II. KLEVATION A LA SAIME TRINITE, SI R I/INTAUNATION
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inaino, laquelle domeur.inl lnitii.iiiio dans Vélni mollit! lie colle union divine, ro'joir la grôce inriééo et iiiliiiif, dans un ôlru tiC'é, fini et senil)Ial)|i' au nAlrc.
5. El vous, ô liuniaiiilù >a( réo, rpii parrcll'' opération du Sainl-I'i>|iril ôle.s sainleiiienl dérivée de la \ ierge, cl unie iiersonricllcmenl au > erhc élernel ; je vous conleiiiple cl adore en l'élal adinirahie aut|uel vous en- Iroz ; élal d'existence en l'Olre divin, élal de subsislence en la personne du Veriie, élal (le fiiialifjn, non ndoplive, mais propre el nalurelie, el je me perds en la vue des lomniunicalions inlimi.s el scirèles des perfections (liyines, qui sont singulièrement communiquées h une nature ainsi résidente, ainsi vivante, ainsi cxislente en la divinité. G. Kt piiisipio In très-sainte 'Irinilo vous clioisit, ô sainte > ierge, cl vous associe à .soi-même en cette opération admirable, je no puis vous oublier en ce m} stère, et je ne ûois pas séparer ce que Dieu a conjoint en ce sien œuvre ; œuvre auijuel il daif^ne vous donner une part si grande el honorable, et si propre à vous seule entre loules les créatures. Je vous loue donc, et vous révère il'une vénération singulière, corresf ondante h l'excès de rcxcellence el dignité qui vous est tommunitpiée ; car vous êtes Mère de Dieu, et vous èlcs l'unifjue en cet ordre cl qualité, el c'est en vous, cl en vous seule (jue f et œuvre des œuvres est accon)pli, et celle union divine est consommée entre l'humanilé et la divinité. 11 y a de (juci se ravir en ces pensées, se perdre en la diversité de ces choses, cl s'abimer en leurs profondi tés. Les regardant je me confonds, je m'abaisse, je m'élève, je m'éjouis, je sors de moi-riiômc, el je veujx avoir |)art à la nouvelle grâce de ce nouveau mystère de l'Incarnation.
7. Kt en attendant qu'il [daise à Dieu me reniire capable de quelqu'unedes inventions saintes de son es|irit, et des Oiiéraiions de sa grâce et de son amour, en suite de ce sien mystère ; je tn'oirre et me soumet, je, me voueel me dédie à Jésus-Christ Notic- Seigneur, en état de servitude perpétuelle à lui el à son liumanité déitiéc, et à sa divinité humanisée, el ce avec résolution autant ferme, constante et inviolable qu'il m'est possible par sa grâce, et que mérite la durée el perpétuité de ce mystère stable et permanent en toute éternité.
8. Kn l'honneur donc de l'unité du Fils avec le Père et le Saint-Esprit, et de l'union de ce môme Fils avec la nature humaine (ju'il a unie et jointe à sa propre personne, j unis et lie mon être à Jésus et 5 son humanité dédiée, par le lien de servitude i)erpétuelle ; je fais cette liaison de ma part, de toute ma puissance, el le supplie de me donner plus de puissance ;>our me lier à lui d'une liaison plus grande et f>lus étroite en rhonneur des liaisons saintes el sacrées qu'il veut avoir avec nous en la terre et au ciel, en la vie de grâce et de gloire.
9. Je révère et adore la vie et Tanéantissemenl de la divinité en cette humanité, la vie, la substance et la déilication de celte
humanité en la divinité, et loules les arlions liumainement divines, et divinement humaines, (pii ont procédé de cette vie noiivelhi cl mutuelle de riloiiime-Dieii, vivant en deux essences, dont l'une est étemolleel l'autre teinpondle, l'une est divine, et l'autre hiiiiiaine ; vie grande, hante et profonde de riloiiime-Dieii et d(! Dieu-Homme; vie rare, cl admirable, mais cachée en sa sublimité ; vie inc(jnnue même aux anges el ii toute la nature créée hors la manifestation de la gloire; vie cachée, dis-je, el in<onniicde la divinité en cette hiimaniié, el de l'humanité en la divinité. En riiommage de ceilo double vie cl essence, je lui dédie el con>acre ma vie el mes actions de nature el do grâce, et lui consacre en qualité de vie et actions d'un sien esclave pour jamais.
10. Je révère le dénùment que l'humanité de Jé>us a de subsislence pro|»rc et ordinaire, pour être revêtue d'une autre subsislence que nous pouvons dire étrangère et cxlraoruinaire à sa nature; d'où vient que sa vie el son état, ses mouvements et ses actions ne sont plus d'elle, ni à elle, à projirenienl parler, mais sont de celui qui la soutient ainsi dénuée de sa propre subsislence. En l'honneur de celle (irivalion que cette humanité a d'une chose si intime cl si conjointe à sa nature, et de la dépendance nouvelle et absolue (ju'elle a d'une jiersonno divine, je renonce à toute la puissance, autorité ei liberté que j'ai de disjioser de moi, de mon être, de toutes les conditions, circonstances et ap|iartenances d'icelui, et dn toutes mes actions, pour m'en démettre entièrement entre les mains de Jésus et de sou humanité saciée, à son honneur el gloire, [tour l'accomiilissemenl de tous ses vouloirs et pouvoirs sur moi.
11. Je vous fais, ô Jésus, et à votre humanité dédiée, une oblalion el donation entière, absolue et irrévocable de tout ce que je suis par vous en l'être et en l'ordre da nature et de grâce, de tout ce qui er. dépend, de toutes les actions naturelles et bonnes que j'o[)érerai à jamais, me référant tout, c'cst-à-dirc tout ce qui est en moi, et tout ce que je puis référer à l'hommage et honneur de votre humanité sacrée, laquelle je prends et regarde désormais comme l'objet auquel après Dieu, je fais relation démon âme et de ma vie intérieure et extérieure, et généralement de tout ce qui est mien.
12. O grand et admirable Jésus, nonobtantvos grandeurs, je vous vois en l'état et en la forme de serviteur, et je vois que vous avez pris celle forme et cet élal en deux manières, l'une en prenant noire naiuro humaine par le mystère de rincarnation, et abaissant en icelui l'être inlini et suprême de votre divinité jusqu'au néant de notre nature ; l'autre en prenant la condition abjecte de votre vie mortelle, intirme et misérable sur la terre, et abaissant celte même huma- 'niié, qui est unie au Verbe, dans 1 état et mystère de votre vie mortelle, voyagère, inconnue et soutl'rante, car celte humanité ainsi élevée dans le trône et l'étal d'unu
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ŒUVRES COMPLETES DC CARDINAL DE BERLLLE
personne divine, ne devait êlre en aucun autre état que de gloire et de splendeur, et splendeur digne de la divinité, à laquelle elle est inséparablement unie ; et toutefois, ô amour, ô bonté, vous l'abaissez [)Our moi jusqu'à un étal et forme de vie humble et servante à vos créatures, et enfin jusqu'à l'opprobre et au supplice cruel et servilede la croix.
13. En l'honneur donc de ce double état et forme de serviteur auquel il vous a plu réduire votre grandeur suiirême, je ra'olfre et me présente à vous, ù Jésus, je me rends à perpétuité votre esclave et de votre humanité adorable, je me rends l'esclave de votre amour, l'esclave de vos grandeurs, et l'esclave de vos abaissements. Je prends oette qualité, etje la rends universelle et assujettissante tout ce qui est en moi, car je veux que tout ce que je suis, je veux que ma vie de nature et de grâce, toutes mes actions soient à vous et à votre humanité sacrée, comme chose qui lui appartient en une nouvelle manière, par celte qualité et condition de servitude envers elle que je lui offre présentement , etje requiers que ma vie, mon état et mon âme, porte une marque particulière de cette appartenance, dépendance et servitude, au regard de vous et de votre humanité ainsi déifiée etainsi humiliée tout enseuiblo.
li. Que si je connaissais un état et rapport de moi vers vous plus déjiendant de vous, et une relation plus humble et plus étroite que celle d'esclavage et servitude, je la rechercherais ]iour me référer à vous comme chose due, tant à la grandeur de l'état auquel votre humanité est élevée par l'union Inpcslatique, comme encore à l'excès de son amour et de l'abaissement volontaire auquel elle s'est humiliée et anéantie pour mon salut et pour ma gloire.
15. Mais, hélas ! que ferai-je? vos grandeurs sont permanentes, nos devoirs sont perpétuels, et j'arrive tard à ces lumières, et encore sont-elles passagères et nos esprits se laissent aisément divertir de choses si grandes, si dignes et si justes, je me veux affermir en ces vérités et en ces volontés, je veux réparer le temps passé, je veux me rendre vôtre pour tout le temi)S auquel je vous ai peu connu et peu servi; je veux vous donner jjour jamais tout ce que je suis, et tout ce que je puis ; je veux que tout ce qui est en moi vous regarde et vous serve uniquement et paifyitement ; je veux n'avoir autre conduite, mouvement et sentiment que [)ar vous et pour vous, etje veux qu'en vertu de la pensée, intention et oblalion])résenle, chaque moment de ma vie et chacune de ces actions vous api)artienuent, ô Jésus, et à votre humanité sacrée, comme si je les vous offrais toutes en parliculierj
16. 0 Fils unique de Dieu, le lien que vous avez avec nous est indissoluble, et la mort(pje vous avez soufferte, l'enfer où vous avez été, les péchés des hommes que. vous avez portés ne l'ont pu rompre, je voudrais aussi avoir avec vous un lien indissoluble,
ô Jésus mon Seigneur; vous pouvez me faire celle grâce, et pour m'y disf)Oserde ma part, ie vous adore en l'unité que vous avez avec le Père, unité qui vous rend inséparable d'avec lui. Je vous adore en l'union que vous avez voulu avoir avec nous, union si forte que rien ne peut la dissoudre, union si intime qu'elle ne peut plus être àutrinsèque et immédiate, puisqu'elle pénètre jusqu'au fond de l'être humain ; en l'honneur et en l'efTicace de celte union je vous ollrece mien désir d'être uni à vous })our jamais, et je rends irrévocable, autant qu'il m'est possible, cette mienne oblation, donation et servitude envers vous et envers votre humanité, comme sainte et sacrée par votre divinité môme, qui est substantiellement et personnellement résidente en elle. 0 humanité sainte, vous êtes le temple de la divinité, et c'est ainsi que vous appelle celui qui vous a choisie pour soi et unieàsoi, et qui aies [)aroles de vie, car il disait aux Juifs : Solvile tcmplum hoc, et in tribus diebus reœdificabo illud. Et ces esprits grossiers et matériels appliquaient ces propos à leur temple et à leurs pierres; mais ô Jésus, selon volreapôtre, vous pai'liez d'un autre temple, du temple de votre corps, temple premier, singulier, tout particulier de la divinité, qui a voulu choisir ce corps et cette humanité pour triompher en elle et par elle, et se rendre visible en ses grandeurs au milieu de la terre. La divinité donc repose en vous, ô humanité sacrée comme en son temple ; tem- ])le vivant et animé, temple consacré j)ar l'onction de la divinité même qui est présente, subsistante et vivante en vous, pour y prendre son repos, pour y être reconnue et adorée et pour y opérer des actions divines et adorables , et elle repose en celle humanité plus saintement, plus divinement et plus admirablement que dans l'ordre et l'état même de la gloire, et elle y opère choses plus hautes et plus grandes que dans le ciel, |)uisque nous voyons que dans elle et ])arelle. Dieu est homme et l'homme est Dieu, Dieu est naissant et mourant, Dieu est vivant et souffrant, et l'Homme-Dieu est satisfaisant en termes de justice à la justice divine ; chose qui surpasse tout l'état présent et possible de la grâce et de la gloire. Aussi je vous révère et adore, ô humanité sacrée, connue la chose la j)lus sainte api-ès Dieu, que Dieu môme trouve dans les trésors de sa sapience et dans les abîmes inépuisables de son absolue puissance; car encore que vous soyez semblable à nous en la grâce, et la grâce et sainteté qui vous convient, n'est pas celle qui convient aux anges et aux hommes, laquelle encore qu'elle fût mulli[)liéc infiniment, n'arriverait jamais à l'ombre de votre sainteté cl en serait toujours inliniment distante; mais vous êtes sainte d'une sainteté incomparablement plus haute, d'une sainteté propre à vous, d'une sainteté adorable, d'une sainteté émanée de l'essence et personne divine comme de son acte et de sa forme propre, et je vous considère et adore comme sainte, et non par au-
III, i:u;v\TioN A lutu kn i/iion.nklii lu-; i.\ saimk viKiuii;.
(•une forme dn sninlclé «idjoinlo ot nnciilcnli'llo, mais par la divimlé ii)<^mo rpii vous rond sni 11 lod'uiie s/1 inlot(^siilisl;mli('!lo, d'une .sfliiih'té iri(r(''c'o, d'une sniiilclt'' primilivo cl rndiffllc, d'une snir.tclù conslilunnl l'ftrdro cl l'éUiUidinirnlilc? do l'union liv|)r>Nt.iti(|U(' et d'une sainteté snnclili.i.itnii^me la grAre (|iii est en vous et ipii découle de vous en vous, c-l de vous en nous saj^r.lco créée (|ui est en vous el (|ui orne voire essence créée et vos puissances, vous trouve sainte et no vous lait pas sainl(^ comme nous, mais elli' reçoit elle-même, on vous et par vous, un étal et manière de sainlolé qu'elle n'a pas en elle, el (ju'elle ne peut avoir (pi'en vous, ce (pii l'élève, lonnohlil, el la rend ca|ial)lo de choses plus grandes (pi'elle ne |ieul en ellemême. (> sainteté lie Jésus ! ô sainteté nonvellel Ci sainteté adnnraldel ô sainteté singuiièr»' ! A sainteté source de loulo sainteté I ô sainleté s.'inclidant et déifiant la gr.lce même (jui sanctdie toutes choses ! () gran- <leur de Jésus el de rhumanilé de Jésus, eucomme tout esl Dieuen Dieu ; toutest saint, lout est grand en Jésus, et son humanité demeurant humaine est rendue divine, entant qu'elle est élevée dans le trône môme de la «iivinilé par l'union personnelle, union si haute et si particulière, qu'elle est inconnue môme en son être [lossible à toute la lumière et intelligence de la nature créée.
17. Que ferai -je en la vue de choses si liautes et si grandes ? il faut que je m'ahime en cet océan, tiue je me perde en ces grandeurs; je veux les recueillir toutes, et je veux révérer toutes les excellences révélées et non révélées, qui suivent et accompagnent un état si haut etsi élevé comme celui de l'union personnelle de celte nature créée au \crbe incréé. Je m'élève et m'uni^à cette nature, el par elleauX erhe éternel, et par le Verbe au Père qui l'a engendré et qui nous l'a donné; je me rends souveraineté suprême et incommunicable à l'ordre des créatures, que cette nature possède jiar son étal de filiation divine; je me soumets au |)Ouvoir que cet éiat admirable lui donne sur toutes choses créées, je me dédie et consacre tout à cetic humanité déitiée, je me livre à sa [)uissance, h sa conduite et à son amour, el je veux qu'elle ait une puissance spéciale sur mon ûme el mon éial, sur ma vie et mes actions, comme sur une chose qui lui api»atlienl par un droit n')uveau et particulier, en vertu de la résolution présente (]ue je lui offre, de dépendre de ses grandeurs et nommément de l'état de llliaiion et souveraineté auquel elle est élevée.
Voilà ce que je puis, ô Jésus mon Seigneur; mais cela ne suflil pas à mon devoir, ni à luon désir, ma puissance esl trop [letite j*our remplir la ca[)acilé de mon ûme qui a regirdet raf)porl à vous, et veut être reinj)lieel activée de volrç{)uissance et non de la sienne, car vous pouvez sur moi ce que je ne puis pas moi-même..
O âme sainte et déifiée de Jésus, agissez en mon âme et daignez [^rendre [)ar vousmême la puissance sur moi que je ne vous
OtLVRES COMPL. DE BÉRLLLE.
puis donner, el me rendez votre esclave en l.i manière <|ue je ne cfinnais point et qu(î vous connaissez, el me faites être à vous et vous servir, noii-seulemenl par mes actions, mais encore par l'état el ( ondition de mon être et de ma vie intérieure et exlérieure, et je vous supplie de me tenir et traiter en la terre comme votre esclave, qui s'abandonne tr)ut à tous vos vouloirs, r|iii se livre h vos pouvoirs et à tous les eiïets de roiro grandeur et souveraineté sur les choses qui vous appartiennent.
lA vous, A \ lerge et Mère de Jésus, jo vous siiitplie de me tenir et me considérer détonnais coiiimeosclave devotreFils, et <mi celle qu.ilile m'obliriir part à ses voies et miséricordes éternelles.