PREFACE
Le premier ordre de l'Eglise, cet ordre essentiel et absolument nécessaire à icelle, est la prêtrise, qui a été instituée immédiatement non des saints et des anges, mais du Fils de Dieu même, lequel l'a institué sur soi-même, c'est-à-dire sur le modèle et l'état de la i)rêtrise, comme un exemplaire et organe d'icelle enterre. II ne l'a institué pour rien moins que pour répandre son esprit, et pour doimer son corps à son Eglise en mourant. Il l'institua au dernier jour de sa vie, comme voulant revivre par icelle, lorsqu'il meurt sur la terre, laissant en la terre une semence divine qui le doit faire revivre en icelle, lorsqu'il va mourir pour icelle. 11 l'institua consacrant les prêtres à son Père par la plus intime onction et consécration qui soit plus que celle des rois, plus que celle des prophètes, plus que celle des religieux, qui se fait par leurs vœux et par leur propre onction seulement, et non par aucune opération divine du Fils de Dieu sur eux, comme celle des prêtres. Donc l'onction e^t
émanée de celle de Jésus, et Ja consécration en est si efficace, qu'elle imprime un caractère qui ne se peut jamais effacer
Ainsi leur éclat est tout divin en son origine, tout admirable en son institution, tout vénérable en sa fonction.
A raison de quoi il requiert de soi-même en ceux qui y sont appelés: 1° une liaison particulière à (Jésus-Christ Notre-Seigneur auquel ils sont conjoints par le saint ministère en une manière spéciale, et par un pouvoir si élevé, qu'il ne convient pas môme aux anges en l'état de gloire: 2° une trèsgrande perfection, même sainteté; car c'est un état saint et sacré en son institution; c'est un office divin et surnaturel en son usage et ministère. C'est même l'origine de toute la sainteté qui doit être dans l'Eglise de Dieu. Et ces deux points , savoir : cette très -grande liaison d'honneur et d'amour, et do dépendance de Notre-Seigneur Jésus- Christ, et le grand devoir de la perfection chrétienne, doivent être tenus comme essen-
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liels h l'inslilulioii <!•' !'• |ir«>(rKsc. Sur icenx sont fondés luiis les devoirs et ohlig/itioiis lies prôlres ; co f^r.iiid zùlo qu'ils doiveiil «voir de riioiuieur dtî Jésus-Christ, [.a vraie irminlion tic sa vio et de ses ukimits ; la fraude coopéraliim h ses desseins; le grand service cl respect h son KKlise, la grande propagation de son Klat et do son rovaunie en la terre; la plénitude île lui, la pauvreté et vanité de tout le reste, qui est de nous regarder (onune inslrunienl en ses mains, morts h nous-niônies et animés par lui, sans mouvemonl ni a(>plic'ati<)n (pie ctdle (jui vient de lui el jioiir lui. ("ornme l'instrument n'opère <ino par la cause principale (jui le iiicul et l'applique, ses (or)péraleurs et aidc^, Christi ddjuiures (/ Cur. m, *J), parties nrthlcs de son Klat et de son royaume, ne vivant que pour lui : Inslantcs orationi et }i)inisieiio verhi [Acl. vi, V), psnUenfes Ihnnmn qui ltctlnl(tt in Sion, annunliantes inlcr ycnles sludia ejus. {Psal. IX, 12)
Or si rHonimc-Dieu , qui a daigné ré|)an- (Jre en notre siècle la lumière de sa grâce et rétablir en plusieurs familles religieuses l'esprit et la ferveur de It.'ur inslilulion, seml)le départir celle môme grAce et faveur à l'état de la prêtrise, et ré|iandre son es-
i)ril, sa lumière , sa conduite sur plusieurs imcs, pour renouveler l'élàt et la perfection qui conviennent h leur oriire, selon son ancien usage et sa première institution. Kt c'est pour recueillir celte grâce du ciel, pour recevoir cet esprit de Jésus -Christ Notre- Seigneur et notre grand prêtre, pour vivre et es|)érer sous sa conduite en nos jours, el pour la conserver après nous, comme ui: dépôt sacré, à la postérité, que nous sommes assemblés en celte congrégation et forme de vie, ap|)rouvéeset autorisées [)ar l'Eglise ; car la vie commune el sociale est presque essentielle à l'état ecclésiastique, pour se perfectionner en elle-même et en ses exercices; la solitude étant non -seulement nuisible aux infirmes, mais aussi à ceux nui ont besoin de beaucoup de choses pour leurs fonctions et pour procurer le salut du prochain, les privant de plusieurs secours et raovens qui se trouvent dans une communauK? réglée en laquelle ils se rendent plus capables par la communication de leur labeur, plus a la main du peuple qui les trouve tous en môme temjis, au même lieu, disposés à toute heure à servir Dieu dans les fonctions ecclésiastiques, et dans les œuvres de la charité où leur assistance est requise. Et, outre que celle vie commune apporte à ceux qui y sont associés celte facilité de se perfectionner en eux et en leur sacré ministère, elle donne moyen à ceux que Dieu appelle à la perfection chrétienne pour y parvenir, ayant une congrégation à la conduite de laquelle ils se soumettent, et de laquelle ils reçoivent les vertus et l'espoir qui les dirigé en leurs exercices, et aux services ou'ils doivent rendre à l'Eglise, et en laquelle ils peuvent éviter les empêchements de la piété et du fruit de leurs bonnes actions, étant aidés par la
société, |iar lei exenjples, les conférences et plusieurs autres secours d'iceux quiconsjiirent à même dessein, toutes lescpndles choses manquent h ceux qui vivent en leur particulier.
Or, comme tous ceux qui vivent en cette société el congrégation par la conduite do leur état sont obligés h toute la [icrfection ci-dessus profiosé»!, aussi leur vie doil être parlViiie, assujettie, réglée, sociale, édifiante et laborieuse.
Parfaite en ses intentions, ne recherchant que Dieu et non soi-même, ne prétendant que le ciel et non la terre, ne se réservant aucun droit (lu'à posséder Jésus el ap|)artenirà lui et h sa très-sainte Mère; négligeant lous les autres droits, comme s'ils n'existaient pas, et ne les conservant que [lour l'intérêt de Jésus et de sa Mère.
Me sujette en ses fondions et exercices, n'agissant cl ne s'employant que pour la volonté daulrui.
Me réglée et exacte en l'observance des règlements; les suivant par un esprit d'amour envers Dieu et non par contrainte.^
Me sociale en humilité et en douceur d'esprit, el en su[iporl charitable d'aulrui : Aller
allerius onera porlate non quœ sua sunt
singuli considérantes.
iie édifiante du i)rochain, par modestie, humilité d'esprit et conversation exemplaire.
Vie laborieuse en l'extérieur, en ses exercices et occupations contre l'oisiveté et l'inutilité.
Vie intérieure et élevée vers Dieu.
Auxquelles sortes de vies les prêtres sont conviés par la vie du Fils de Dieu, laquelle ils doivent exprimer en eux - mêmes ; car il nous faut être et vivre en Jésus , puisque nous ne subsistons qu'en lui devant la face de Dieu.
La vie parfaite regarde et adore sa vio divine.
La vie sujeltcsa vie assujettie aux bassesses de notre humanité et de lous les états el degrés de celte humanité jusqu'à l'enfance, la soulTrancc et la mort.
La vie réglée regarde et adore sa vie réglée selon les heures et les moments ordonnés par le vouloir du Père, et par le cours même de la nature.
La vie sociale, sa vie avec les apôtres, la sainte Vierge et s.iinl Joseph.
La vie édifiante et laborieuse, sa vie exemplaire au milieu de la terre, ses labeur» ei sa croix.
Le lien véritable de cette congrégation est la charité, et le dessein formé de lous ceux qui y sont appelés, de tendre généralement à la perfection de la vie évangélique, et par aucun vœu solennel. C'est pourquoi leur vie, qui doil être singulière intérieurement, et commune extérieurement, et leur conduite regarde bcauroup plus la piété, et est bien plus liée à Jésus, à son Eglise, à ses devoi-rs, à ses conseils sur les âmes, et à sou sacerdoce, qu'elle ne regarde, el n'est liée aux cérémonies et observations extô-
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OELVKES COMPLtTEy bt CARDINAL DE BEULLLE.
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rieures desquelles, toutefois, elle ne doit pas manquer, mais bien les avoir accoutumés à la vie commune en Textériour, comme toutes celles qui sont marquées ci après :
fUMMA INSTITUTI CONGREGAT. OUAT. DOMIM JESU CHRISTI EX APOSTOLICO DIPLOMATE 1N8- TITUTIONIS EJLSDEM DESUMPTA.
Congregalio Oratorii proprius et esscntialis status pure ecclesiasticus est.
Constat eadem ex sacerdolibus , et ad sacerdotium aspiranlibus, nullo antea religionis veto solemni astrictis.
Quod spcctat ad anhnum et interiorem vitœ siatum,tria sibi in butlaproposila ac prœposita agnoscit : Primumy est ut principale ac prœcipuum ejus institutum sit perfectioni status sacerdolnlis omnino incumbere. — 5ecundum , nt qui ejusmodi institutum aggrediuntury Jesum Christum Dominum noslrutn sacerdotalis dignitatis immediatum inslitutorem respicianty atque ultra communem fidelium devotionem speciali ac peculiari devotione ipsi addicantur, qui .est Sacerdos in
œternum secundum ordinem Melchiscdech, et fans saccrdotii in Ecclesia Christiana — l'ertitim, ut eumdem Jesum Christum pro nobis in oralionc positum et pernoctanlem venerenlur, et hanc prœcipuum officii sui partem , qiiœ in oralicnibus pro populo ac laudibus bei celebrandis vcrsatur, habeant.
Quod spectat ad disciplinum et exiernas functiones tria quoque prtescribunlitr :
1° i't singulas actiones ordini sucerdotali proprie et essentialiter convenientes ampleclantur.
2° Vt ejusmodi actiones ab ordinariis locorum prœscribendas et non alias, id est, nonnisi de licentia episcoporum illustrissimorum exerceant.
3" Ut sacerdotum et aliorum ad sacerdotium aspiranlium instructioni non tam circa scientiam , quam circa 'usum scientiœ , ritus et mores proprie ecclesiasticos se addicanl. Quod ultimum caput seminaria, seu ecclesiasticus instituliones , nec non complura clericis et sacerdotibus prœs'.anda subsidia comprebcndit.