POUR LES SORTIES ES VILLE
Pour nos sorties en ville, nous honorons les vovages du Fils de Dieu sur la terre, el nous lui en demandons la grâce. Dans la ville, nous devons avoir les yeux de l'esprit plutôt ouverts pour y voir les anges gardions de ceux que nous y rencontrons, que les yeux du corps pour y voir les personnes; el il nous faul ainsi imiter l'usage que les anges font de toutes choses, bénis» sanl Dieu pour ceux qui blasphèment son saint nom, le louant el le remerciant avec ceux qui le louent.
Il est bon de s'uiir intérieurement avec
ceux de la communauté. l(jrs(^ue l'heure arrive, en laijuelle ils font tjueUjue action commune [lour Dieu, cl de la faire alors, si on peut, renlranl en la maison. Il faut se défaire, aux hieds de Jésus-Christ, des images de toutes ( lioses qu'on a vues dans le monde, fiour rentrer inlérieuremcnl dans l'assujellissement h nos règlements.
POl R LA CONVERSATIOll AVEC LES ÉTRAXGERS.
Dieu a voulu nous raonlrer combien il était important (jue nos conversations fussent bien réglées, attendu nue, les ayant ordonnées priur le bien de l'nomnje, toutefois, la conversation d'Kve, avec le serpent, el celle de la fenune, avec l'homdie, furent si pernicieuses, el causèrent la perte de tout le genre humain. Or, afin que nos conversations, avec les externes, soient bien réglées, il faul lAchcr d'entrer dans les dispositions suivantes :
La première est qu'avant que nous commencions, nous adorions le Fils de Dieu sortant du ciel, s'incarnanl, conversant avec les hommes, et leur apportant >ine nouvelle conversation ; el que nous lui d«;mandions la grâce de la praliq-jer chrétiennement el de nous y comporter saintement. .Mais nous remarquons que le Fils de Dieu sur la terre a eu deux sortes de conversations bien ditférentes : les unes agréables avec sa sainte Mère, sailli Josei)h et quelques âmes sanctifiées par lui ; les autres pénibles et fâcheuses comme celles qu'il a eues avec les Juifs el les pharisiens ; aussi pouvons-nous avoir comme Jésus-Chrisl, deux sortes de conversations différentes, les unes agréables avec les personnes liées avec nous d'amitié, les autres ennuyeuses el fâcheuses avec les personnes qui nous contrarient, et nous devons su|)porter ces deux sortes de conversations différentes en l'honneur des différentes conversations de Jésus-Christ sur la terre. Nous devons aussi volontiers accepter les conversations agréables que celles qui sonl fâcheuses, aux premières le péché se mêle le plus souvent, el nous les accom|>lisscns ordinairement avec vanité ou sensualité ; mais au contraire aux autres conversations nous soufTrons et renonçons à nous-mêmes, el ainsi nous méritons davantage, les souffrant pour Jésus-Chrisl cl en l'honneur des siennes semblables, surtout si nous lui offrons la peine que nous ressentons pour la conversation de ceux que nous entretenons, comme Jésus-Chri^t offrit 5 son Père, pour les Juifs qui le persécutaient, la peine qu'il avait en leurs conversations,
La deuxième dis[)Osiiion que nous devons prendre pour converser saintement avec les étrangers est de ne pas regarder en eux seulement les quotités du siècle qu'ils peuvent avoir, mais de jeter intérieurement la vue sur les dignités chrétiennes qui sont en eux, considérant les personnes avec qui nous conversons comme portant Jésus-Christ qui habite en eux })ar la grâce, nous nous disposons par le regard intérieur à converser avec les personnes conformément à leurs
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OEUVRES COMPLLlLb DU CARDINAL Dt UERLLLL.
qualités clirétiennes , sans que cela puisse néanmoins empûc-lier de rendre à chacun {'honneur qui lui est dû selon les lois du siècle, et autant que la qualité et la dignité (le la personne le mérite; car l'Eglise ne sera dans son éclat et dans son lustre qu'après le jugement universel.
La troisième disposition est que nous observions les [)aroles de saint Paul : Nos ex hoc neminem novimus secundum carncm; et si cognovimus secundum carncm Christum; sed nunc juin non novimus. {II Cor. v, IG.) Ce qui nous apprend 5 ne pas flatterie prochain dans les inclinations vicieuses de la chair, et à éviter de lui donner occasion de se complaire en ses bonnes qualités, ce qui serait entretenir et fomenter le péché, au lieu que notre conversation doit accroître la gloire de Dieu, et faire davantagn régner son esprit dans nos âmes, détruisant le règne du diable. Il faut même prendre soin d'éviter les discours inutiles, et nous entretenir de discours chrétiens, qui ressentent la piété que doivent répandre les bons Chrétiens et les disciples de Jésus-Christ.
POUR l'humiliation.
Nous devons faire cette action p-our honorer les humiliations de Notre-Seigneur dans les ditférents états et mystères de sa vie, et principalement en celles qu'il a portées en sa passion.
Ceux qui sont nommés pour la faire chaque semaine, au nom de la communauté doivent s'accuser publiquement de quelques fautes qu'ils ont remarquées, particulièrement de celles qui sont extérieures et contre les règlements, comme contre le silence, la ponctualité aux exercices, et l'exactitude dans les emplois de la maison, la modestie et la charité envers le prochain.
L'on ne doit pas s'y accuser des péchés secrets et intérieurs, sans en demander avis au U. P. supérieur. Il faut n'être pas trop long dans ces sortes d'accusations, et ne pas dire des choses qui puissent exciter à rire. L'on ne doit pas faire cet exercice avec répugnance, mais en se souvenant que Jésus- Christ qui est l'innocence même a bien voulu s'assujettira la loi de la circoncision qui était le caractère de la marque des pécheurs; recevoir le baptême de saint Jean et se trouver dans la foule des pécheurs : Confitentes peccata tua (Matth. m, 6), comme disent les évangélistes. Il faut [)orter de bon cœur cette confusion, si on en trouve quelqu'une, pour une infinité de i)échés que nous commettons tous les jours, et qui ne sont connus que de Dieu.
L'on ne doit pas faire cette action par routine, et simplement parce que les autres le font; mais, en s'accusant de ses fautes, il faut avoir un désir sincère de se coniger, cl y travailler ensuite.
La pénitence que donne le K. P. supérieur n'est [>as seulement [)our ceux qui ont fait l'humiliation, mais comme ils la font au nom de toute la communauté, les [)artiruliers ont aussi obligation de la faire.
C'est à la fin de l'humiliation que l'on doit faire choix d'une vertu particulière pour pratiquer |)endant la semaine, et l'on doit s'examiner sur les manquements que l'on a faits contre cette vertu, dans l'examen de conscience qui se fait avant midi. Chacun doit prendre celle qui lui est la plus propre, sans qu'il soit besoin de changer chaque semaine.
Pour les humiliations qui se font au réfectoire, elles se font ordinairement à la tîn de l'année de l'institution et des retraites annuelles, comme aussi pendant le Carême et les veilles des fêtes solennelles, et chacun doit témoigner un saint zèle d'en faire en ces temps-là.
Pratiques d'humiliation à faire tous les vendredis au soir, toutes les fois qu'elle ne se fait point à l'ordinaire de la congrégation.
A l'issue des litanies ou à 6 heures, tous étant assemblés en l'oratoire domestique, le P. supérieur ou celui qui tient sa place, dira à haute voix.
Premier point. — « Honorons aujourd'hui la Passion de Jésus-Christ Noire-Seigneur, et en particulier, nous proposons pour objet de cette humiliation son agonie, et la tristesse de son âme au jardin des Oliviers, ou quelque autre circonstance de sa Passion. » (Pause d'un Miserere ou environ.)
Deuxième point. — « Examinons notre conscience sur nos mauvaises habitudes et sur les péchés et manquements de cette semaine, contre notre vocation et contre la vertu que nous nous sommes proposé d'y acquérir. » (Pause.)
Troisième point. — « Humilions-nous profondément devant Notre-Seigneur pour honorer ses humiliations, et demandons-lui pardon et une sincère contrition de tous nos défauts. «(Pause.)
Quatrième point. — « Demandons à Notre Seigneur un grand désir de faire pénitence pour nos péchés, et pour honorer ses souffrances, proposons-nous de faire aujourd'hui quelque exercice de mortification, et proslernon-s-nous intérieurement devant lui, et disons avec componction le psaume Miserere ou cinq fois Pater et Ave, ou quelque autre cliose. » (Pause.)
Cinquième point. — n- Faisons choix de quelque vertu pour la pratiquer pendant ia semaine prochaine, l'honorant chaque jour en Jésus-Christ Notre-Seigneur, et appliquons-nous à déraciner le vice contraire à cette vertu, u (Pause.)