‹ Œuvres complètesChapitre 462 sur 540 · REGLEMENT · texte numérisé non relu

REGLEMENT

I tnné par notre très-honoré Père et fondateur Monseigneur le cardinal de Bérulle, pour iinatitution de l'Oratoire en son commencement.

Se lever à quatre heures, et commencer son réveil par l'invocation de Notre-Seigneur Jésus-Christ, faisant le signe de la croix et implorant l'assistance de la trèssainte Vierge.

Pendant la demi-heure qu'il y a jusqu'à ce qu'on sonne l'oraison, s'habiller, faire son lit et satisfaire les nécessités. Il ne faut point sortir de sa chambre qu'on ne soit entièrement habillé et vêtu : garder le silence pendant ce temps; cheminer sans bruit; faire ses actions avec un esprit tranquille et recueilli, se souvenant que l'on doit bientôt entendre l'oraison.

Relire les points de la méditation avant que de la commencer, donner une heure de temps à la méditation, et faire quelques réflexions avec facilité et sans bandement d'esprit.

Employer le r.este du temps qu'il y a jusqu'à Prime, ainsi que trouvera à propos celui qui a charge de nous le dire.

Après Prime, ou les litanies, entendre ou servir la messe, selon qu'il sera ordonné, et dire roflîce de la Vierge jusqu'à Sexte.

Faire une demi-heure de lecture du Mé~ morial de Grenade, ou de quelque livre, selon l'avis de son directeur.

Faire une demi heure d'exercice corporel, ou se promener, si le temps le permet.

Employer le reste du temps qu'il y a jusqu'à l'heure de la communauté , comme il nous aura été ordonné.

Au premier son de la communauté dire

Sexte, et faire l'examen de conscience.

L'heure de la communauté venue, et le dernier sonné, s'.y rendre ponctuellement, garder le silence, et s'y comporter avec la modestie requise.

La communauté levée, on se rendra h la conversation, après avoir été dire un Ave Maria devant le saint Sacrement.

La conversation finie, se retirer en sa chambre, et, y étant, se mettre à genoux et offrir ra[)rès-dîner à Notre-Seigneur Jésus- Christ avec le dessein de l'employer, avec sa sainte volonté, au j>rogrès de notre âme en son amour.

Lire quelques pages de quelque auteur latin , et apprendre par cœur quelque chose de la sainte Ecriture.

Lire quelques vies particulières des saints.

Faire quelque exercice corporel , se promener.

A l'heure de Vêpres, se rendre à la sacristie, s'y préparer pour se rendre au chœur, et y garder le silence.

Après Vêpres , remonter en sa chambre jus(|u'aux litanies, où il y a demi-heure d'oraison.

Après les litanies, se rendre à la communauté. Après la conversation, à Complies ou à l'examen.

Garder le silence très-exactement depuis» Complies, ou depuis l'examen jusqu'à Prime du lendemain , ou bien jusqu'à sept heures.

Se coucher à neuf heures, se recommaii-

IWO

IlECI-KMKNT m: FA CO.VJKtKjA TIUN liK I/OIIATOIHK.

Ib30

(1er h Nutre-Seigneur Jt'sus-Cliji:>l ou à la Irès-saiiite Vierge, aliii (|iie nos preriiièics «t dernières [)en5t'es soient rn|i|iortées à Jésus-Christ ou à sa sainte Mère, counne de leurs vrais et humbles enfants.

Obscrialions pour iextcrieur.

Aux heures de silence et aux lieux ou la tomniunaulé s'assemble , garderie silencu et la retraite avec grand soin ; ne point aller d'une chambre h l'autre sans torjgé ou nécessité; ne point parler aux étrangers sans licence", ne recevoir lettre, ni n'écrire sans permission.

Avant que de sortir en ville, se présenter à celui (jui a charge, et puis aller saluer le Fils de Dieu et la sainte Vierge en leur oratoire, et faire de niôuie au retour.

Se rendre proujptement, siiùi (lue la cloche sonne, en tous les lieux où la communauté s'asbcmbie, et à l'heure qui nous sera ordonnée par toutes les obéissances particulières.

Observations pour l'intérieur .

Exercer, au moins trois fois le jour, un acte spécial d'amour de Dieu , comme le malin, à l'issue de l'oraison, durant le tenjps de la messe , et à (|uc]que heure après uiidi.

Faire une oblation spéciale de soi-même, de sa vie, <le son éternité et des actions de la journée présente. »

Faire aussi trois actes avec un soin spécial envers Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Le premier sera d'adoration , par lequel nous le re( onnaissons pour notre Dieu et Seigneur souverain, et l'acceptant en celte qualité, voulant dépendre de lui en noire ôire, en nos actions, en notre vie et en noire éternité.

Le deuxième sera une entière et humble oblation de nous-mêmes, nous oti'rant à lui comme chose qui lui appartient, parce qu'il nous a créés par sa puissance, rachetés par sa bonté, a|)pelés à son service par sa grâce; de plus nous donner volontairement , lui soumettre tout le droit et toute la puissance qu'd nous a donnés sur nous.

Le troisième, dressant notre intention par laquelle nous rapj'orlons à sa gloire noire vie, nos pensées, paroles et actions, nous proposant de l'aimer élernellement de toute notre puissance et d'accomplir toutes nos actions, et s()écia!ement celles de la journée présente, pour son amour et à l'honneur de sa souveraine majesté.

Exercer les mêmes actes h proportion envers la très-sainte Vierge, Mère de Dieu , l'honorer singulièrement en sa dignité et grâce de Mère de ])ieu , et en sa souveraineté (|ui y correspond, l'accepter pour notre .souveraine dame, de laquelle nous voulons déi>endre en tout ce qui nous concerne.

Nous offrir à elle comme à celle qui a puissance sur nous par sa souveraineté, afin qu'elle dispose de nous conjme il lui plaira, et, en outre, lui donner sur nous toute la puissance que uous lui pouvons donner, en

l'honneur de reJlo qu'elle a eue kur le Fils de Dieu même, qui a daigné s'assuiettir è elle, se faisant son Fils , «t enfin lui offrir une intention |)Our laquelle nous rapportons à sa gloire, après son Fils, noire vie, nos ()aroles, nos actions et nos [icnsées.

Ne laisser couler deux heures de temps *ans s'élever vers Noire-Seigneur Jésus- Christ par quelque acte d'amour ei d'adoration formé ex|)res où on a le loisir.

Ne laisser aussi couler aucun jour sans que notre adoration, oblation et intention soient actuellement et intérieurement piésentéesà Jésus-Christ et à sa sainte Mère, en qucliiue lieu choisi exprès. Car ces trois actes contiennent un des plus grands devoirs de noire âme envers Dieu , et un des principaux sujets pour lesquels nous vivons sur la terre.

Oulre l'oblation générale, nous ne devons faire rien d'important que nous ne l'offrions au Fils de Dieu et à la Vierge, en l'union et en l'honneur de leurs actions sur la terre, demandant grâce pour la faire, comme d'une chose qui leur appartient.

Se souvenir de la modestie avec laquellu le Filï. de Dieu faisait ses actions sur la terre, afin qu'en l'honneur et intention d'icelles , nous accomplissions nos actions avec humilité, modestie et tranquillité.

Lorsqu'on est ap[)elé pour parler aux séculiers, offrira Notre-Seigneur Jésus-Christ cette conversation en l'honneur de celle qu'il eut sur la terre avec les hommes, et le prier qu'il nous préserve de toute vanité d'esprit durant iceMe.

Entrant et sortant de sa chambre, faire quelque f/etite prière en son oratoire, pour reprendre et conserver le recueillement de l'âme parmi les actions extérieures et domestiques.

Avant la lecture, faire quelque élévation de son esprit à Dieu, implorant sa grâce et sa miséricorde pour tirer fruit en son amour de ce dévot exercice.

S'exercer soigneusement en l'humiîilé, charilé et simplicité, déférant à tous, en faisant toutes ses actions par une intenlion charitable envers autrui et envers la communauté, découvrant naïvement ses besoins et ses tentations à celui qui ]>reud soin de notre conscience.

Observer une retraite intérieure de notre âme parmi les actions extérieures, par les voies proposées aux conférences générales et particulières.

Faire chaque jour deux fois l'examen de conscience, le i)remier à l'issue de Sexte , autjuel temps nous devons renouveler envers Jésus-Christ et sa très-sainte Mère la vertu que nous devons acquérir [lendant la semaine, par hommage de (}uelque vertu semblable qui est en eux ; l'autre à l'issue de Complies, auquel temps nous devons nous mettre devant le Seigneur comme criminels , avec la môme disposition que si nous devions mourir à l'heure môme et être jugés.

Nous devons ciiaque jour rendre un hom-

UtUVRES COMPLETES DU CARDINAL DE BERLLLE.

mage particulierau mystère de l'Incarnation, comme aussi à la part que la sainte Vierge y a, et rhoçoraage qu'elle y a rendu, et à celte intention on pourra dire trois fois un Ave Maria ou quelque autre prière particulière.

Outre l'oblation que nous devons faire de noire sommeil, comme de toutes les parties de notre vie, à Jésus-Christ et à Marie comme à nos souverains, il sera bon, [)Our faire quelque compensation du long temps que nous sommes sans nous élever à Dieu durant le sommeil , de prier les saints auxquels nous avons dévotion particulière , «l'aimer Dieu pour nous, afin que, ne pouavnt faire un acte d'amour |)our nous-mêmes, au moins nous lui rendions amour par autrui.

Nous ne devons aussi passer aucun jour sans rendre quelque honneur particulier à la Passion du Fils de Dieu , et il serait besoin de faire tous les jours quelque morlitication extérieure ou intérieure. Peut-être serait-il à propos de nous i)river à chaque repas de quelque chose, soit en qualité, soit en quantité, afin qu'en même temps que la nécessité nous oblige de rendre à la nature ce qu'elle désire, au même tem[)s que la piété vers le Fils de Dieu nous porte à lui rendre la reconnaissance dont nous lui sommes obligés.

Acte d'adoration. — Ftant prêt de me lever, Je lèverai mes yeux au ciel, pensant que Dieu me regarde, et lui dirai : « 0 mon Dieu 1 je vous adore comme mon Dieu , et ju'offre h vous, comme Seigneur souverain , duquel je veux dépendre toute uia vie et i)0ur toute l'éternité. »

Prière à la sainte Vierge. — 0 Vierge sainte, Mère de mon Dieu et de ÎS'otre-Seigneur Jésus-Christ , je m'offre tout à vous et vous supfilie de m'accepter pour vôtre, et de me faire la grâce d'être à vous et à votre cher Fils pour jamais.

Acte d'ablation. — Mon Seigneur Jésus, tout ce que je suis et tout ce que je fais vous appartient. Je vous offre ces actions en l'honneur de celles que vous avez faites sur la terre. Je vous prie qu'il ne se passe rien en icelles qui ne vous soit agréable, et me faire la grâce de les accomplir en toute modestie et recueillement d'esprit en vous, pour l'amour de qui je les fais.

Oblation de soi-même à la sainte Vierge. — O Vierge, sainte Mère de Dieu et de mon Sauveur Jésus-Christ, en Tunionet mémoire de ce que le Père éternel nous a donné son Fils, je me donne entièrement à vous, me dépouillant de tout le pouvoir que j'ai sur moi et que je vous résigne, comme à celle a qui, après mon Sauveur, je désire de servir en tout point, et vous offre humblement toutes les actions de cette journée et des autres de ma vie , que je propose do faire toutes à votre honneur et gloire éternelle, movennant votre sainte grâce.

Acte d'amour de Dieu. — Pour me disposer a l'acte d'amour, je considérerai que la plus grande action que la créature puisse

exercer envers son Dieu est celle de l'amour. Je m'exercerai donc à faire cette action si grande avec une très-grande puissance et action de mon âme.

Je penserai que c'est une grande chose que d'aimer Dieu ; que cela sur|>asse toute la puissance de la nature, et qu'il faut être animé de Dieu, et que la puissance de Dieu même s'est jointe è notre puissance humaine et naturelle , afin de pouvoir former un seul acte d'amour envers la divine bonté.

Je me souviendrai que je ne puis faire aucune bonne œuvre sans grâce, et que j'ai besoin d'une grâce beaucoup plus abondante pour convertir la froideur de mon âme en l'ardeur et élévation de l'amour de Dieu. Je l^rierai donc Dieu qu'il me donne sa sainte grâce et son amour, puisqu'il lui a plu de m'obliger à l'aimer par sa bonté, et que j'en suis indigne par mes fautes et par mes péchés , même que je ne le puis par misère sans sa miséricorde.

Je penserai que Dieu est essentiellement amour, et je l'adorerai comme amour incréé, éternel, amour substantiel et divin; amour, source et origine de tout amour du ciel et de la terre, c'est-à-dire des anges et des hommes ; amour comble , repos, récompense et félicité de l'amour créé et infus dans l'esprit du ciel et de la terre.

Je lui rendrai grâce de ce qu'ayant un objet d'amour vers soi-même, il a daigné aimer une chose si vile que moi.

Je lui demanderai la grâce d'anéantir en moi tout ce qui excède et amortit son amour, et voyant qu'il lui a i)lu me rendre capable de l'aimer par-dessus toutes choses, je renonce et déleste tout l'amour de moimême et de la terre. Je me détache de toute atVection des choses de la terre, pour m'unir et m'appliquer à vous , mon Dieu et mou amour.

0 Dieu d'amour incréé et éternel , substantiel, infini 1 ô amour de qui procède tout amour, et en qui se doit reposer tout amour, mettez votre amour dans mon cœur, pénétrez mon âme de votre amour et mon corps de votre crainte. Que je vous aime de toute ma puissance et de toutes mes forces. Otez de moi tout ce qui déplaît à votre amour; et comme vous êtes souverainement aimable par votre bonté, je veux aussi vous aimer d'un amour souverain , voulant que tout ce qui est en moi honore votre amour, et n'aime que vous sur toutes choses.

tSAGES QUE NOTRE TRÈS-HONORÉ V^.RU A LAIS- SÉS A LA CONGRÉGATION.

Des abstinences et des jeûnes.

On jeûne toutes les vigiles et fêtes de Jésus, excepté celles de la Circoncision et de l'Ascension, auxquelles on fait seulement abstinence comme au vendredi, et celle de la Transfiguration , oij l'on ne fait qu'abstinence comme au samedi.

On jeûne aussi la veille de Saint-Michel.

On fait abstinence de viande la vigile do Sainte-Madeleine, comme le .sam'jdi.

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llHiLI MKM UK l-\ t;0N<;ilt;<;AI40.N l»K I.OHAIOIIIK.

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Tous les vendredis do l'nniiôo, on Iflit absliru'iire, hormis les vendredis des octaves (1(? l.'Af|nes, de Noël, et les vendredis auxquels il arrive une fôte soleniKdlc^, en )fli|uelle on dit tout rolltcc au rlueur, ou celui (jui e.st de la première classe.

I.a fôlo de rKxperlation de la \ ierge arrivant le vendredi, on ne rompt point l'ahstinenco du jour, non jilus iju'aux ItMes des apôtres, excepté celles do saint l'ierro et saint Paul.

(Juand un jci'ine précède ou suit immé- (lialenienl un vendredi , on doinie deux CBufs le soir, sans entrée ni dessert, alin qu'il reste quo^iuo inar(|ue de l'iionncur (jue l'on rendra b sa mort et passion en I honneur de laipielle l'ahsiinence du vendredi a été introduite parmi nous.

Les venilredis(l(! l'année où l'on fait al)stinènce, on ne donne le soir qu'une portioi; de légumes avec un polaye, sans enirée ni dessert, et au soir , pour collation, un peu de pain et de vin. Le vendredi saint, on ne donne h dîner qu'une portion de légumes.

Les samedis de l'année, on ne donne point de poisson le soir, mais des œufs.

l'ne fêle de Matines arrivant un samedi, depuis Noël jus()u'à la Purification inclusivement, on mange do la viande aux lieux où il est permis.

On ne fait point abstinence aux fêles de sainte Madeleine et de saint Michel, arrivant le vendredi ou le samedi.

On fait abstinence do viande, comme aux samedis, les deux mercredis de la Sepluagésime, et le lundi et le mardi do la ()>iin- (juagésime, donnant, s'il se peut, du poisson le n)ercredi au soir.

La vigile de la Purificalion arrivant le vendredi, ou le vendredi de laSepluagésimo, on ne fait point abstinence de viande le mercredi.

Des humiliations.

Pour honorer les humiliations de Jésus- Christ sur la terre, et suitoul celles ue sa sainte passion, on fait humiliation en commun tous les vendredis en sortant des litanies du soir, hormis les vendredis des oclaves de Noël, de rKjiiphanie et de noire l'Ole solennelle de Jé>us. Le vendredi de la semaine sainte, toute l'humiliation en présence de Jésus-Chri>l, qui, ce jour-là, /ii//;jiliaviC semetipsum factiis obedims usque ad mortemy mortcm autcm criuis. [Phidp. ii, 8.)

Les vendredis des octaves de Pûques, de l'Ascension, de la Penlecùte, du Saint-Sacremen», de l'Assomption de !a Vierge, de notre fêle de la Vierge, do la Toussaint (de la Dédicace et de la Purification }>our l'inslilution, de l'octave du décès de noire Irèshonoré Père Mgr le cardinal deBérulle), on ne fait poinl d'humiliation. On excepte aussi le vendredi de la Passion, les fêtes de saint Jose()h, et de saint (labriel, quand elles arrivent le vendredi, hormis celles de Noire- Dame de Pitié et de l'Expeclation, quand elle* arrivent aussi le vendredi

AITIIKS rSAOES.

On ne fail pmrii aussi de conversation tous les jeiiilis et vendredis au soir, afin d'honorer la séitaration et retraite du Fils de Dieu d'avec la sainte \'icrge cl ses a()6tres, et b; silence du même Fils de Dieu eu la nuit (bmlouriMise de sa passion.

(Ml n'en fait point aussi tous les jours de jcùiM- au soir, ni lorsque le saint Sacrement est exposé, ni aux jours solennel.'-: auxquels on chante tout l'oHiceau chœur, ni le jour du décès de nf»tre II. p. de Hérulle, le silence exléiieur cmilribuant beaucoup à la retraite intérieure. Nous avons parmi nous des lieux et des heures de silence, [tour nous obliger d'entrer en letraite et recueillement intérieur, et étouter Dieu parler: huvam eam in soliCudincm cl loqiiur ad cor ejus. [Osée il, li.)

Les heures fie silence sont depuis Compiles jusiju'à sejit heures du malin, le lendemain.

Les lieux où l'.on ne doit point parler sont : le chœur, la sacristie, le réfectoire, les lieux où la communr.utés'.issemble pour la conférence et rhumiliation, les allées publicpjes (jui sonl proches des chambres où l'on peut inlerromjtre ceux (jui sonl dans leur cliauibre, ou empêcher ceux qui ont à alior ou venir dans la maison.

r Chaque prêtre dira irois Messes pour ceux que Dieu, retire à soi ne la congiégaiion, avec Vêpres et un Nocturne des morts. La première doit être de Requiem; la deuxième de Jésus; la troisième de la Vierge, si ce n'est une fête double ou semi-double, car alors on dit la Messe du jour avec la mémoire de Jésus en la deuxième Messe, et en la troisième de la Vierge.

Les confrères et frères leronl trois communions et diront trois chapelets, le tout : 1° en hommage de la divine essence de la Trinité saiiile et de la Providence, et de sa charité envers les âmes pour leur faire uart du sa gloire.

2" tu hommage de l'âme et de la vie de Jésus-Christ sur la terre, et de ses saintes actions et souffrances pour le salut des pécheurs.

3' En l'honneur de la très-sainte Vierge, Mère de Dieu, de sa vie sur la terre, de sa charité au ciel pour les pécheurs.

On ne doit poinl sortir en ville sans permission, ou sans compagnon. On no doit ])oint manger dehors «jue fort rarement;

Il faut garder l'uniformilé aux habits, tant en sa manière do se vêlir et porter son collet, que pour las élolfes dont on se servira.

On ne se servira poinl de rasoir sur le visage, et l'on fera faire ses cheveux tous les mois, et on renouvellera sa tonsure tous les quinze jours.

Jntendons des Messes que chaque pré.re doit dire tous les mois.

1' Pour raccomplissement des désirs de lésus.

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(JEL'VRES COMPLETES DU CARDINAL DE BERULLE

2° Pour raccomplissement des désirs de la Vierge.

3° Pour l'Eglise universelle

k* Pour l'Eglise de France.

5° Pour notre congrégation.

6° Pour notre R. P. général.

7° Pour nos bienfaiteurs et fondateurs.

8° Pour les bienfaiteurs et fondateurs de Id maison où l'on réside.

Tous les confrères et frères doivent dire un chapelet, et ap{)liquer une communion tous les mois pour chaque de ces intentions.

DE LOBLIGàTlON DE GARDER LES RÈGLE- MENTS.

L'obligation de garder nos règlements est fondée sur plusieurs raisons importantes :

La première est que de l'observance des règlements dépend le salut de chacun de nous. Car c'est une vérité constante et reçue de tous , qu'outre les commandements de Dieu et de l'Eglise, qui sont les voies communes par lesquelles tous les Chrétiens sont obligés de marcher en quelque état qu'ils soient, il y a des voies particulières qui sont les règles des communautés religieuses et ecclésiastiques qu'il a plu à la divise Providence d'établir dans son Eglise pour en être lès ornements et les soutiens, et ceux d'entre les fidèles qui sont appelés de Dieu dans ces saintes communautés sont obligés d'en garder les règles. Cette vérité supposée, Dieu nous ayant mis dans la congrégation, il nous donne cette voie pour nous sauver, et il y a bien de l'apparence qu'il n'y en a pas d'autres pour nous ; de sorte que, n'observant pas les règlements, ou nous ne demeurerons pas dans la congrégation, et, en cela, nous sortirons de la voie que Dieu nous a donnée pour nous sauver , et si nous y demeurons, nous y vivrons négligemment et cette négligence sera cause que Dieu nous retirera sagrâce, et insensiblement nous nous exposerons à un danger manifeste de nous perdre.

La deuxième raison est qu'il importe beaucoup que nous laissions la congrégation à ceux qui viendront après nous dans la perfection que nous y avons trouvée, et nous devons empêcher, autant qu'il est en nous, qtie ceux avec qui nous vivons ne se relâchent pas par notre mauvais exempl-e. Car si, celui qui procure, par son exemple et par sa ferveur, le bon ordre dans une congrégation, rend un service très-agréable à Dieu, celui au contraire qui, par ses dérèglements, y cause du désordre, commet une faute très -considérable et qui déshonore beaucoup Dieu. Et comme la perfection d'un corps dépend de la perfection des particuliers, si les particuliers viennent à se dérégler, la perfection du corps sera par conséquent affaiblie et diminuée.

La troisième raison, c'est que nous retirons de très-grands avantages de l'observation des règlements.

Le premier est que cela nous emuêclie de nous laisser aller à la conduite du diable

et à l'amour-propre. Car si nous nous gouvernons par notre propre volonté nous ne sommes pas assez spirituels, quoique nous ayons bonne intention, pour bien discerner la conduite du diable et de l'amour-propre, de celle de Jésus-Christ et de sa grâce. Cependant ce discernement est très-important, car il faut nécessairement être assujetti, ou à Jésus-Christ, ou au diable, son ennemi.

Le second avantage, est qu'en pratiquant nos règlements, nous pratiquons beaucoup de vertus, et nous avons plusieurs occasions de nous mortifier, nous séparant de nousmêmes et renonçant à notre propre volonté , soit pour le dormir, soit pour le manger, soit pour toute autre chose, ce qui est trèsagréable à Dieu.

Pour obtenir celte n^gularité si nécessaire, on doit, lorsqu'il est question de s'assujettir aux règlements, adorer Jésus-Christ. Il faut ensuite se donner à lui pour l'imiter dans sa soumission, et enfin, tâcher de l'imiter effectivement en gardant ces règlements.

Mais remarquez qu'il faut se soumettre, non en Juif, par un esprit de crainte, mais en Chrétien, par amour et pour honorer les humiliations et les assujettissements de Jésus-Christ à ses parents, aux lois humaines, comme à l'édit d'Auguste, aux lois de la nature, comme à la faim, à la soif, aux coutumes et usages des Juifs, et, ce qui ei>t encore plus étonnant, aux bourreaux qui l'ont crucifié , et à la sentence des juges injustes, tels qu'étaient Pilate et Caïphe.

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