XI. Sentunenls du car(Mnalde Bérulle quand
il araii été oblUjé de passer son temps à la cour.
0 inutilités! ô inutilités! Eh! quoi, Seigneur, m'avez-vous donc fait cardinal pour me raJjaisser à des ciioses si Ijasses? Oh! que j'aimerais bien uiieux être retiré dans un petit coin, occu|)é à écrire de vos mystères, à les contempler, à les adorer, que de me voir au milieu de ce misérable monde, où il n'y a qu'iniquités, et où le moindre mal qu'on y fasse, est d'y perdre beaucou|) de temps. Seigneur, quel est votre dessein sur moi, et qu'est-ce qu'il vous plaît que je fasse? Vous savez que je n'ai recherciié ni désiré cette dignité' et ces emplois qui en sont la suite; qu'au contraire, je les ai fuis autan', que j'ai ()u.
Rachetez le temps, «répétait-il sans cesse après rA{i6lre, 'porce que les temps sontmau-
CAUDINAL DE BERULLE.
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vais. {Ephes. v, 16.) Le temi>s est incertain et trompeur; il en reste souvent bien peu à celui qui s'en promet davantage. Oh 1 combien est-il court! et combien néanmoins de choses grandes et éternelles pouvons-nous acquérir en ce peu de tem[)sl et combien, hélas! me tiens-je coupable devant Dieu du peu de soin que j'ai eu, et que j'ai encore, malgré mes rétlexiocs, de l'employer bien exactement. Si nous avions tous l'esprit attentif à retrancher tout ce q.u'il y a d'inutile dans nos occupations et dans nos discours, nous y trouverions un grand vide, que le service de Dieu et du prochain remi)liraienl plus utilement! Et si nous pensions bien sérieusement que toute action faite pour Dieu ne mérite rien moins que Dieu même, combien serions-nous soigneux de bien employer ce peu de moments qui nous restent, et de réparer par là tout ce que nous en avons perdu dans notre vie passée?
Al) QlID VEiMSTl?