‹ Œuvres complètesChapitre 469 sur 540 · LA CHASTETÉ · texte numérisé non relu

LA CHASTETÉ

C'est un sacrifice de no!re corps que nous offrons à Dieu, faisant une sainte profession de nous abstenir, en vue du royaume des cieux, de tous les plaisirs charnels quels qu'ils [)uissent être, quand même ils ne consisteraient que dans la seule imagination et la seule jieiisée de l'esprit. La chasteté est t;ette perle précieuse et le trésor caché dont parle l'Evangile. Il faut tout donner et renoncer h tout pour l'acquérir, et la conserver ensuite avec grand soin, parce que nous la portons in vasis fictilibus {Il Cor. iv, 7), et dans des corps qui se révoltent sans cesse contre le joug aimable que nous voulons leur imposer , se priver, à jjrésent, des plaisirs charnels, afin de jouir des délices ineffables que notre divin Epoux nous pré • ))are dans le ciel ; être toujours attentifs et (circonspects à retenir ses yeux ci h ne regarder jamais aucune personne ni aucune cliose qui puisse réveiller le combat de la chair contre l'esprit; ne dire ni n'entendre dire des i)aroles ni des chansons qui puissent tant soit peu donner lieu à la tentation, et ne point lire de livres qui puissent exciter en l'âme le moindre 'i-aouvement et la moindre pensée quisoient contraires à la pureté; et quand on sera obligé de lire les auteurs |)rofanes, il faut veiller avec grand soin sur soi-même. Il vaut mieux être moins savant en cela que de s'exposer à perdre son â-iue. Eviter les entretiens inutiles avec les iseisormes du sexe; et, si la nécessité ou la charité nous y engagent, que ce soit en peu

de mots et sèchement, Sermo brevis et austerus cutn muUeribus, ne les regardant jamais fixement en face.

Prendre garde de -se livrer trop à la joie, à la dissipation et à un rire immodéré dans les conversations, promenades, etc. Tout cela excite la chaleur de la chair. Etre dans une grande retenue et toujours très-modeste en quelque endroit que l'on soit, même étant seul. S'étudier beaucoup à la mortification de ses sens; faire comme le saint homme Job (xxxi, 1) : Pepigi fœdus cum ociilis meiSf ut ne cogitarem quidem de virgine.

Manger très-sobrement dans ses repas, et surtout ne boire que très-peu de vin, et autant seulement que la nécessité demande : Nolite inebriari vino in quo est luxuria. [Ephes. Y, 18.) Ne toucher personne aux mains, au visage, quand ce ne seraient quede petits enfants, et ne se laisser point loucher non ()lus [ ar d'autres.

Mortifier la chair en toute rencontre, en allant toujours contre sa vol-'.nté, ses désirs, ses inclinations, et en pratiquant, avec la dernière exactitude tout ce qui est prescrit dans le règlement.

Rejeter avec soin toutes les pensées d'impureté qui se présentent à l'esprit, et les étouffer promptementdès qu'elles commencent à naître. Travailler sans cesse à purger son imagination des idées et des représentations sales, son esprit des pensées déshoniiêtes; son cœur, des affections charnelles» et son âme de la pente malheureuse que lo jiéché lui a donnée pour la volupté.

Garder toujours beaucoup de bienséance et d'honnêtelH envers soi-même, ne se touchant le corps qu'autant que la nécessité y oblige.

Ne lier aucun commerce particulier avec les personnes du sexe, n'en recevoir aucun présent; fuir leurs entretiens et jusqu'à leur présence.

Pour acquérir cette vertu, il faut être et pénitent et mortifié; aimer la retraite et le silence, et le travail continuel ; être assidu à la [)rière, et vivre dans une grande vigilance sur soi-même; mais surtout acquérir une parfaite humilité, cardans les tentations et les chutes même sur celte matière ne point s'arrêter à combattre, mais les éloigner; se donner à Jésus-Chiist , en s'humiliant (ie .^oii orgueil, qui est la cause pour laquelle Dieu permet au démon de nous attaquer de la sorte. Il faut être fidèle à bien ouvrir son cœur h son directeur et s'en tenir à ce qu'il nous dira. Enfin, se bien convaincre que tout est ftresque f)éché mortel sur cette matière, qu'il n'y aura rien de léger, et que celte vertu est comme un miroir que peu de chose est capable de ternir.

Ayez beaucoup de dévotion aux mystères de l'enfance de Jésus, à la divine Eucharistie où nous sommes rassasiés de ce pain et de ce vin précieux qui fait germer les vierges. Se défaire peu à peu de ces premières iinaginatiûiis que le monde et notre j.Topre corruption ont imorimées dans notre esprit,

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