‹ Œuvres complètesChapitre 59 sur 540 · MO · texte numérisé non relu

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t^ies. C'csl doud'œuvro do la Tiiiiili^ saiiilo do revôlir do iiolro iiniiiro le Vcrhc incréé, de IVuro (|ii(' K' KiN de Dieu suit l'ils do riioniino, do fnriiior Jésus en In \'iorgo ol de la icndic Mrrc do l)ipu. Ce n'osl pas sitn;ilonionl i'(oiivto, c'osl l'œuvre dos œuvres do la Trinilô sainte. C'est Tcouvro do sa puissance, do sa sau:osse, do son amour. C'est l'iiîuvro de ses nierveillos et do ses miséricordes sur la lerro. Il on a élo disi-oiini ailleurs (-iV). Nous n'avons ii i t]nh romaripicr comme silj*)t que !a Tri n i té sa inltNi achevé son œuvre dedans la Niorgc, Jt'sus rommencc le sien: il commence h traiter avec Dieu son l'érc, h opérer notre salut, à ouhlier ses grandeurs, h épouser uru- c(Midilion mortelle et servile, ù prendre la (jualilé d'Iiostio, h se consacrer et destiner h la croix et h la mort, 5 remjdir et sanctilier le sein do la ^■icri^c de ses opérations saintes, h vouloir porter les abaissenients de notre nature en elle, h vouloir ôlre neuf mois en son ventre comme les autres enfants, h réparer les ruines de notre entrée pitoyable au monde en qualité de pécheurs, par son entrée divine en qualité d'flomme-Dieu, et à sanctifier notre enfance par soti enfance déi(iée,et tous les étals de notre nature, [)ar tous les degrés oi!i il a daigne [)asser dans le cours de sa vie voyagoie sur la terre.

Que dirons-nous ? Que ferons-nous en la vue de choses si grandes? Adorons, admirons, et ravis on la profondiié du conseil de Dieu sur nous, disons on nous- mômes en remontant jusqu'à la source de notre salut: C'est ainsi q^ue Dieu veille sur les enfants des hommes; c est ainsi qu'il préjiare les voies de leur salut ; c'est ainsi qu'il em[iloie non-seulement ses anges et ses prophètes, mais son Fils même à cet effet; c'est ainsi qu'il l'envoie du ciel en terre, pour opérer lui-môme notre sanctitication, et l'opérer en sa propre personne ; c'est ainsi que le Fils de Dieu, par le vouloir et l'envoi du Pèie, devient Fils de l'homme. C'est ainsi que celui qui est [iar-dessus toute créature, commence à être et h vivre entre les créatures , c'est ainsi qu'il fait son entrée au monde, pour sanctifier lo monde ; c'est ainsi qu'il emploie sa vie nouvelle et qu'il ravit les anges, qu'il étonne le ciel, qu'il opère en sa sainte Mère, qu'il sauve les homuies, qu'il sanctifie la terre. Ces pensées sont si douces qu'on n'en peut sortir. Faisons nouvelle réllexion sur choses si grandes et propres h nous. Qu'y a t-il de plus grand, de plus digne, de plus saint, que le procédé de la divine Providence en l'œuvre du salut du monde? N'est-il pas iligne de sa bonté, de ne pas abandonner son ouvrage et de sauver Ihomnje, l'homme, dis-jo, qu'il avait formé de ses propres mains? et Dieu voulant réformer cet ouvrage de ses mains, n'estce |ias chose digne de sa sapicnce, de le réformer lui-même comme il l'avait luimême formé, afin que nos devoirs ne fus-

sent poirU divisés el que nos cœurs fussent réunis en un même t'réateur ci Sauveur? Fn ce grand conseil et dessoin qu'y a-l-il de mieux ordonné (pio la conduite de hx^Hpienie itK rééc voulant ^'incarner en l'ujiivers? ?i Dieu voulait venir au monde, îiô^^ ilevâîl-îî pas être ainsi déliré, alteiidii, espéré? no devait-il pas être ainsi prédit, figuré, annoncé? no devait-il pas avoir iifj pouj-loet une religion propre rjui lui servit, et des sujits jioiir le recevoir, et des hérauts pour l'aiHioncer au inonde? si Dieu (pii a créé riiomme h son image et ressoii)blance veut so rendre semblable h son ouvrage et se faire homme entie les honnucs, le secret de celle giflce, do cet amour, de 00 mystère, ne devait-il pas être ainsi tcuilé entre un ange et une Vierge, et avec des paroles si grandes, si augu.slcîs, si célestes? S'il voulait être Fils de l'homme entre les hommes, j)ouvait-il être plus dignement conçu (jue d'une Vierge, et d'une telle A'icrge, et dans les disi)Ositions si saintes el si vénérables, et des pensées si éloignées lie rimj)ureté de la terre, si approchantes de la sainteté du ciel, c'est-à-dire en une pureté virginale, en une humilité si profonde, en une élévation si haute, en un cœur si céleste en un esprit si divin? Certes si Dieu devait être homme, c'est ainsi qu'il devait prendre chair humaine.

Et puisqu'il voulait être enfant en la terre pour consacrer et sanctifier rcnfunce des hommes contaminée par le [)éché originel (comme nous dirons ci-ai)rè>), celte enfance J)Ouvait-elie être mieux relevée que d'une conception virginale, d'une naissance miraculeuse, d'une lumière de gloire avant la lumière du monde, d'une puissance divine dans rim[)uissance de l'enfance, et d'un usage de vie sainte et fiarfaiie avec Dieu son Père et avec la Vierge sa Mère, prévenant l'usage des sens et la force de la nature? C'est ce que nous avons ampleuient discouru ci-devant.

Nous n'avons plus qu'à ajouter, que puisque le Verbe incarné vient et commence de la sorte son entrée au monde, et que dès lors il prend sacpjalité d'hostie et d'agneau, et l'exerce i our notre salut; puisqu'il ne tarde pas un moment à s'offrir ci consacrer à la croix et à la mort; puisqu'il pense à nous et qu'il parle de nous à Dieu son Père, avant môme que de pouvoir parler au monde, et puisqu'il nous grave ain>i en sou cœur et en son esprit. Pensons à lui, parlons de lui, et lui offrons nos cœurs et nos vœux dès l'heure même que nous le voyons ainsi vivant et opérant [)Our nous, sans tarder davantage». C'est ici le premier pas du Fils de Dieu venant à nous : c'est le premier moment de sa vie singulière; c'est le prenner usage de son âme et le premier exercice de son état ; c'est le premier mouvement-de son cœur divin. C'est un moment, c'est un pas, c'est un mouvement assez avantageux ['Our nous, et assez signalé pour ti-

{;^\) Fil In prcniiciP |i.Mli» du livre di s Gmiidcurit de Jdfna.

rer nos espri's au Fils de Dieu qui vient à nous à la Trinité sainte qui nous l'envoie, et à la Vierge qui en est la Mère.

Allons donc en ce lieu doux et fleuri de Nazareth; et tleuri maintenant s'il le fut jamais. C'est le lieu le plus remarquable eu la terre et en la vie de Jlsus, |)uisqu'il donne commencement à lEternel, vie <i Jésus et salut au moiide. En ce saint lieu de Nazareth nous y trouverons Jésus nouvellement formé ; Ta Trinité sainte uniquement occupée h former Jésus, et Ja Vierge sainte l'aile Mère de Dieu par l'opération de la Trinité sainte : ce sont les trois ol)jets enclos et opérant en cette sainte cellule; c'est la nouvelle Trinité de Nazareth. Les anges et

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celui môme de ce divin message en sofit séparés, comme nous avons remarqué; et eu cette heureuse et occupée solitude de Nazareth, nous n'y trouvons que Jésus, la Trinité sainte et la Vierge. Prenons repos en Jésus, qui repose et opère en la VMerge: louons, bénissons et adorons la Trinité sainte qui l'a formé en elle, et olfrons nos vœux à celte sainte Vierge qui conçoit et porte Jésus si saintement, si divinement et si salutairement au monde. Ce sera le sujet des trois élévations suivantes, en attendant que nous suivions le Fils de Dieu pas à pas en Bethléem, en Egypte, en Judée, en Calvaire, selon le cours de ses saints mystères.

ELEVATIONS.

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