VI. — Extrait d'une lettre aux Pères de Notre-Dame de Grâce
Ces ecclcsiasli(iues, après avoir demanoc leur réunion à l'Oraloire en éorouvaienl uueluue chagrin.
11 y a un an et plus que, sans induction
CARDINAL DE BERULLE
ni sollicitation de ma part, il vous plut de déférer et d'effectuer l'union de votre maison à notre congrégation ; je l'ai acceptée, non pour prendre aucune puissance sur vous, mais pour me tenir prêt à vous servir tous en général et en particulier, dans les occasions qui pourront se présenter. Je sais les traverses que vous avez eues à ce sujet; si votre union est cause de vos inquiétudes, je ne désire pas que !a maison de la sainte Vierge soit dans ce trouble. Je vous offre ma volonté; elle est dis|)05ée à toutes les voies que vous jugerez convenables pour le repos.
VII. — Extrait d'une lettre à Hugues Quarréy chanoine théologal de la collégiale de Poligny.
Ditiérence entre l'Oraloire et la Compagnie de Jésus.
Nous différons des Jésuites en trois choses : 1° en ce qu'ils sont réguliers et que nous ne le sommes pas; en sorte que plusieurs vertueux ecclésiastiques qui ne se sentent pas appelés à la religion, quoiqu'ils aspirent à la perfection qu'exige leur état, peuvent se retirer parmi nous et demeurer tout ce qu'ils étaient. Vous, par exemple. Monsieur, vous pouvez demeurer chanoine théologal, faire les fonctions de vos charges dans Poligny, et ne laisser pas d'être toujours des nôtres. Il en serait de même d'un curé, d'un doyen; et cette ouverture qui met l'esprit de perfection dans le clergé, sans effort, sans violence, sans obliger de se séparer du corp.? des ecclésiastiques n'est pas une petite utilité à qui saurait bien la considérer....
2° Nous faisons une profession contraire (167), ce qui nous metsousla main et sous la conduite desévêques, et donne aux ordinaires un corps de réserve composé d'honnêtes ecclésiastiques qui, dans une vie commune, se préparent à les mieux servir qu'ils ne seraient en état de le faire, s'ils ne vivaient pas en commun, et sans leur faire craindre les inconvénients des autres communautés, chez qui l'on ne voit pas assez l'esprit, le cœur, les maximes ecclésiastiques.
3° Enfin, comme les Jésuites s'occupent principalement de l'instruction de la jeunes se, ils sont moins propres aux fonctions ecclésiastiques, ou le deviennent trop. Il n'en est pas de même de nous ; plusieurs ne s'appliquent point du tout aux sciences profanes, beaucoupen ont même de l'éloignement, res- })irant une vie plus ecclésiastique et plus dégagée des importunités de l'école.
Vlil. — Extrait d'une lettre au P. Romillon (108.)
Je n'accepte l'autorité que vous voulez
(167) Il parle des Jésuites qui prétendaient être en droit d'exercer leurs fonctions sans la permission des ordinaires.
(168) Le P. Romillon .n-ait demamlé la réunion à rOialoire des neuf maisons qu'il dirigeait tant en l'iuveiice qu'eii Languedoc, dans les<iuelles on suivait la rc^lc de saint l'hili:ipe deNeri.
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t)icn rofonnntlro cii nous, (|iin pour ou U';cr nvcotnul lo rospot l (pio mririlo In grAcc (|iie vous avez ouo pour les ('•dilior jiisrpj'ici et votro pnlionio dniis tous vos travaux passés.... Je me reinels de tout rein en vous, comme si l'union nï-lait pas conclue et n'en désire [)as mûmo encore aiicunt; eotinaissancc, me réservant seulement le soin de }>rier Dieu, pour ipi'il nous dirige dans son œuvre et (pi'il nous unis>e tous d'esjtril h son service.
IX. — Lettre à M. dr iXenrhrse, c'vt'fjue de Chdlons' sur -Saône.
(> prol.ll siirrcdnnt ^ M. de Kissy , (pii avait appclu les Pères de l'Oraloire pour diriger le eolN'ge «le sa ville épisenpale , no vouLiit pas île c es lierniers. cl il avail nièiiie pris «les en(;agcinoiils :iv.»c les Jtvsiiiles ; et pour forcer les l'éres dt; l'Oratoire à se relirer, il avait lancé snr eux l'inler- <ii(; mais il le leva dés le lendemain, et il écrivit an Père de lierulle. Ce dernier lui répondit comme il snil.
Je bénis Dieu de la pensée qu'il lui a plu (ie vous donner de vous servir de nous dans votre diocèse et d'y avoir un plus grand nombre d'ouvriers, pour y exercer nos petites fondions sous votre autorité. La <Tainte que j'avais que cela ne vous fût pas agréable, m'a retenu jusqu'à présent d'y envoyer per.>onne, aimant luieux manquer à mon j»ropre contentement, que non pas à mon désir de vous honorer et de vous servir, comme je le dois. C'est, ce qui m'a fait rendre cette maison si dései'te, n'y laissant qu'un seul Père, lequel je connaissais d'esprit doux, humble et i)aticnt, et duquel je me pouviiis promettre qu'il n'arriverait rien, de sa part, qui pût vous être désagréable; et sitôt que j'ai su votre volonté portée à ce que cette maison fût occu|)ée par un [)lus grand nombre, je me suis mis en devoir de l'accomplir. Je lui ai donc encore destiné le P. Segueitol, par la seule considération qu'il a l'honneur d'être connu et honoré de vous.
Je vous enverrai, quand il vous jdaira, l'acte qu'il vous plaît désirer de moi ; je l'eusse déjà fait, si un de nos Pères n'avait écrit par deçà, que votre bonne volonté pour nous allait toiijours croissant, et que vous ne vouliez plus de nous autre cho^e qu'un simple témoignage de notre dépendance de nos seigneurs les évoques, à cause de quelques bruits qui avaient couru au contraire. Je vous assure, Monseigneur, que ceux qui les ont publiés, l'ont fait [lar la même licence qui les a portés à dire de moi plusieurs choî>esqui ne sont pas véritables, grâce à Dieu ; et que vous avez autant de puissance sur un chacun de la maison, que sur le moindre de vos diocésains. Notre conduite en tous les diocèses est |)ublique, et témoigne évidemment la vérité de ce que je vous confirme par la présente. (U avril 1627.)