‹ Œuvres complètesChapitre 476 sur 540 · DE LA SOUMISSION A LA VOLONTÉ DE DIEU · texte numérisé non relu

DE LA SOUMISSION A LA VOLONTÉ DE DIEU

C'est un acte de la volonté animée des flammes de l'Esprit Saint, qui cherche uniquement à plaire à Dieu , qui n'a point d'autre volonté que la sienne qu'elle adore et qu'elle embrasse de tout son cœur, eu toutes choses, ne demandant ni consolation, ni sécheresse, ni santé, ni maladie, ni-vie, ni mort, mais seulement que les desseins do Dieu s'accomi)lisseni en nous.

Soyons persuadés que nous ne pouvons avoir de confiance que nous aimons Dieu qu'autant que nous serons soumis à sa divine volonté (cette soumission est la source de notre sainteté), et qu'autant que nous nous dépouillerons de noire propre volonté pour faire régner celle de Dieu en nos cœurs, autant pourrons-nous connaître que nous avançons dans les voies de Dieu. C'est encore le moyen d'arriver à la parfaite paix de l'âme. Car qu'est-ce qu'il y a au monde qui puisse troubler un cœur soumis à Dieu , puisqu'il

Afl'LNlUtE.

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veut hicn tonl ce qui lui arrive. Toiil lui est é'^n\, loul lui est doux, \um'o. qu'il ne rcKar.le (jue la voioiilô de Dieu qu'il ai-cosu- ))lit on lui.

Il r.iiil prendre lo'il oc fpii arrive ooniine vetianl iiniii(!'dinloriioiil de \u iiuiiii de Dieu, ne le rapiorlor jamais h la inalioe des hommes, ni h l'imprudence de ceux qui vousenvironnenl, ni î» la disposition des temps «'l (Icscaiisos niiUuclles, mais lover l(;s}on\ plus liaul cl rc^^arder le ciel, sentant (jue loul vient de Dieu, qu'il se sert et des tenqis cl des personnes, et des causes naturelles jtour arcomjtlir sa volonté.

Faire attention d.ins tuus les événements de la vie à ces trois grandes vérités, et les jtrondrc pour rèj^les de ses dispositions intérieures et extérieures : 1° qu'il no nous nrrivejamais rien, môme le péché, que par la volonté et la permission de Dieu, puis(|u'il ne tundjo pas une feuille d'arbre sans l'ordre de la divine Providence ; 2° qu'il ne permet jamais tjue rien ne nous arrive, que par un grand amour qu'il a pour nous ; 3" que tout te (ju'il permet qu'il nous arrive, n'est que j»our notre bien, si nous ré[)ondons à ses ilesseins.

Si l'on sait afipliqner les règles an détail (le la vie, on évitera une inlinité de fautes, el on jouira toujours de la paix intérieure de j.'âme. Ne murmurer jam.iis en quel(}u'étal que l'on se trouve, d'adversité, de séchere.-se, de pauvreté el de maladie; ne vouloir point d'autre état que celui où Dieu nous a mis, el ne souhaiter rien hors de Dieu, ni talents sous prétexte de travailler pour la gloire et le salut des âmes, ni consolations intérieures, sous prétexte de le servir avec j)lus de ferveur ; mais abandonner uniquement à Dieu la conduite de tout ce qui nous regarde, el môme de notre avancement s[)iriluel, nous laissant entre ses mains, comme l'argile entre les mains du potier qui en fait tout ce (]ui lui plaît. Dire, dans une infinité d'occai>ions, ces paroles de Jésus-Christ : Non mca voluntas, $ed tua fiut. (Luc. xxii, 42.) Meus cibus est ut faciam voluntatem ejus qui misit me. (Joan. iv, 3V.) Poler fiât volunlas tua. (Matlh. VI, 10.) Ou celles-ci de Job (i, 21) : hominus dédit, Dominus abstulit, sit nomen Dotnini benedictum, mais les dire avec une eidière dépendance et soumission de notre volonté à celle de Dieu, les dire avec beauccjup de patience, de douceur, d'égalité d'esjirit, tiichant de goûter combien il est doux el avantageux h notre ilme de ne se conduire point par elle-même, mais d'accomplir la volonté d'un si bon [>ère.

Ne se contenter j)as de souffrir toutes les a Iversités de la vie, les maladies, les incommodités habituelles, faim, soif, chaud, froid, affronts, injures, médisances, mépris, peu d'estime qu'on peut faire de nous, ou bien indifférence ties créatures à notre égard ; les souffrir, dis-je, avec patiente et résignation, mais aussi les accepter avec joie el les aimer comme des effets de celle divine volonté qui les ordonne toujours également cl avec justice el avec amour. Justus es, Domine^ et re-

ctum judidum tuum. (Psal. rxviii, 137.) S'appliquer avec soin à connallre (|uelle est la volonté de Dieu, pour l'accomplir avec lidélilé, prenant ces régies comme des princif^es de religion (jue nous devcjns suivre sans craindre de nous tromper. l°S'il y a (pielque action irobligation et île dévotion, sa volonté est que nous commencions |iar colle d'obligation, parce fjue la première de toutes les lois de cette volonté éternelle, o-t rjue chacun vive conformément h son état, et romjilisse les devoirs (pii l'accompagnent ; 2* si les choses ne sont que de dévotion, la volonté de Dieu est (pie nous ( hoisissions toujours celle qui combat nos inclinations, car sa volonté est que nous fassions mourir la nature pour faire vivre la grâce ; 3° si les choses sont encore égales de ce côté-là, il faut choisir ce qu'il y a de plus i)arfail pour nous. Ainsi soil-il.

i.A ^EIl^tLn.

C'est un soin Irès-particulier et continuel d'une âme qui tâche sans cesse de plaire à Dieu, d'extirper chaque jour ses vices, d'expier ses [)écnés, d'acquérir les veitns el d'atteindre à une plus [larfaite union à Dieu.

Nous interroger souvent, surtout dans nos orai.sons et nos examens, en nous disant comme saint Hernard : Ad quid renisti?

Pourquoi s uis-je entré dans l'Oratoire? Ou'ai je avancé sur moi? En quoi ai-je prolilé? ICntrer dans une sainte confusion , nous voyant encore si imparfaits.

Estimer infiniment les vertus qu'on n'a pas encore acquises, et ne compter pour rien tout ce qu'on peut avoir fait, en le comparant avec ce qui reste à faire, s'imaginant toujours et avec raison qu'on ne fait que commencer, ou pluiôt que la vie va finir sans qu'on ait jamais bien commencé.

Plus vous sentirez en vous d'obstination et de ré|)ugnance pour combottre vos vices et pour acquérir les vertus, plus vous devez vous faire d'etforts et de violence, sachant que le royaume de Dieu n'est que pour les âmes fortes et généreuses, el non pour les lâches el les négligents auquels Dieu donne sa malédiction : Malcdictus qui facit opus Dei ncgligcnter. [Jcr. xlvih, 10.)

Se regarder toujours comme un serviteur inutile, quoi que ce soit que l'on fasse, et craindre d'avoir le sort de celui de l'Evangile dont il fut dit : Inutihm servum ejicite in t(nebras cxtcrivres [Matth. xxv, 30), oa bien d'être traité comme cet arbre stérile el défouillé de fruit, quoique chargé de feuilles r Succidite illam, ut quid terram occupât? {Luc. XIII, 7.) Reconnaissons donc (jue nous avons mérité le reproche par notre tiédeur el notre négligence dans le service de Dieu. Renouvelons de temps en temps noire zèle et notre ferveur intérieure, de jiour que Dieu ne se lasse el ne nous abandonne entièrement.

Aspirer toujours à une haute perfection, sachant que c'e>t reculer que de s'arrêter; se proposer pour cela les actes héroïques de la (liélé chrétienne et les exeiHple.-i des

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