‹ Œuvres complètesChapitre 64 sur 540 · II. ÉL/iVATlON A LA TUf:S-SAINTE TKIMTÈ · texte numérisé non relu

II. ÉL/iVATlON A LA TUf:S-SAINTE TKIMTÈ

si H LE MVSTLBE DE t'iNCAnNATIOTî.

Pour afioror 1rs ;;r.'n<!pi)rs siiprc^mes <1p Jésus, cl s'oflnr à lui en IT'lal de l'Iiiinibln servilmle; pi son Hljsoliie (lt-penil;in(f f^iii ut fsl iloc eu suite de l'union inetralde de la DiMuilc avec l'humanilé.

Dieu ayant créé deux natures capables de lui, celle de l'ange et celle de l'homme, il exerce sa justice sur Cune et sa miséricorde sur l'autre. 1. — Mystère de l'Incarnation, ch( f-d'cruvre de Camour el de la puissance de Dieu. 2. — Grandeurs du mystère de l'Incarnation. 2. — Elèvement de notre nature en ce n^ystère. 2. — Ce qui est propre à la personne du Père éternel, dans les deux tnystèrrs de la Trinité et de l'Incarnation. 2. — Ce qui est propre à la personne du Fils en ces deux ynystères. 3. — L'amour de Jésus vers leshommes abaisse et crucifie un Dieu, pour élever et ylorifier l'homme et le transformer en Dieu, nonseulement par communication de qualités, mais encore par communicati ,n de substance, 3. — Ce qui est propre à la personne du Saint-Esprit en ces deux mystères. V. — Opération du Saint-Esprit dans l'Incarnation, et au regard de la Vierge, et au regard de la personne du Verbe, et an regard de son humanité, i. — Elévation à l'humanité en ^es états, d'existence en l'élre divin, de subsislcnce en la personne du Virbe, el de filialion non adoptive, mais propre et naturelle. 5. — Communication des perfections divines à une humanité ainsi existante, subsistante et virante en Dieu. 5. — Elévation à la ) ierge en ce mystère, accompagnée de plusieurs très-saintes affections, (i. — Oblation à Jésus et à son humanité dd^ée en l'humble état de servitude.1.— Exposition plus amplede cetteservitude.8, 9, 11.12, 13, li, 15, I1. — }iede la Divinité en l humanité. 9. — Dénûment de la subsistence humaine de Jésus, qui est le fondement de l'appropriation de son humanité el de toutes les facultés et usages d'ictllc II la personne du \crbe. 10, — Ce dénumenl est adorable, comme aussi tout

ŒUVRES COMPLETES DU CARDINAL DE BERULLE

ce qui est de Jcsus. 10. — Jésus est doiiblcm'ent en l\Hat et forme de serviteur : c'est à savoir et par l'abaissement de sa personne divine à une nature créée, et par son humiliation jusquau supplice servile de la croix. 12. — Souhait d union inséparable àJéstis-Christ, en l'honneur de son unité avec Dieu le Père et de son tinion indissoluble avec nous. 1G. — L'huinanité de Jésus, temple de la Divinité. IG. — Combien de choses grandes ont été opérées en cette humanité. 16. — L'humanité est sainte par la Divinité même, qui est une sainteté substantielle. 16. — La sainteté incréée et substantielle qui est en Jésus découle de lui, en lui et en nous, et sanctifie même lagrâce créée dont il est rempli. 16.

1. Trinité sainte, divine et adorable en l'unité de votre essence, en la société de vos personnes, en la fécon(iité de vos émanations; je vous loue et vous adore en la sublimité de vos grandeurs, et je m'abîme en la profondité de vos conseils, et en l'étendue de vos miséricordes. Vous avez créé deux natures capables de vous-mêmes, celle de l'ange et celle de l'homme; vous voulez oxercer votre justice sur l'une, et votre miséricorde sur l'autre. Je vous adore en ce vouloir, et vous rends grâces de ce conseil que vous avez tenu de toute éternité en 1 excès de vos misérations, conseil très-haut et très-profond, conseil très-saint et trèssacré, d'unir un jour et pour jamais la nature humaine à voire divine essence.

. 2. O Père éternel, qui produisez en vousraôme un Fils unique, égal à vous, et le produisez hors de vous-même par une seconde et nouvelle naissance, le choisissant pour unir en sa personne votre nature et la nôtre. Je vous loue et vous bénis comme Dieu et (.onmie Père, et comme Dieu et Père de C3 Fils unique Jésus-Christ Notre-Seigneur. Vous l'engendrez éternellement, etle rendez comme un autre vous-même par cette génération inelTable; et depuis le moment choisi par voire saj)ience, vous le donnez incessamment à celte humanité dérivée de la Vierge ; moment heureux do servir de commencement à ce grand œuvre, le chef-d'œuvre de votre amour et de votre puissance. O Dieu et Père tout-puissant, so.yezéternelleraent béni en ce moment, en cet œuvre et en cet amour, amour par lequel vous répandez hors de vous-même celle rosée céleste, cette substance divine, ce don précieux que reçoit le monde et la sainte Vierge, et en elle noire nature; œuvre auquel s'accomplit l'œuvre de vos œuvres, le mystère de vos mystères, le mystère de rincarnation ; moment dans lequel notre nature reçoit et a pour un jamais la personne de votre Fils unique pour sa propre personne, et par un lien si sacré, si divin, si intime, elle est conjointe h votre divinité.

3. O Fils unique de Dieu, qui donnez votre essence au Saint-Esprit, et votre personne à notre humanité, elles donnez par puissance ineirable et secrète de votre amour, que je vous loue, contemple et adore

en vous-même et en ces deux donations dilférentes ! Vous produisez éternellement le Sainl-Fs[)rit, et lui donnez celte môme essence que vous avez reçue du Père, vous créez et formez un nouvel homme |)àr un nouvel effort de votre grâce et puissance, et vous donnez vous-même à lui, unissant sa nature à votre propre [jcrsonne, et ne cessez jamais en cette union et donation divine; vous exercez ainsi dignement et divinement votre amour; Vous conspirez en unité avec le Père en ces deux grandes donations, l'une éternelle, l'autre tein|iorelle ; et vous remjilissez de l'une la plénitude des temps, et de l'autre la plénitude de l'éterniié. Béni soyez-vous en temps et en éternité. Lorsque vous parliez de vous-mêmes à vos [ilus intimes et familiers, c'est-à-dire à vos apôtres, en la dernière heure de votre vie, vous vous nommiez la vie, et aussi vous êtes la vie et principe de vie et d'amour en la très-sainte Trinité ; ce que la mort ne vous peut ôter et ravir ; mais en l'excès de votre amour vous avez encore voulu être une nouvelle vie, et un nouveau principe de vie et d'amour en votre humanité. Béni soyez-vous, en ce vouloir et cet amour, amour abaissant et élevant, amour anéantissant et déifiant, amour crucifiant et glorifiant ; car cet amour élève l'humanité et abaisse la divinité ; cet amour anéantit en certaine manière voire nature, et déifie la nôtre ; cet amour vous met en \a croix, et nous met en la gloire; et enfin cet amour nous transforme en vous, non-seulement par communication de qualités, mais encore par communication de substance.

O Fils de Dieu, je vous aime et vous adore en cet amour et en cet anéantissement, et en cette transformation puissante I

4. De vous je viens au Saint-Esprit, qui procède de vous, comme vous procédez du Père ; car en cette voie de vie et d'amour, je vais suivant l'ordre des processions divines et les sources de vie, et après le Fils je m'adresse à vous, ô fontaine de vie, ô Sain;* Esprit, esprit de vérité, de vie et d'aujour, et je vous adore en vous-même, car vous êtes Dieu en l'unité que vous avez avec le Père et le Fils. Je vous adore en votre émanation; car vous procédez d'eux, et vous êtes leur esprit, leur lien, leur amour; et je vous adore encore en ro{)ération admirable que vous faites au temps ordonné par la sapience éternelle, car c'est la plus haute et la plus sainte opération qui puisse être terminée hors de vous-même ; 0|)éralion qui environne la plus digne personne qui sera jamais après les personnes divines, c'est-àdire la {/ersonne de la Vierge; oj)érationqui l'abaisse et Félève, l'abaisse jusqu'au centre de son néant, tirant d'elle ces sacrées paroles : £cce ancilla Domini {Luc. i, 38), et l'élève jusqu'à la plus grande dignité qui sera janiais communiquée, ni à elle, ni à autre, la faisant Mère de Dieu ; opération qui pré- })are et unit notre nature à la divinité, et la j)ersonne de la Vierge, à la personne du Verbe ; opération qui accomplit rjncarnation du Verbe, et la déification de la nature hu-

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