet œuvre miraculeux, où Dieu lire le Messie d'un fonds pur et virginal. Jésus est fleur et fr]sit tout ensemble : et Marie sa Mère conserve la fleur de la virginité avec le fruit de la fécondité.

■ Voilà les saintes pensées que nous devons avoir, écoutant les i)ropos qui se liennçnt en ce cabinet de Nazareth, ou pour mieuï dire, en ce sanctuaire où la Vierge est avec l'ange ; où Dieu est présent et prêt à s'incarner, où tout est saint, pur el divin.

S PAKOLKS I)i: LA VIEUr.E A I/ANGE. 4:.i

et tend à produire le Saint des saints au fiiond».'. Kl cesl ainsi (ju'il faut parler d'un rollijipie si pur el si saint, (jui sert do préambule h un ni\ stère si haut, si grand et si auguste, cl non pas en parlant comme les impies de ce sièrlo, Q\i(; si l'étendue do nos projtos sur ce sujet est un pou longue, le lecteur nous le pardonnera. Ko lémérairo attentat de l'bérésio contre la foi de la \ ierge el contre la dignité do ce mvslèro, a tiré celle di'^gIo^si()n [lour justilier les paroles el la conduite de celle qui porto lo Juste {Jrr. XXIII , 5j cl la justice au monde, et est la première h recevoir l'impression de sa justice cl sainteté en elle-même, enlo conievaiitet pf)rlant (Jaiis ses entrailles.

Heprenons maiiitenanl lo til de <:e discours el disons que la N'ierge a}anl humblemcnl demandé à l'ange, «luelle était l,i voie choisie de Dieu jiour accomplir l'ieuvre qu'il lui annonce, l'ange lui ré| ond et lui déclare que celle conce(ilio!i sera céleste ; que cel enfantement sera divin ; (pie lo Sainl-Ksprit viendra en elle : que la vertu du Très-Haut l'environnera : que lo fruit do celle opération céleste sera reconnu cl nommé le Fils de Dieu viv.ml. Tellement que de tous les moyens qui pouvaient être employés Ji faire naître le Messie d'elle , Dieu choisit le moyen le plus haut el divin, le i)lus digne de ïoi et le i)lus honorant la pureté de Marie.

La nature ne prendra point de part h cet œuvre. Les anges mômes emfdoyés d'ordinaire dans les œuvres de Dieu n'y seront point appelés. La main seule du Tout-Puissant y sera appliquée : et la fécondité de la Vierge sera élevée par puissance divine à concevoir el produire saintement le Saint des saints, le Fils propre el unique de Dieu même.

Que si en un sujet tout céleste, tout divin, tout miraculoui, si en une opération rare et singulière on doit rechercher quelque exemple : il lui en produit un domestique en la personne de sa cousine Elisabelh, comme s'il lui disait : La même main du Très-Haut, ô Vierge sacrée, qui a lire d'un fonds stérile !a naissance|de Jean-Uapti?tp,lirei a d'un fontJs pur el virginal la naissance de votre fils. Mais l'un est le souverain, l'autre le vassal, l'un est le fils, l'autre lo serviteur : l'un le Messie, l'autre !e j»récurseur: l'un le Verbe divin, l'autre la voix du Verbe. Comme donc l'un est bien différent de l'autre, aussi la main de Dieu y of»ère bien diin^remiuent. Rien d'impur el terrestre ne sera mêlé en cette opération ; tout y sera céleste et divin. Vous aurez, ô Vierge sacrée, efla fleur et le fruit tout ensemble. La fleur de votre virginité, et le frtiit de votre fécondité. Car aussi Jésus est fleur el fruit tout ensemble, et porte ce double noru dans les Ecritures. (Isa. xi, 1 ; Cant. ii, l ; Psal. Lxvi, 7.) Ce n'est pas une fleur qui passe en fruit et n'est plus fleur ; mais il est toujours fleur, toujours fruit, et vous serez aussi toujours vierge et toujours mère, el la fleur de votre virginité ne uassera jamais, ne flétrira jamais, ei oer-

ŒUVRES CO.MPLKTES DU CARDINAL DE BEKULLE

sévérera avec le fruit de votre fécondité. O fleur, ô fruit, ô fécondité 1 ô fleur du ciel, ô fruit de vie, ô fécondité de Dieu I CHAPITRE XV.

LES DERMEBS PROPOS DE LA VIERGE, ET SA DISPOSITION lorsqu'elle LES PROFÈRE.

Explication de ces paroles: Ecce ancilia Doiiiini, fiai, etc. La lierge parle à range comme un ange; et sa langue, comme langue angélique, ne porte qu effets et lumières pour paroles. Cette parole est laparole de la plus grande puissance quelle proférera jamais, et du plus grandcontentement qtielle aura jamais. H faut peser que celle qui parle est la plus grande personne qui sera jamais après les trois personnes de la très-sainte Trinité : et elle parle àTentrée du plus grand état où elle sera jamais établie. Cette parole lui est inspirée par la parole éternelle, qui va .^'incarner en elle : et elle contient sa dernière disposition à ce grand mystère. La Vierge est lors au comble d'une grâce très-éminente, qui s'est accrue de moment en moment depuis quinze ans. Mais ce comble n'est que le commencement d'un nouvel état dans lequel elle va entrer. Let dispositions de Marie à être Mère de Jésus, sont grâces méritées par Jésus même, et sont effets opérés par sa personne propre en sa très sainte Mère. Parler des grandeurs de Marie, c'est célébrer les louanges de Jésus, puisqu'elle est le plus grand effet et ornement de sa puissance dans l ordre de la grâce. Il y a deux manières de vie en la Vierge, l'une qui la prépare à la divins maternité sans qu elle le connaisse ; l'autre qui est ce même état et vie de Mère de Dieu. La Vierge est solitaire en la terre, tandis que Jésus n'y est point; puisque lui seul est digne de lui tenir compagnie. Dieu a deux voies pour communiquer ses grâces à sa créature, l'une sans qu'elle les connaisse, l'autre en lui en donnait lumière. Il tient comm.nénient la première au regard des hommes, et la seconde au regard des anges. Des deux paroles de la Vierge à l'ange, la première est une parole d'étonncment, la seconde de consentement ; l'une d'obscurité, l'autre de lumière, et de lumière qui pénètre jusqu'au sein du Père. Cette parole: Ecce, etc., est humble, féconde etheureuse. La Vierge est toujours servante et toujours mère; comme son Fils est toujours homme et Dieu. Marie parvient à la maternité par la virginité.

La Vierge donc instruite de ces paroles, ornée de ces faveuis , assurée de ces ■'privilèges, acquiesce à la parole de l'ange, obéit à celle de Dieu, et dit : Ecce ancilia Domini, fiât mihi secundum Verbum tuum.

{Luc. i, 38.) Ne passons pas légèrement cette parole, et ne l'écoutons pas comme une parole nue et simple, ni comme une parole officieuse rendue par compliment à la parole de l'ange. Celle qui profère cette parole, est un^aiige et plus qu'un ange ; et elle parle à un an'^e, et elle lui parle un langage angé-

lique, langage bien différent du langage des hommes, qui ne [îorle que de simples paro^ les, au lieu que la languedes anges est vive, pénétrante et lumineuse, et ne porte que des effets et des lumières |)Our parole. Celte Vierge comme angélique est douée d'une de ces langues angéliques dont l'Ai-ôlre a parlé, et ici elle est en un état plus ([u'angélique. Elle est au terme de grâce qui termine tout le cours de sa vie précédente ; vie très-haute et préparant à l'état nouveau où elle va entrer à la iin de ces saintes paroles. Celle parole donc n'est pas une {)arole de piété commune et d'un sens ordinaire ; c'est une parole et d'abaissement et d'élévation trèsgrande tout ensemble. C'est la parole de la plus grande puissance qu'elle proférera jamais; c'est la parole du plus grand contentement qu'elle aura jamais ; c'est une humble et grande parole qui réjouit le ciel, qui conclut le salut de 1 univers, et qui lire du plus haut des cieux le Verbe éternel en la terre. Celle qui parle est la plus éminenle person! e qui soit et sera jamais après les trois personnes incréées delà divinité; et elle parle à l'entrée du i)lus gran/1 état où elle sera jamais établie, deux circonstances de grand poids, qui nous doivent faire estimer dignement cette parole, et la peser au poids du sanctuaire. Lorsque cette Vierge humble, silencieuse et modeste ouvre sa bouche pour la proférer, elle est en la main du Verbe éternel qui est avec elle, qui va s'incarner en elle, qui la veut pour sa Mère. C'est ce \'erbe divin qui lui inspire cette parole et lui imprime celte disposition.

Et cette |>arole est la dernière que la Vierge proférera sur ce sujet, à l'issue de laquelle sans aucun délai se doit consommer le mystère sacré, le mystère d'amour divin, le mystère de l'Incarnation en elle. La Vierge donc I rofère celte parole, étant en la plus haute disposition, et la plus divine qu'elle ait jamais eue, et en l'une des plus hautes qu'elle aura jamais à l'avenir. Et ce colloque saintement commencé par la parole de l'ange, huit encore plus saintement, plus heureusement, plus divinement par la parole de la Vierge. Cette parole de Marie est briève en apparence, mais elle est profonde en sens, et grande en mystères. Et elle correspond dignement à la qualité de sa personne, à la sublimité de sa grâce, à la sainteté de son état, à la divinité de son appartenance, au Père, au Fils, au Saint-Esprit, qui l'appellent et l'élèvent à la société de leurs personnes dir vines elde leur opération admirable. C'est assez dit en peu de mots, pour honorer cette parole et celle qui la prononce. Mais le lecteur me pardonnera si je l'entretiens encore sur ce sujet.

Je ne puis séparer sitôt ma pensée de cet objet céleste en la terre, que cette ange regarde. Et je contemple volontiers cette sainte Vierge en ce moment heureux, seule et solitaire en sa chambrette, élevée en son oratoire, attentive à Dieu, écoutant la parole de son ange, ravie en la pensée des grandeurs qui lui sont annoncées. Je la vois au

Mi: IiK JKSIS. — CIIAK iV. DIUMEIŒS PAUOLKS I>E LA VIKRCE A LANGK.

coiiihle d'une grAce <'îminenlp, (ini letmine lo cours (le toute sa vio |iréc6{loiite, vie de quinze aniujes ooiisoriMiiée toute on grA<u (niônie en clinciin de ses nionients^, et consomcuéo en i;r<lce liès-raie "et Ires-élevéo ; mais ce coinMe n'e>l (ju'un foiideinenl el un ( oninuMu t'iiu-nl d'un nouvel ('îdilice ; ( ar alors niênie je la vois h l'entrée d'un nouvel état qui coiuinence en (die à la lin de ces saintes paroles, el continuera jusque dans r(^lernité. Kl ces paroles qu'elle prononce, sont paroles d'es|^ril el «le grâce, paroles vives et pénétrantes jus<pi'au centr»* de son Ame, paroles d'esprit suhliuie cl élevé jus- (pi'au trône de la divinité, et parole de grAce rare el singulière ; paroles de grAce initiative du plus haut mystère (jiie Dieu ojtërera jamais ; paroles de grAce étaljlissanlc, acc.iiiupagnante, consouMiianie la malcrnilé divine, en laquelle elle va entrer à la lin de ces saillies paroles. Ceci est digiM! (i'ôtre considéré, et mérite bien d'être expliqué un peu plus clairement ; c'est sans nous éloigner de notre sujet, car la vie el condition de celle (jui doit concevoir, porter el enfanter Jésus au monde, fait [lartie de l'Iiisloircde Jésus; ce (jui est d'autant plus considérable, (lu'en celte nouvelle sorte de naissance, le Fils esl plus ancien que la Mère ; el les dispositions de Marie à être Mère de Jésus, sont grâces méritées par Jésus môme, el sont eirets opérés par sa personne propre en sa très-sainte Mère. Tellemenl que parler de Marie esl parler de Jé^us et honorer Marie esl honorer Jésus, el même c'est honorer Jésus, au plus grand de ses œuvres, car elle est le plus ^Tand etfel et ornemenl de la puissance et laveur de Jésus dedans l'ordre de la grâce.

La Vierge donc a deux sortes de vies et de voies UitTéientes, qui partagent le cours de sa vR' elde sa grâce sur la terre: l'une ^^coiîimence ?» sa conception, el continue jus- «ju'à ce colloque angélique, el par l'espace dequinze ans ou environ, elle esl une manière de giAce prévenante el Jpréparante la rualernilé divine, en laquelle elle doit être un jour établie; mais sans qu'elle le sache ni. qu'elle y pense. L'autre commence à la lin de ce colloque, et esl ce m^me étal éminent el singulier de maternité divine, où elle va maintenant entrer, qui esl l'étal permanent de cette très-sainte Vierge, le point de sa vocation heureuse, el sa condition éternel le. Ce nouvel état est une vie nouvelle pour la Vierge qui commence à vivre, en vivant avec celui qui esl sa vie el la vie du monde. Auparavant elle était solitaire étant seule en la lerre, puisque Jésus n'y était point encore ; car Jésus seul est digne de tenir compagnie à Marie. Maintenant qu'il entre au monde, et qu'il se loge en son cœur et enson sein, elleentre encoiupagniequi lafait vivr« d'une vie loule nouvelle, en la nouvelle vie que le Fils de Dieu daigne prendre en sa créature. Ces deux sortes de vies sont bien dillérenles : aussi ont-elles deux sortes de grâces bien diverses; et la Vierge y est conduite et introduite bien didércm- OUlvues compi.. df. de Bérulle.

nicnl ; car Dieu introtluil la Vierge en la première grA-e, el l'y conserve el avance, sans ({u'elle saille où l'attire et jirôpare celle grâce ; mais elle entre d'une autre manière en l'étal heureux el divin de puissance nialernelle au regard de Jésus : car elle y entre en plénitude «le lumière, que cet ange lui apporte du ciel, el que Dieu ré]iand en son esprit, alin (|u'elle conrijive la s|ilendeur du l'ère en splendeur d(! lumière. Klle sait, elle sent, elle voit où Dieu l'attire, ra[)[)elle et rélève, et elle entre en (e divin étal pleine de grâces, de lumicr(î et de désir de servira Dieu en ce haut ministère, el d'être Mère do celui (^ui a Dieu m6u4e pour Père.

Dieu lail ses giAces h ses créatures diiïéremmenl. Il y en a qu'il communique à la créature, sans (ju'clle le sache, ou le sachant sans qu'elle pénètre le fond et la fin de cette grâce (et pour l'ordinaire il traite ainsi avec les homme>). 11 y en a qu'il confère en abondance de lumière et de connaissance, au regard de l'éminence de la grâce et d<îs d(^sseins et elfets de Dieu par cette grâce (et c'est la voie (lu'il tient le plussouvenl avec les anges). Il lui a plu traiter en l'une el l'autre manière en deux temps différents, avec la très -sainte Vierge, tenant la voie d'obscurité en son conseil sur elle jusqu'à l'arrivée de cet ange du ciel. Mais maintenant c'est le temps de lumière pour la Vierge, puisque c'est le temps où elle porte la lumière au monde ; et celte parole qu'elle profère n'est pas seulement une parole d'esprit et de grâce, comme nous avons dit; mais encore une parole de lumière, elde lumière vive cl pénétrante jusqu'au sein du Père éternel, d'où elle lire le Fils uniquedo Dieu, pour le loger et porter en son sein virginal.

Cette parole dernière de la Vierge à l'ange est bien ditrérente de la première , car c'est une parole non d'étonnement comme la précédente, mais de consentement. C'est une parole non d'inquisition humaine, mais de résolution divine. C'est une parole non de suspension, mais d'inclination vive el ardente à l'accomplissement du vouloir de Dieu et de son œuvre; parole grande, mémorable el précieuse ; parole de grâce, d'amour el de vie, el de vie qui ne doit jamais périr. Car elle donne la vie au Dieu vivant, el donuiï un état désormais éternel au Fils éternel de Dieu même. Cherchons non des diamants mais des cœurs célestes, et des esprits divins pour graver en eui celte sainte parole el la rendre éternelle ; et pour l'imprimer en un tonds digne et proportionné à sa qualité. Car aussi est-elle imprimée dans le livre de vie, et dans le cœur divin de Jésus et de Marie.

O parole de Marie, lorsqu'elle va concevoir Jésus ! 0 parole de Marie, lorsqu'elle va recevoir en son cœur elses flancs celui qui est la parole du Père, sa parole, dis-je, substantielle et personnelle 1 O parole digne de conclure cette mission du ciel, de finir ce colloque angélique, el de donner commencement à cet œuvre des œuvres de Dieu en

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ŒUVRES COMPLETES DU CAUDINAL DE BERULLE

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l'univers 1 Car coumie l'ange a fini son propos par les grandeurs de celui qu'il annonce, et par la voie divine et admirable qui le doit produire au monde ; la Vierge achève son traité avec l'ange, et lui répond plus par effets que par paroles; c'est-à-dire par la grandeur de son humilité, par la profession de son obéissance, et i)ar la déclaration de son désir, à raccom[)lissement de l'œuvre que Dieu veut oj'érer en elle et avec elle. En ces saintes dispositions la Vierge pleine de l'esprit de Dieu, conduite de sa grâce, parle ainsi à l'ange, et impose fin à ce colloque céleste ; et après avoir humblement écouté cet oracle angélique, elle répond encore plus humblement : Ecce ancilla Domini, fuit mihi secundum verbum tiinm. Que cette parole est puissante, féconde et heureuse 1 Que de secrets, faveurs et effets sont compris en icelle 1 Aussi estelle préférée [)ar la Vierge, en un temps si saint et si heureux pour elle, au temps de sa plus grande puissance e( delà i)lus grande fécondité qui sera jamais communiquée à aucune créature, c'est-à-dire au tem|)s où elle va concevoir et produire le Verbe incarné, la vertu, la lumière et la puissance du Père.

La Vierge donc lorsqu'elle profère cette parole, est en une grâce singulière, en un état divin, en une conduite admiraljle, et a des mouvements et effets excellents. Là elle s'abaisse, et en s'abaissant elle se trouve élevée, et élevée par-dessus les cieux. Là elle fond en la main de son Dieu, comme un néant devant son Créateur, et devient Mère de son Créateur même. Là elle entre en ses grandeurs par ses abaissements; elle entre en sa maternité par sa virginité; elle entre en souveraineté [)ar son obéissance. Là elle se rend la servante du Seigneur, et devient la Mère du Seigneur, Mère et servante tout ensemble, toujours Mère et toujours servante; comme son Fils est Dieu et homme, toujours Dieu et toujours hounue. Là encore elle demeure Vierge et devient mère ; deux bénéfices de la cour céleste, et bénéfices incompatibles jusqu'alors; mais unis lors en Marie par le privilège dû à la dignité de son oflice et de sa personne. Tellement que sa virginité est non-seulement conservée, mais relevée, mais couronnée, mais plus florissante que jamais par sa maternité; et sa maternité est saintement préparée, heureusement acquise, et divinement accomplie dans sa virginité,

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