DU RÉVEIL
Ce que nous devons faire en nous éveillant et habillant.
Aussitôt que le cor()S s'éveille, l'âme doit s'éveiller aussi, et il faut que la lumière de la foi nous frappe l'esprit en même temps que la lumière du soleil éclaire nos yeux. Le sommeil calme nos passions et remet l'âme en pleine liberté. Mais, au moment qu'il cesse, nous sommes capables de toutes sortes d'impressions bonnes ou mauvaises. Si nous concevons alors quelque sainte afl'ection, elle se conserve facilement, et il n'est pas aisé que quelque distraction la corrompe. Mais si nous abandonnons notre âme à ses mouvements, le diable, qui épie toutes les occasions de nous perdre, notre imagination pleine d'espèces et qui ne demande qu'à se divertir, et l'amour-propro qui court après les plaisirs, les passions que nous n'avons pas pris la peine de mortifier : tout cela conspire à nous remplir l'esprit d'une infinité d'idées volages et d'affections criminelles et déréglées, qui troublent notre oraison et nous partagent entre Dieu et les hommes. 11 faut donc prévenir avec soin ce désordre dès le soir en se couchant, et ne point s'endormir sans veiller par avance sur son réveil, qui est une image de la naissance , comme le sommeil est un tableau du néant et -de la mort.
11 faut bien prendre garde de ne nous point laisser aller à la paresse, qui suit naturellement le sommeil , et de ne nous
UKGI.IMK.M 1)1. I \ tO.NCiUKGAMON DE L'On.VTOIUK
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laisser rcm[»lir (rfluciines leiilalions, pnss!(«ns ou inclinations vicieuses, ni d nucuiio mauvaise imiirossion de la narl du df^'iiinn el du monde ; mais ôlre lidèle h nous séparer <Je nous-mOmes, el éloigner de notre cœur les enipôchemenls connus et inconnus nui peuvent, en le premier [nomenl, nous rendre inciipahles do nous élever à Dieu el d'adhérer h Jésus-dhrisl.
Pour entrer en ces prnliques si nécessaires, on peut se servir de celles du II. P. de Condraiid, Icfjuel, comme il est marijué dans sa Vie [\iy. i, cli. IG) consacrait le prcmior moment h la vigilance immuable el éternelle de Dieu dans laquelle David so représentait les soins cl la bonté (piand il disait: Celui qui garde Israël ne dort ni ne sommeille : « Ecce non dormitabit , » elr;. (Psal. cxx, k.) Il croyait que, ainsi quo le sommeil nous est donné pour nous représenter son repos, ainsi le réveil nous est une oml)re et une participation de sa vigilance, et que c'est principalement en cette première partie du jour quo nous devons nous appliquer au culte de cette perfection.
Il adorait aussi en s'éveiliant le Verbe incarné , entrant par rincarnation dans l'usage de la vie humaine ; il renonçait à soi-même el se donnait 5 lui, afin de faire en l'unité de son esprit l'usage qu'il lui plaît de l'homme, el, séparant son cœur de tout amusement aux créatures, il s'ollrait à lui pour avoir j)drt à toutes ses dispositions t'I à tous ses desseins.
11 consacrait encore son réveil en l'honneur du moment de la résurrection du Fils <le Dieu, par laquelle il a possédé une vie éloignée de la ressemblance de la chair du péché, el conforme à la gloire et à la sainteté de son Père.
Il s'apoliquait aussi en l'honneur du réveil de Jésus-Christ, lorsque, vivant sur la terre, il s'est soumis à la nécessité de dormir comme nous.
El lin il s'unissail à la sainte Vierge el aux saints pour user du réveil, ainsi qu'ils en ont usé par l'esprit de la grâce.
Nous devons, en nous habillant, nous estimer indignes des habits que nous [)ortons. Plusieurs grands {ténitents, comme sainte Marie Egyptienne, saint Joachim et plusieurs autres saints, avaient ces sentiments qu'ils ne méritaient pas d'en avoir, et il serait juste que nous en fussions plutôt privés, si l'honnêteté le permettait. Il faut au moins avoir honte et confusion en nous revêlant, puisque cette obligation de couvrir notre nudité vient de la [)erte que nous avons faite en Adam de la preujière innocence, par laquelle nous eussions été revêtus del)ieu,desa grâce et d'une parfaite pureté.
11 faut élever son cœur à Jésus-Christ dont nous avons été revêtus par le ba[.'tôme, et nous occuper de lui. « i}[ie ce ne soit [»as de la dépouille d'un animal que je sois vêtu, » disait le R. P. de Condrand, « mais de la victime môme qui Ole les péchés du monde. Que les enfants d'Adam, vivant selon la chair, se rendent semblables aux
bêtes dont ils |»ortenl les ornements ; pour moi, je me veux revêtir de Jésus -Christ, cl ne tenir com[»te de la chair ni de ses désirs; ma sf)utane est la toison de l'Agneau lie Dieu, elle ne me représente [)as seulement la luni(|uo sans couture, elle m'avertit encore d'enfermer autant en mon âme Jésus-(2hri.st, cpie mon cor[)S est enclos dans le vêtement. * Il ne cessait de jeter des soupirs en s'habillant, el de demander à Dieu qu'il le dépouillât du vieil homme cl de ses actions, et qu'il le revêtit du nouveau qui se renouvelle tous les jours pour connaître Dieu selon l'image de son Créateur: Extpo' liantes veterem hominem cum aclihus suis, el rnducentes novum qui renovatur in aqnitionem secundum imayinem ejus qui creavit illum. (Col. m, 9, 10.)
DE l'obAISON.
Il est très-importanl de savoir faire oraison, comment nous devons faire oraison, parce qu'encore que les livres traitent assez de la manière de faire oraison, toutefois ce qu'ils en disent ne semble pas avoir de conformité à notre institution, et à l'esprit que le Fils de Dieu a commencé de nous communiquer dans nos exercices. Nous aimons trop à agir dans l'oraison par discours et imagination, ce qui nous empêche de la faire sur des choses relevées. Nous devons donc prendre une manière d'oraison que nous puissions pratiquer sur toutes sortes de sujets pour grands et élevés qu'ils soient, comme les mystères de Jésus-Christ et autres que l'Eglise nous présente durant l'année.
Cette manière (l'oraison consiste en une disposition que l'on doit avoir, de respect, d'honneur el de déférence vers les sujets qu'elle se propose, s'humiliant devant Dieu, confessant son indignité et son impuissance à les approfondir par ses [)ensées, se contentant de les regarder avec humilité, pour les honorer et les révérer, jusqu'à ce qu'il plaise à Dieu de regarder notre bassesse et notre pauvreté, et nous donner sa lumière pour entendre ces sujets ; ce qu'il lui faut demander de temps en temps, sans cependant entreprendre de les pénétrer, ni de former des pensées sur eux, si Dieu ne nous y applique par son esprit; car c'est l'esprit de Dieu (|ui nous ouvre la porte, pouvant entrer dans la connaissance de ces sujets élevés : Spiritus omnia scrutatur, etiam profunda Dei, etc. {ICor. ii, 10.)
Voici la manière en laquelle on doit faiie oraison ; elle est d'autant plus facile qu'il est aisé de confesser sa pauvreté, de reconnaître sa dépendance, de demander la lumière nécessaire, de patienter en l'allendarit et de réciter de temps en temps les actes intérieurs de notre âme ; ce qui empêche l'inutilité de notre esprit, lequel on f»ourra t objecter à ceux qui se servent de cette manière d'oraison.
Nous devons avoir une vraie disposition de pauvre en l'oraison ; car, comme les pauvres, après avoir frappé à la poite, doivent patienter jusqu'à ce qu'on leur ap[)orte
rt:U\RES COMPLETES DU CARDINAL Dt BERULLE.
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quelque chose , e.t puis recommencer à frapper, évitant pourtant l'importunité, aussi râiue qui connaît sa pauvreté et son indigence, et de j)lus qui voit qu'elle n'a rien mérité que l'enfer par ses offenses, l'âme doit, dis-je, se consumer et s'abîmer devant la majesté de Dieu, tâchant par toutes sortes de moyens d"a[)aiser sa colère et d'attirer sa miséricorde, tantôt en frappant modestement à la rorte du ciel par les actes d'humiliation et de componction, de connaissance de son néant et de la splendeur de Dieu, tantôt patientant jusqu'à ce qu'il plaise à Dieu de subvenir h sa nécessité, et de la soulager dans ses misères.
On peut encore se tenir en la présence de son Dieti en qualité de très-humble esclave, qui, attendant avec toute humilité et révérence de recevoir les commandements de son Seigneur et de son Maître , s'offre à lui de tout son cœur et de toutt-s ses forces pour tout ce qu'il voudra faire de lui, et pour tout ce (}u'il voudra qu'il fasse.
Cette méthode doit être suivie, parce que, outre qu'elle est d'une grande utilité à l'âme, elle honore plus Dieu que les autres manières d'oraison desquelles on se sert ordinairement. Car nous n'honorons pas Dieu, absolument parlant, par les pensées que nous formons de lui et de ses mystères ; nos pensées sont trop basses et trop'^indignes de sa grandeur ; mais notre âme, dans ses dispositions intérieures de pauvreté et d'humilité qu'elle a vers Dieu et vers ses mystères, l'honore et le glorifie en quelque sorte, parce qu'elle témoigne soumission, amour, estime, respect et révérence vers la grandeur et la majesté de Dieu, ce qu'elle peut faire à l'égard de ses plus hauts mystères.
H est vrai que cette manière d'oraison n'est pas propre à tous, quoiqu'elle se ])uisse faire aussi bien dans la maladie que dans la santé, quoique l'esprit ne travaille point et qu'il n'y ait guère que le cœur qui y soit occupé. Les commençants ne se doivenipasmeilre à latable de l'Epoux; il faut au contiaire se mettre toujours au dernier lieu et attendre qu'ils soient trouvés dignes d'entendre la sainte parole du Seigneur : Ascende siiperius. {Luc. xiv, 10.) Pour cela il faut choisir la voie la plus basse de faire oraison.
Celte voie est la méditation, mais nous ne devons pas nous y attacher de telle sorte que nous ne puissions en sortir, si Dieu nous donne attrait pourquelque autre chose ; car il faut toujours supposer comme une vérité fondamentale que l'oraison est un don de Dieu; que le Saint-Esprit en est le grand maître, et aue c'est un exercice qu'on n'apprend qu'en la pratiquant souvent.
De la méditation et de la manière de la faire pour ceux qui commencent à faire oraison.
Méditer, c'est considérer avec attention les sujets qui nous sont proposés pour nous en occuper; c'estles digérer; c'est s'y arrêter, en un mot, c'est rentrer en eux comme ceux, selon l'expression du prophète, qui convertuntur ad cor. [Psal. lxxxiv, 9.) Il y a trois uarties de la méditation: 1" la uréuaralion ;
2" le corps do l'oraison ; 3* la conclusion.
1* La préparation. — Premièrement, après avoir lu les sujets de votre oraison, la pre^ mière chose que vous ferez sera de vous mettre en la présence de Dieu, ce qui se doit faire non par l'imagination, mais par un acte de foi, laquelle vous fera voir et adorer Dieu partout, puisqu'il rem[)lit tout lieu et même toute chose par sa puissance, sa présence et son essence. Dans cet a( te de sa divine présence, vous vous abaisserez et prosternerez profondément devant lui, reconnaissant votre imlignitéet votre néant, et que vous n'êtes pas digne de converser avec sa majesté infinie, laquelle vous avez tant de fois malheureusement offensée.
Vous vous souviendrez néanmoins que vous pouvez avoir accès auprès de Dieu parles mérites de son Fils. Car bien que, comme simple créature, vous n'en soyez pas digne, et que, comme pécheur, vous eussiez dû être banni de la présence du Seigneur, toutefois, comme membre de Jésus-Christ, c'est-à-dire comme Chrétien, vous avez droit de vous approcher de Dieu. Renoncez donc à vous-mêiiie et vous unissez à Jésus, puisque c'est [)ar lui et en lui que vous })Ouvez vous rendre agréable à Dieu.
2° Vous offrir à Dieu en cette action que vous allez faire, ne voulant y rechercher que sa seule gloire. Ce n'ef^t pas que vous ne puissiez deuiander vos nécessités et regarder les besoins de votre âme, mais cela doit être rapporté à la gloire de Dieu; de sorte que si vous vous regardez, ce doit être pour Dieu et pour vous rendre tout à lui.
3' En suite de cette |)ureté d'intention, vous vous résignerez intérieurement à Dieu pour faire l'oraison en la manière qu'il voudra, soit qu'il lui plaise que vous ayez du repos et de la consolation, soit qu'il veuille que vous y apportiez quelque peine ou difficulté, faisant état et résolution de n'avoir ni complaisance dans le repos, ni inquiétude dans la sécheresse et privation.
4" Donnez-vous après cela au Saint-Esprit, et le suppliez de vous conduire et diriger dans l'oraison. Comme nous n'avons pas droit de paraître devant Dieu par nousmêmes et comme créatures et comme pécheurs, mais seulement en Jésus-Christ comme Chrétiens et en l'union que nous avons avec lui comme ses membres, aussi nous ne devons pas traiter et converser avec lui par notre esprit, mais par le Saint-Esprit, ieqiiel vous invoquez de tout votre cœur, vous abandonnant à sa conduite pour recevoir les pensées et les affections qu'il lui plaira de vous donner, vous soumettant à tous ses desseins sur vous. Vous devez encore vous adresser à la sainte Vierge, à votre bon ange et à quelques autres saints auxquel'^ vous avez dévotion, comme aux saints du jour, les priant de vous assister en votre oraison.
2° Le corps de l'oraison. — Après cela vous entrerez dans votre sujet, sur lequel vous arrêterez doucement votre esprit jusqu'à ce qu'il reconnaisse dans les vérités que vous méditez ce que Dieu demande de voU'.>, ce que vous Jui devez là-dessus,
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UKCLEMENT DK I.A CONO LEGATION DE LOKATOIRE
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co (jue vous en dovez tirer. Puis do In pensée vous pAssorrz /lux nclosde h volonté, (lui s'»roiit dillérctils selon l/i diversilé des sujets ol des vérité»;, eoinnie d'/idoratior), •raclions de grâces, d'oldiilion do vous-ni/^nie, do respct t cl de lévérence intérieure, <ie contrition, de résignation, de pntience, do résolution, cl vousdcnienrerc/. dnns les actes plus mio dnns les pensées, enr la considéralion des vérités n'est (jue pour vous repor- Icr aux actes et aui nireclions do In volonté.
Faire oraison en relie nianièie, c'e>t prier par prnii(p>o de vertu, et celle voie est plus digne de In volonté de Dieu (pii n'est [»as tant honorée par nos pensées que par nos affections. Klli- l'ail cpi'on s'éloigne plus de la curiosité et de l'amour-propre qui se mêle [•lus lacileinent parmi les pensées qu'on recherche par soi-nién>e. Elle est |>lus utile h rame. I.KpjelIe est niti'.i non-seulement eu résolution et demande de In vertu. Elle est erdiii plus aisée dans la sécheresse qui ne peulemiiéi'lier l'Ann! de former quelquesuns (Je ces acies, connue d'être en patience, «le s'humilier devant Dieu, de recourir huniblnnient h lui, de se donner h Jésus.
Pour ce qui est du sujet de l'oraison, on peut prendre d'ordinaire quelque chose do la vie du Fils de Dieu. Peiulant qu'il était sur la terre, il était le sujet de l'entretien et de l'occiipalion ordinaire de sa très-sainte Mère et de ses apôtres. Or les actes que l'on peut f.nre sur la vie de Jésus-("hrist sont : 1* d'adoration ; car toutes les actions du Fils de Dieu sont divines et subsistantes en la personne du Verbe ; et aussi elles sont en la dignité, puissance et autorité de Dieu môme et méritent adoration.
2" De donation de nous-mêmes ; car Jésus- Christ nous a acquis à soi [tar chacune de ses actions, qui était d'un prix infini, si bien que faisant oraison sur quelque action, pensée ou parole de sa vie, nous devons nous donner h lui tout autant qu'il nous a acquis par celle action.
3" D'actions de grâces, de ce qu'étant venu sur la terre pour nous, sa vie, ses attions ont toutes été faites |>our nous.
4* D'amour. S'il a fait loutcs ses actions par amour (lOur vous, vous y devez répondre par voire amour. Donnez-le-lui donc, et renoncez à celui de loiues les choses de la terre, pour ain;er uniquement Jésus-Christ qui l'a si dignement uiérité.
5* De zèle. Nous devons avoir un grand iè\e que Jésus- Christ soit connu de tout le monde; que sa vie et ses actions ne soient
iias ignorées, et quelles aient ellel dans les mes.
6' De demande. Les actions du Fils de Dieu sont des sources de grâces ; il faut donc recourir à lui dans ses actions pour faire les nôtres. Outre i:es actes, vous fer^z ceux que Notre Seigneur vous jas[>irera.
3' La conclusion, ou la revue après l'oraison. — A la tin de l'oraison vous aurez soin de l'offrir à Jéius-Chrisl quoique vous ne soyez qu'un pauvre pécheur, lui demandant pardon des fautes commises, le remerciant
OF.tVRKS COUPL. DE DE BÉRLILE.
des grâces reçues, le priant qu'il vous fasse la grâce <ie retenir et [traiiquer co qui s'est trouvé en vous de |)lus renianjuable. Ayez soin de vous enlrelenir et occuper l'esprit en la journée des (tensées qui vous auront le plus loin hé h l'oraison et de les pratiquer dans les occasions.
Diverses observances pour Coraison.
Quand il arrivera que vous serez en sécheresse et en peine, en sorte que vous iia pourrez vous appliipier sur l'oraisrtn,
1° Craignez que ce ne soit jtar voire faute.
2* Humiliez-vous beaucoup j.ar In (leur que vous pouvez y avoir.
3* Hésignez-vous à la v<donlé de Dieu pour porter celte peine en patience et en satisfaction de vos pécfiés, et par hommage et soumission à sa justice divine.
/»• Donnez- vous h Dieu tel que voussen.z, désirant le glorifier en quelque état que vous soyez.
5" Considérez que les plus saintes pensées de la créature, et tout ce qu'elle peut faire rend liien peu d'honneur à Dieu, qui est suffisant à lui-même, et n'a pas besoin de nous.
6° Ne laissez pas de foisc*» autre de rentrer dans voire sujet, vous donnant, *! Noire-Seigneur pour cela, mais avec résignation jmur enporter le refus, cl demeurer en l'état où vous êtes, que vous estimerez plus convenable à vos olfenses.
Quand vous vous trouverez en quelque distraction, retournez incontinent h votre sujet, et à la [trésence de Dieu, en lui demandant pardon de vous être si facilement séparé de lui. Vous pouvez frapper votre poitrine, comme jiar pénitence et satisfaction, cl ainsi vous ferez bon usage de votre distraction, et elle entrera dans le sujet de l'oraison. Avouez aussi que vous n'êtes |)as digne de converser avec Dieu, puisque In moindre pensée des choses du monde vous en a séparé si facilement. Lorsque par Ift considération de quelque vérité, vous désirez |)rendre bonne ^é^olution dans l'oraison, prenez garde que te soitavec Dieu. A()puvezvùus entièrement sur la sainte grâce, et non sur vous-même et vous donner à lui pour faire la chose.
Que vos demandes en l'oraison soient univer^elles, et en disposition générale do charité; si vousdemandez, par exemple,quelque vertu, demandez-la non-seulement pour vous, mais })Our toute l'Eglise, pour voire prochain, pour la communauté, car nous devons rechercher la gloire de Dieu universellement.
Ayez soin de faire votre oraison en la vérité de Dieu, c'est-à-dire que les actes «jue vous produirez sur les sujets de votre oraison, soient fondés non sur les conceptions et pensées que vous en avez, mais sur ce qui en est la vérité de Dieu. Par exemple, il faut adorer Dieu, non selon vos pensées, mais selon ce qu'il est ; il faut l'aimer autant qu'il est aimable en soi, et non pas seulement selon ce que vous, vous le connaissez aima-
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OEIJVKES COMPLETES DU CARDINAL DK BEUL'LLE.
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l)le. De môme, si vo\is demandez quelque vertu, comme l'huraililé, il faut la demander telle que Dieu la connaît qu'elle doit être.
De Vexamen de prévoyance.
Encore que nos règlements ne fassent mention que de deux examens que nous devons faire, l'un devant dîner, l'autre le soir, qui servent à nous corriger de nos défauts passés, néanmoins on a trouvé bon d'en ajouter un troisième qui nous sert à prévenirnos défauts, et à nous garder d'y tomber, suivant en cela l'exemple du T. II. P. de Coudron, comme il est remarqué dans sa vie, liv, I" ch. 17. Dieu nous a donné la mémoire au regard du passé, la prévoyance au regard de l'avenir, il nous fautfaire usage pour l'aimer et pour le servir de la mémoire et de la prévoyance, puisqu'il nous est commandé d'aimer et de servir Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme et de toutes nos puissances.
Cet examen que l'on doit faire le matin h l'issue de l'oraison, est une prévoyance de l'âme sur la journée, afin de voir comme elle la pourra mieux passer que les autres, apportant ainsi de jour en jour quelque amendement à sa vie.
Nous nous proposons toujours au commencement de nos exercices d'adorer le Fils (le Dieu en quelqu'une de ses qualités, parce que cela sert à recueillir l'esprit et à le remplir du Fils de Dieu qui est la plénitude.
En cet examen nous devons adorer le Fils Dieu, 1" comme principe de notre vie selon la nature; 2° comme principe de lumière et lie conduite; 3"^ comme i)rincipe de force et de puissance.
Pour nous faire agir selon les trois points nous devons pratiquer les trois choses qui leur répondent: i" nous donner au Fils de Dieu et luiconsacrernos exercices, et toutes nos dévotions, puisque nous ne sommes point à nous-mêmes, mais à lui : Non estis vestri (/ Cor. vi, 19), et qu'il est le princi[)e de tout ce que nous avons 2" 11 nous faut renoncer à notre propre conduite et à toute autre qu'à celle de Jésus-Cbrist, à laquelle nousdevonsnoussoumettreetassujettir, protestant de la vouloirsuivre entoutet partout; car toutes nos actions étant à lui, ce n'est pas à nous d'en user selon nos désirs, mais à Jésus de les diriger pour les accomplir par nous, selon ses désirs et ses volontés. 3° Puisqu'il est le principe de toute force et que nous ne sommes rien sans lui, mais tout avec lui, nous nous adresserons ù lui, le priant de nous fort i lier et animer de son esj)rit pour faire toutes nos actions, en sorte qu'elles lui soient agréables.
Après cela nous jetons la vue sur toute la journée et nous y regardons, l"les occasions de bien faire qui se présenteront pendant la semaine, selon l'expérience que nous en l\ouvons avoir des jours passés; 2° les occasions de pécher et de mal faire, qui se peuvent rencontrer pendant la journée, comme iis occasions de rompre le silence, de dire
des paroles inutiles. Nous finissons cet examen en faisant des résolutions, suppliant Jésus-Christ qu'il ne permette pas que nous y manquions, estimant que c'est la plus grande punition qui puisse nous arriver. De Vexamen de midi.
Cet examen est différent de celui du soir, en ce que, 1° le soir nous adorons Jésus- Christ comme notre juge, et en celui-ci nous l'adorons comme notre chef, duquel nous sommes les membres ; comme notre vivificateur de qui nous recevons la vie de l'âme, comme notre sanctificateur, par lequel nous sommes sanctifiés, et enfin comme celui par l'esprit duquel il faut nous diriger, en tout et partout. 2° Nous nous examinons en l'examen du soir principalement sur les péchés que nous avons commis, contre la loi de Dieu L't nos règlements ; mais en celui-ci nous devons surtout examiner les défauts contre les dispositions intérieures par lesquelles notre âme se doit conduire dans les exercices, selon ses trois vocations, 1* au christianisme ; 2" au sacerdoce qui est beaucoup plus grand et plus obligeant à la perfection ; 3° à l'oratoire, ou nous sommes assemblés pour vivre avec plus de piété et de vertu que si nous fussions demeurés ecclésiastiques dans le monde. Ces trois vocations sont grandes; la première d'avoir toute la perfection dont un Chrétien est capable. La deuxième nous doit rendre parfait non seulement pour nous, mais pour le peu|)le, puisque les prêtres sont obligés de sanctifier et de perfectionner les autres ; mais la troisième nous fait entrer dans une plus étroite obligation, vu que, comme prêtres de l'Oratoire en tendant à la jirôtrise, nous ne devons pas seulement avoir la perfection pour nous, comme tous les autres Chrétiens laïques, ni seulement pour nous et [;our les laïques comme les autres })rêires ; mais pour nous, pour les laïques et [)Our les prêtres mêmes, |)uisque selon la bulle de notre institution, la congrégation de l'Oratoire a été érigée pour apporter par un exemple et la sainteté de ses fonctions quelque sujet d'amendement parmi les ecclésiastiques. Quelle sainteté et quelle vertu devons-nous donc avoir pour sanctifier ceux qui doivent sanctifier les autres. Nous devons donc nous examiner, si nous avons apporté l'esprit qu'il fallait en toutes nos actions; si nous les avons animées de ces trois dispositions précédentes; si nous avons manqué contre la pratique de la vertu de la semaine, et autres semblables défauts qui se rap[)ortent à ceux-là.
De la vertu de la semaine.
Nous devons penser que c'est un des principaux règlements que de travailler à acquérir les vertus. C'est pourquoi, après en avoir choisi une, il faut, 1° adorer Jésus-Cbrist; 2° se donner à Jésus-Christ f)Our l'acquérir; 3° renoncer à tous les empêchements que nous y [)Ouvons apporter. Il faut faire avec ioin ces trois choses, et en outre cela, se proposer de faire quelque action en l'honneur de cette vertu.
RKGLEME.NT DE L\ CONGREGATION DE LORATOmK.
l'xamen du toir.
Cet examen semble ôlro fnil pnr manière (lo tonfession h Jésiis-i^lirisl. Ainsi il fnul ohsorvcr les points (jui suivcnl : 1" Adorer le Fils «le Dieu en (]ualité (lejii^c, jiuisijuo c'est lui qui doit juj^i-r -.Omiip jndicium tiédit Filio, fjuin I-'ilius hominisrsl. [Jnan. v,22.) Il no fnul \HiS attendre jusquà l'heure de la ninrl pour le reconnaître pour jiigi' ; il faut nous présenter h lui tous les jours de notre vie, et faire jiar amour et par tidélité, ce que nous ferions alors par justice cl par nécessité. 2* Adorer le Fils de Dieu, ce mémo souverain prêtre, au(juel tutus devons confesser nos [léchés, avant (jue do les confesser aux autres (jui ne sont (jue ses vicaires. 3* I)e(nandez-lui la lundère nécessaire [)Our connaître en (pioi nous avons pu lui dé|tlairc pendant la journée. Il y aphisieursmotifs qui rousol>lii;ent h la lui demander avec ferveur. Le premier est notre aveuglement à i'éijard de nos défauts; l'araour-propre les cache, l'ignorance les couvre, l'iidirmilé les amoindrit, l'erreur se môle parmi la connaissance, de sorte ijue la lumière du Fils de Dieu est nécessaire pour les connaître; le deuxième est la vue que le Fils de Dieu a de nos défauts, qui est bien autre (|ue la nôtre; car comme sa pureté et sa sainteté est en tout au-dessus de la nôtre, il voit plusieurs choses contraires à sa sainte volonté, que nous ne voyons ()as. Il serait à souhaiter que vous eussiez la lumière que votre âme aura, lorsqu'elle sera détachée du corps, et purement intelligente, puisque |)ar sa lumière naturelle, et surtout par la lumière surnaturelle que le Fils de Dieu vous communiquera, vous verrez alors clairement vos défauts dans un moment. Or, ce que cette lumière fera alors, afin oue l'âme s'accuse ellemême, demandez à Dieu qu'il vous le communique à [)résent. 4-° Faites une revue sur la journée [)Our savoir en quoi vous avez désobéi à Dieu. Il serait à propos que vous j)rissiez quelques points auxquels se réduiraient vos fautes. 11 ne faut [)as s'arrêter alors et considérer ses bonnes œuvres particulières pour en remercier Dieu, puisciu'il V a toujours quelque défaut, et que d ailleurs ce n'est pas à nous à les juger absolument bonnes. Ce que nous devons faire pour n'être pas absolument ingrats, est (Je remercier Dieu, en quelque temps de la journée destiné à cela, des grâces qu'il nous « faites, et des dons qu'il nous eût faits , si nous n'y eussions point mis empêchement par nos intidélilés. 5° Faites un acte de contrition, qui est une douleur du péché, (tarée qu'il est contre la bonté de Dieu qu'il offense et déshonore. Elle est appelée contrition, parce qu'elle brise et anéantit en nous le motif du péché. Pour avoir la contrition, demandez-la à Dieu par Jésus-Christ.
DE l'office divin.
Des dispositions pour assister an chœur.
Toutes les fois que la communauté va au chœur, n-'Us devons y aller comme de la
part de toute l'Eglise qui nous commande do faire des prières publiques, et un chacun doit servir et correspondre au dessein général de toute l'Eglise, et spécialement do toute la «MJiigrégalion, (jui est d'honorer Dieu en public avec ferveur, modestie et attention. Sitôt que la cloche sonne, il faut sortir de sa r hambre salis s'arrêter, comme étant a[ipelé de Dieu, faire une génuflexion h son oratoire iiour offrir cette ac tion h Jésui-Chrisl, et lui demander congé, disant avec le prophète Isaio (vi, 8) : Ècce ego^ mille me.
En chemin il faut s'élever h Dieu, sans s'arrêter h |iersonne sans grande nécessité, se souvenant qu'on est appelé pour faire l'ofTice des anges.
Etant arrivé dans la sacristie, il faut demeurer dans un grand silence, et attendant cornme de Jésus-Christ le signal pour alb r au ch'.uur. 11 ne faut pas s'inquiéter des distractions qui pourront arriver en chantant, h cause de l'application que nous sommes obligés d'avoir à la note et au cérémonial du chœur, parce que l'Eglise nous oblige de faire l'oflice divin avec décence et gravité. Cela ne se peut faire sans appliquer notre esprit à ces choses extérieures.
Pour les autres distractions, qui viennent de la part des sens, et par nensées mauvaises, légères ou inutiles, il faut se donner doucement à Dieu pour s'en détourner, et si en les chassant l'esprit s'y enferme davantage, et en demeure [ilus embarrassé, il faut s'en humilier, et ofTrir celte peine à Noire-Seigneur.
Du service de la sainte Messe.
Plusieurs considérations nous doivent rendre prompts à servir la Messe. La première que, comme il y avait deux oflices en regard de Jésus-Christ mortel et passible, l'un, de produire et enfanter Jésus-Christ que la sainte Vierge seule entre les pures créatures a eu; l'autre , d'assister et de servir la très-sainte Vierge, au service qu'elle lui a rendu, ce qu'ont fait l'ange Gabriel, saint Joseph, etc. De même il y a deux oftices en regard de Jésus-Christ impassible cl immortel : le premier qui est de le iroduire sur nos autels, n'appartient qu'aux prêlres; le deuxième est de ceux qui le servent en celte action.
La deuxième considération est qu'il n'v a que les acolytes qui aient droit do servir la messe. Les autres ne le font que par faveur et par tolérance.
La troisième est qu'encore que chasser les démons soient grand olTice dans l'Eglise, celui néanmoins de servir la messe est plus digne.
La quatrième est que, si nous cherchons noire utilité, nous ne pouvons douter qu'on en retire une très-grande du service de la sainte messe. Nous pouvons nous servir de toutes ces considérations, pour nous exciter è ôire fervents à servir la sainte messe, à l'exemftle des plus grands saints , commo saint Thomas qui avait cependant tant de grandes occupations.
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ŒUVRES COMPLETES DU CARDINAL DE BERULLE
Disposllions pour servir la sainte Messe.
Pour servir la sainte messe, il faut demander à Dieu les dispositions d'amour et d'humilité qu'avaient l'ange Gabriel et saint Joseiih, servant la sainte Vierge et l'enfant Jésus.
Au Confiteor, •— Entrer en un cs.prit de pénitence et de contrition de nos péchés, admirant néanmoins la bonté de Dieu, qui se sert de nous pour une si grande chose.
Aux Oraisons. — Demander à Dieu les vertus dont on a le plus besoin, et la pratique de celle de la semaine.
A l Epître. — Adorer et nous unir à l'esprit de Dieu qui a inspiré et dicté ces apôtres, le prier de nous en donner l'intelligence, et de nous en faire faire un saint usage toute noire vie.
A V Evangile. — Se prosterner d'esprit et de cœur par hommage aux paroles de vie et aux mystères de Jésus-Christ, pendant que ce corps est debout pour montrer qu'il faut le suivre ; il faut aussi désirer que l'Evangile soit cru et reconnu par toute la terre.
A l" Offertoire. — Il faut se souvenir qu'en tanlque Chrétien et membre de Jésus-Christ, quoiqu'on ne soit pas prêtre, on peut nonseulement servir la messe, mais taire avec le prêtre ce qu'il fait, c'est-à-dire oGfrir avec lui et avec Jésus-Christ même, le sacrifice qui est offert à Dieu, puisque nous sommes participants de son divin sacerdoce. A raison de quoi tous les Chrétiens sont appeLCs prêtres dans la sainte Ecriture. Celui donc qui sert la messe, celui qui l'entend peut offrir le même sacrifice selon toutes les intentions de l'Eglise à la Majesté divine pour l'accomplissement de toutes ses volontés avec les mêmes dispositions que Jésus-Christ s'offre lui-même à son Père Mais outre cela en qualité d'hostie, nous avons obligation en offrant Jésus à Dieu comme victime, de nous offrir à lui, ou plutôt de le prier de nous incorporer avec lui en qualité d'hosties, pour nous sacrifier avec lui à la gloire de son Père, et [)arce que l'hostie pour être sacrifiée doit être mise à mort, et ensuite consumée dans le leH, priez-le qu'il vous fasse mourir à vousmême, c'est-à-dire à vos passions, à votre amour-propre, et à tout ce qui lui déplaît; qu'il vous consume dans le feu sacré de son amour, et qu'il fasse que désormais toute \otre vie soit un perpétuel sacritice de louange, de gloire et d'amour. Offrez donc le sacritice et tous les autres de ce jour, à la très-sainte Trinité selon les intentions de Jésus-Christ et de son Eglise, priant rsotre-Seigneur qu'il vous offre avec lui en qualité d'hostie et de victime à son Père éternel.
Au Lavabo. — II faut demander hunablement qu'il se prépare une digne habitation dans notre âme, la lavant et la puriliant de .tout ce qui peut lui être désagréable.
A la Préface. — On peut adorer le mystère du temps par divers acies d'adoration et de soumission, et nous en reconnaissant
indignes, nous offrirons à Dieu en satisfaction tout l'honneur que lui ont jamais rendu les saints et les anges.
Au Mémento. — H faut dresser son intention pour ceux pour qui on veut particulièrement prier, et ensuite offrir à Dieu le sacrifice; 1° pour rendre à Dieu la gloire et le culte qui lui sont dus; 2° en actions de grâces des bienfaits qu'on a reçus de lui ; 3" pour la rémission de tous les péchés du monde, et surtout des nôtres ; 4-° pour obtenir le secours et les grâces dont nous avons besoin pour persévérer avec ferveur au service de Dieu jusqu'à la fin.
Durant le Canon. — .-Vdorer Jésus-Chrisl en son silence et sa génération éternelle et temporelle ; se disposer ensuite à la communion sacramentelle ou spirituelle par des affections saintes pensant au désir que Jésus-Christ a de venir combler notre âme de ses bénédictions, s'off'rir pour cela à tous ses desseins et désirs sur nous , lui disant : Veni, Domine Jesu.
A la Consécration. — Adorer Jésus- Christ en l'efTicace de sa parole qui a tant de force que de changer le pain en son corps, et le vin en son sang. Prions-le qu'il daigne ainsi changer la pesanteur et la froideur de notre cœur tout terrestre, en l'ardeur et tendresse de son divin amour.
Au second Mémento, — II faut offrir à Dieu le prix du sang de Jésus-Christ, pour la délivrance des âmes du purgatoire, principalement pour celles qui ont mieux servi Jésus et Marie.
A la Communion. — Rendez grâces à Dieu lie ce grand bienfait, invitant toutes les créatures du ciel et de la terre, à le louer, à le bénir, et cela n'étant rien à son égard, le prier de se vouloir bien dignement louer lui-même.
Aux Oraisons. — On lui doit demander avec affection, qu'il orne et embellisse notre âme des vertus qu'il estime le plus et qui lui sont les plus agréables.
A la fin de la Messe. — Recevoir la bénédiction, et avoir ensuite grand soin de se msintenir en la grâ:e qu'on a reçue par c^i sacrifice , de même que si on portait quelque excellente liqueur dans une vase qu'or, eût peur de rompre, priant Dieu de conserver en nous ses dons. Mais recevoir le fruit de ce divin exercice, il faut se donner à Dieu pour le faire, dès qu'on est a()pe!é pour cela. Etant arrivé à la sacristie, il faut aider à s'habiller le prêtre avec grande modestie et humilité, considérant qu'il va faire ce qui s'est fait une fois sur le Calvaire. C'est pourquoi, c'est une pratique très-dévote d'accompagner alors ce prêtre, comme si on accommj)agnait Jésus-Christ sur le Calvaire, afin que, ne lui ayant pas tenu compagnie à lui-même, comme la trèssainte Vierge et saint Jean l'Evangélisle, nous l'accompagnions au moins en la personne du prêtre, qui porte les principaux instruments do la passion. L'amict représerte le voile dont on lui couvrit le visage, lui disant : Prophétise qui t'a fravvé (fnr
IlKGLEME.1T KL LA CO.NCnEGATION DE LOftATUlUi:.
xxti, ùk.) L'uube représcnlu la robe blanclio itotit Ilérudo lu lit iialiillcr |iflr iiio<{ucrit>. L/i ceiiiliire rt'|iréi>oiilt' lo.> fou(.'ls iloiil il fut n.i^cllé. I.a uiHni(iule les cordon donl il lui lié à la colonno. I/i'-lole les liens avec les- ((uels on le saisit à sa piise. Sur la «licisuMe sont inaKiués, la coldiirio et la croix ; l'autel représente le Calvaire, où il fui ( ru( ifié.
rOtn LA COM F.SSION SACRAMLNTEI.I U.
d'esl ici où nous devons réveiller loules les puissant es de noire inlérieur, el invoquer avec autanl li'amour (pio d'Iiuiuililé, le secours divin, jour fuire l'ai lion la pins icnporlante de nnire vie, de la<inclle dépend notre salut. Oli ! coniluen de personnes seront daniné<^s (our avoir indiji^iieiiienl usé de choses si jjrandcs fjue sont les sacrements. Pour eni| Oclier i e pernicieux elfcl, prenons j^aide de nappioclier jamais du sacrement tie la pénitence qu'avec une |)réparation sincère el exacte, savoir une exacte recherche île nos fautes môino les {ilns petites, avec une giande douleur et ressentiment de les avoir commises, et avec un ferme propos de ne les jamais commettre el de combattre jusqu'à la iin contre le vice, satisfaisant au passé [>ar une vraie et proj>ortionr.ée pénitence. Si en toutes choses nous avons besoin de la grâce de Dieu, conbien davantage est celle-ci, qui est surnaturelle.
Après l'avoir demandée celle grûce si nécessaire, nousdevons, en premier lieu, adorer Jésus-Christ, chargé du pesant fardeau de nos péchés, qui le mettent en une agonie si extrême qu'il en est triste jusqu'à la mort, el sue en telle abondance que la terre en est arrosée. Demandons-lui qu'il nous fasse part de la lumière avec laquelle il connaît nos péchés, atin qu'eu ayant la connaissance, nous les confessions, délestions el en fassions pénitence avec lui. En deuxième lieu, il faut faire une i-evue sur la conscience et l'exaniiner soigneusement, depuis sa dernière confession, pour voir en quoi on a déplu à Dieu. 11 faut prendre garde de ne [las juger de nos défauts seulement sur la connaissance que nous en pourrions avoir, qui est bien petite et ténébreuse, mais selon celle du Fils de Dieu, laquelle est bien autre que la nôtre; car souvent il voit [ilusieurs choses contraires à sa sainteté que nous ne voyons pas, el c'est [tourquoi sa lumière nous est nécessaire pour nos défauts, en la manière qu'il les voit. Après cela, il faut se confesser et se présenter au prêtre, comme h celui qui représente el tient la place do Jcsus-Chri>t pour faire une entière, humble et sincère confession de ses péchés, sans les déguiser, excuser, ni rejeter sur les autres, ?cceplanl de tout notre cœur la jieine el la confusion que Jésus-Christ a souiferte h la croix pour les mômes péchés, désirant que nous eussions pu soutfrir toutes ses peines, puisqu'il était innQceul el que nous sommes coupables.
I^ confession étant achevée il faut remercier Dieu d'un si signalé Inenfait, recon-
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naissant que c'est par les mérites de Jésus- Christ el par sa mort, que nous sommes jusliliés en ce sacrement; il f-tul aussi le prier qu'il nous fasse iraindre, et avoir horreur (Ju jtéi hé plus (lue d'aucun tourment cl [leine lemporclle. S'oiis devons cnlin nous souvenir des paroles que Noire-Seigneur disait au paralyti(jue : lù'rr satins fnrtus es, jam noli peccnre ne det crins uliqutd tihi conlin- (jal. [Joan. v, i\.)
Outre cesdi5[M)siiions générales que nous devons avoir dans la confession, il est bon d'en avoir une particulière, qui est de considérer celui de nos (iélauts qui nous semble le plus grand, de faire abstraction de celui-Ia d'avec les autres, el de faire quelque pratique de la vertu oftpcsée, afin de rendre un honneur particulier à Dieu, en ce que nous l'avons jjarliculièremcntotrensé.
POUR LA COMMLNIOJ».
Avant la communion, il faut nous souvenir que le sacrement d'Eucharistie est un des sacrements des vivants etnon des mort<, el qu'ainsi la première disposition absolument nécessaire est l'innocence. Celle disposition supfjosée, la révérence el l'amour que nous portons au Fils de Dieu, el le désir qu'il a de se communiquer à nous, doivent être les princi|)ales [lensées qui nous occupent en approchant de la sainte table; la révérence, parce que Dieu est celui que vous allez recevoir; l'amour, parce que vous l'allez recevoir comme vôtre; la révérence en l'adorant, l'amour en le désirant; la révérence en vous retirant de lui; l'amour en vous en approchant. Telles ont été les pensées des saints en s'approchant de Jésus- Christ, comme saint Pierre, comme sainte Madeleine.
Mais enfin, approchez-vous de Jésus- Christ par conformité ou désir qu'il a de se donner à vous, puisqu'il veut laveries pieds à son apôtre. L'apôtre le veut et s'y soumet, la mère consent d'être mère de Dieu par assujettissement à la volonté divine et proteste de son obéissance en acceptant celle dignité, qui lui donne autorité sur Dieu même. En honorant celle disposition, approchez-vous de Jésus-Christ, puisqu'il le veut ainsi ; sa volonté vous étant manifestée par votre directeur; et comme la Vierge se trouva confuse de l'abord de l'ange, qui lui annonça la volonté de Dieu pour qu'elle fût sa mère, rougissez du dessein de Dieu, qui veut se communiquer à vous d'une manière si particulière.
Après la sainte communion, puisqu'il a plu au Fils de Dieu de venir chez vous, considérez-le dans vous-même comme dans son domicile, auquel en qualité de mailre, il doit être adoré ; el en parlant, que vous et toutes lespuissancesde votreâme rendent hommage au nouvel bôle abaissé par son amour sous les es()èces sacramentelles pour pouvoir loijer chez vous. Ne disposez plus de riea dans ce logis intérieur; Jésus est dans vous, mais qu'il y soit comme donnant vie el 0[>érant vie, et ne soyez plus au regard de lui,