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0J:U YRES COMPLETES DU CABDINAL DE BERL'LLE.
f.iints } our les pratiquer, comme serait de Âe nous réjouir jamais tant que de nous voir méprisés et humiliés ; d"estimer la plus grande de toutes les croix, celle de n'en avoir point; de se porter à tous les actes de la charité chrétienne, comme : aimez ceux qui vous haïssent, faites du bien h ceux qui vous font du mal, souffrez tout avec patience sans murmurer, n'éparizinez ni les soins, ni les travaux, ni la santé, lorsqu'il s'agit de progrès. N'estimez jamais rien de léger et de peu d'importance dans le service de Dieu ; faites au contraire grand état des moindres points de vos règlements et des plus petites pratiques de dévotion, étant persuadé qu'il n'y en a point auxquels Dieu n'ait attaché quelque grâce; que peut-être notre salut dépend de la fidélité que nous aurons des choses que nous estimons légères. Craignez donc que, méprisant les petites choses, vous ne tombiez insensiblement dans les grandes fautes et dans la mort éternelle.
• Ne faire jamais ses actions par coutume et par manière d'acquit, mais les faire toujours avec apf)lication, avec un esprit intérieur, un grand désir de plaire h Dieu, parce que l'action extérieure, sans l'esprit intérieur, est un corps sans âme, et un travail sans fruit.
Pratiquer nos règlements et tous nos exercices de piété avec une grande exactitude, comme des lois et des règles qui aoivent être inviolables; n'en jamais omettre aucune, sachant bien que l'intérieur dépend beaucoup de l'extérieur, et qu'une grande partie de l'élude de la perfection consiste dans cette fidélité aux choses extérieures. Ne manquez donc jamais de faire chaque jour, dans le temps destiné à l'oraison, les trois examens et les actes intérieurs; lire le Nouveau Testanient, rendre ses devoirs aux mystères, et faire toutes les autres choses marquées. S'il arrive qu'on soit alors détourné par quelque engagement inévitable, on y doit suppléer, ou au soir, ou dans un autre temps.
Se souvenir que le plus sûr et le plus infaillible moyen d'arriver à la perfection de l'état oii la divine Providence nous a engagés, c'est de bien faire ses actions ordinaires de la journée, c'est-à-dire avec de saintes dispositions intérieures en Dieu, pour Dieu, devant Dieu, pour les desseins de Dieu et en union avec celles de l'âme de Jésus.
S'étudiera exercer ces emplois avec toute la perfection possible comme nous étant donnés de Dieu même, évitant la précipitation, la né^^ligence, la vanité, la tiédeur, la dissipation et le respect humain. Ne îa\ie aucune faute de propos délibéré, et faire toutes ses actions le mieux qu'on pourra et .•I T'^ixtérieur et dans l'intérieur, et renouveler de temps en temps l'ardeur et l'intention <ivec laquelle on les doit accomf)lir, surtout lorsqu'on commence 5 sentir quelque refroidi^Tseuient, de peur qu'après avoir beaucoup travaillé l'on n'entende à l'heure de la mort cette terrible parole : Non invcnio opéra tua picna coram JJeomeo. {Apoc. m, 2 j
Pour acquérir celte vertu, il faut adorer
souvent les dispositions de l'âme de Jésus- Christ, avec lesquelles il accomplissait toutes ses actions dont il est dit : Bene omniafecit. (Marc. VII, 37.) Meus cibus est ut faciam valuntatem ejus qui misil me utperficiam opus ejus. [Joan. iv, 34-.) Il faut même entrer dans les dispositions du cœur de Marie, jeter les >eux sur les exemples des saints, et surtout des apôtres dont nous sommes les successeurs, et de nos premiers pères qui ont possédé éminemment l'esprit de notre congrégation.
2° Considérer la grandeur, la sainteté, la majesté et les autres perfections de Dieu qui demanderaient de nous un amour infini.
Penser aussi aux grâces surabondantes que nous avons reçues dans l'Oratoire, qui exigent une grande fidélité, de peur que notre ingratitude n'oblige Dieu à nous rejeter et à donner notre place à un autre qui lui sera plus fidèle.
3° Faire attention à la brièveté de la vie après laquelle il n'y aura plus de temps pour faire le bien, et se représenter souvent ce que l'on voudrait avoir fait en ce moment terrible de la mort.
Enfin souvenons-nous que Dieu ne nous a appelé à la congrégation, ofi nous sommes délivrés des tentations, des occasions, des embarras du monde, oiï les miséricordes du Seigneur nous environnentde toutes parts, et oij nous recevons tant de secours, Dieu ne nous a, dis-je, appelés que pour nous faire travailler avec plus de zèle et de ferveur à notre sanctification. Ainsi soit-il.