RÉCIT DES PERSÉCUTIONS QU'ILS ONT EXCITÉES
I) II, III, IV, V, V^I. Jîaisons poï(r lesquelles Vauteur a dressé ce Mémorial de dévotion, contenant une obhaion ou vœu à Jésus et à sa très-sainte Mère. — Voblifjation de ce vœu étant limitée à n'en faire jainais de révocation ni de désaveu, les consciences nen peuvent être inquiétées ni en scrupule. Moins encore si on ajoute, selon l'intention de son
rends Pères Jésuites.— \ll\. Les auteurs de l'orage, voulant faire censurer ce formulaire de piété, le firent approuver. — IX, Comyne Vauteur est employé dans les affaires et les mouvements de l'Etat, et a travaillé à faire la paix, on lui suscite une rude guerre. — X. M. Vévêquc d'Aire , à présent de Lisicux, s' étant trouvé en Vasseyi^blée où on voulait faire condamner cette dévotion dont il n'avait jam.ais entendu parler , il parla si puissamment, qu'il ramena une partie des contredisants. — XI, XII, XllI. Continuation de l'orage. — XIV. L'auteur se console par semblables persécutions arrivées à saint Augustin dans le temps qu'il était occupée ruiner l'hérésie. — XV, XVI. Poursuite de cette histoire. Epître de monsieur de Lisieux à Monseigneur le cardinal Bentivoglio. — XVW , XVIlï, XIX. Réponse modeste et efficace à un insigne calomniateur. Usage du texte saint Jude parlant de saint Michel et de sa rencontre avec le malin esprit. Louange de saint Michel. — XX. Ombre de Dieu respectée par les anciens, jusque dans tes fausses déités. Ces paroles, diis non detrahes, s entendent même des faux dieux. Grande modération de saint Paul en ce sujet. — XXI. Ample réfutation de l'ignorance prodigieuse d\in docteur anonyme , prétendant que c'est erreur de dire que l'humanité est unie à la divinité. — XXII. Défense également modeste et puissante contre un libelle rempli d'injures. Remontrances à son auteur inconnu, et à ceux qui l'avaient semé avec trop de soin. — XXIII. Ce formulaire de dévotion ne portait point de vœu ; mais quand il en porterait «n, ce ne serait pas vœu de religion, étant un vœu particulier. — XXIV. Cette dévotion est un vœu essentiel à la religion chrétienne. Nous sommes liés à Jésus-Christ, comme vassaux au Souverain, comme captifs au Rédempteur, et comme membres au chef. — XXV. Cet écrit n'enclôt ni n'exclut le vœu , et cette sorte d'obligation lui est indifférente. Cette dévotion n'est autre chose qu'une reconnaissance de l'obligation et servitude dans laquelle nous sommes entrés des le baptême. — XXVI. Cette dévotion va honorant la liaison du Fils de Dieu avec nous par son incarnation : et l'état de servitude oit il est entré vers Dieu , et même vers nous, pour l'amour de nous. — XXVII. Trois lumières en l'état de Jésus , la lumière de la foi qui conduit le salut; la lumière de la piété qui conduit la perfection; la gloire qui conduit la béatitude. Différences et propriétés de ces trois lumières. Toutes trois nous mettent en la servitude de Jésus-Christ. La première commence, la seconde avance, et la troisième en consomme l'état. — XXVIII. Cette servitude, qui est compatible avec fétat de la Mère de Dieu en la Vierge, et la filiation naturelle en Jésus, l'est beaucoup avec la filiation adoptive dans les Chrétiens. — XXIX. L'état de cette servitude ne requiert pas tant nouvelles actions, que nouvel esprit en l'intérieur. — XXX. La filiation établit la servilude, tant s'en faut que ce soient choses opposées. — XXXI. La lumière de la foi excite les hérésies; et la lumière de la piété, les dissensions, et il ne faut pas s'étonner si cette dévotion a tant été traversée. Conclusion du narré par une prière que l'auteur fait à Dieu, qu'il donne son esprit de paix à tous ses adversaires.
î. Toucné de ces pensées, ravi de ces pli pour nous au milieu de nous, je dresgrandeurs en la vue de cet œuvre excellent sai , il 3- a dix ou douze ans , un petit Méct mystère ineffable de l'Incarnation, accom- morial de certains points uour s'offrir à Jé-
(27) Il s'agit ici des deux élévalions qui susci- laissons au pieux fondateur de l'Oratoire le soin
irrentlant de troubles parmi les Carmélites de d'exposer lui-même l'hisloire de cette persécution,
France et tant de déboire à l'auteur. Ce serait peut- et nous renvoyons, pour les détails de cette affaire,
cire ICI l'occasion de raconter avec quelle patience à sa Vie, par llaberl de Ccrisy, livre n , et à celle
et quelle bumililé l'auteur souffrait la persécution pur TabarauJ, lome I", p. 93. Qu'il nous swl-
injusie qui s'était soulevée contre lui ; mais nous fisc de dire que ce n'est qu'après un silence de di.s
vmax A jLst's kt a mauii:. - rKUstciTioNs ytiLs ont excitles.
mis, cl pour honorer co sacré nivslt'^rc , le »iivsU>ro (lo son ('li\l cl de ses ^rniideius , le inVsl^re roii(lainei;tnl de lous les anlrcs t'I.ils et lllysl^^('s, le leiilio el In eircoiiréreiice do sa Lçloire, l'origine et la haso de ses inorvcilles; croyant (|iio tous les lionimcs devaient cet lioinniai^e h rHoniine-Dien , et ttMites les œuvres îles lioniines cet liotnnia^^o à l'cuiivro des œuvres de Dieu, et (}ue le Chrélien, apr^s avoir adoré la très-sainto Trinité en elle inAine, la d*'vail adorer con»ine voulant, comme ordonnant cl coinnio opérant tel u'uvio uniijue et singulier, la merveille dosa grainleur et do sa [luissam-o, et le chef-d'œuvre do >on amour envers les hiunnv^s.
II. (](^ Mémorial fut dressé sa:is de.s«eiii ni d'être imprimé ni d'élro divulgué, et n'a jamais élé connuuniqué qu'à hien peu do |»ersonnes désireu>es et capaMes de s'en servir. Kl aussi , depuis tant d'années, le monde n'en avait eu aucune i onnaissance : voue mémo ceux qui m'a|iprochciil lo plus, et qui mlionorciit do leur conversation particulière, n'en avaient jamais ouï parler. (.)uelque>;biies choisies, appelées à perfeclion plus grande, fidèles à Uieu, lumineuses en ses voies el en ses mvslères, l'onC eu, et à leur avis en Oiil lire prolil ; el mon devoir m'obligeanl à les servir dans les exercices de piété, j'ai cru ne devoir pas le leur refuser, comme étant une élévation qui regarde Jésus el son sacré my.slère, qui honore Jé>us, l'arce qu'il est le Fils de Diou , el la sainte \ierge, parce qu'elle est sa Mère, et qui, lionoranl ainsi Dieu en son Fils, le Fils en sa Mère, honore conjointement le Fils et la Mère en leurs sacrés mystères, et pose pour fondement celui duquel l'AiJÔlre dit : que nul ne peut poser autre fondement que celui lequel a élé posé [lar le Père éternel , c'est-à-dire Jésus Christ Nolre-Seigncur, le Fils uni(iue du Père.(/(7or.iii,ll.)Car comme Jésus esl lo fond et la fin de la religion chrétienne, il est aussi le fond cl la lin de la i'iélé el peifoclion chrétienne.
III. Dressant ce mémorial, je le communiquai au révérend P. Colton et au révérend P. Soutl'ran, personnes assez connues el assez recommandables en France, et pour leur doctrine et pour leur piété signalée; cl ils l'approuvèrent tous deux en jtlus forts termes que je no voudrais ici rap|)orter : l'un d'enire eux daigna môme le copier de sa main, et, voyant du depuiscos orages, m'écrivit comme il s'en étonnait hien fort , et liu'à son avis on ne le jiouvait impugner sans impiété, ou sans un grand défaut de connaissance. Ce que je dis, non tant jKJur élever cei écrit, que [tour témoigner que ces jiersonnes [tuhliques , assez [)énélrantes el jllum'uées dans les points de la foi et de la
1»iéié, en un temps de calme et de tranquililé , n'y trouvaient point les périls, les erreurs et les hérésies, que quehpies esprits beaucoup moins clairvoyants el moins au-
ans, et codant, pour ainsi dire :iii\ pressantes soUicilalions tic Ses amis, qui lui iep;oe!iaicr.l son si- Itnce vomme une f.iule, <|ti'jl s-; doci.ia à publier sa
torisés qu'eux , moins informés el [)Ius intéressés rpi'eux , ont voulu feimlre y trouver dans les orages passé»», par dessein ol intérôls as.se/ connus au monde. Ainsi, dans les corps céle>ies', les esprits cl les yeux plus aigus et pénélranls voient cl savent être lumière, ce (juc le vulgaire ignorant croit être des lâches et des macules, non par le défaut de ces corps lumineux, mais |iar le tléfaut des yeux el des lunettes de «eux qui les conlenqilenl.
JV. Ce .Mémorial,ainsi dressé, ainsinp|trouvé, el ainsi loultdois rarement communitjué, n'a même, pour l'ordinaire, étéco/nmuniqué (pi'en foriue d'ohialion simple, el non jias en forme do >œu. Ml la |ilupart do ceux (jui l'avaient vu ne l'avaient vu qu'en cette fagon avant les imprimés dilfamaloires. Quelques ûiiies, désireuses cl accoutumées do servir Dieu en l'élal el en la forme de vœu , l'ont voulu, et l'ont eu en cette forme ; et encore il ne leur a élé donné qu'avec cet avis précédent, et celle précaution, à mon avis, suftisanle, de n'avf)ir iiileiilion de s'obliger (ju'à ce seul point : I)c ne point (L'saioucr par acte formel cet hommmje d servitude : et c'est 1 ouripioi col article a élé inséré en ce Mémorial. Ft il est évident que ccl article eût élé du tout impertinent eu celle élévation, sans ce dessein de restreindre leur obligation ù ce seul point, et de marquer celte intention expresse : de laquelle, pour s'assurer davantage, quelques-unes marquaient dans leur mémo papier, comme elles faisaient ce vœu selon l'intention qui leur avait élé i)rofiosée, a(in (]ue le môme paj^ier qui porterait le sujet de leur doute portât en celle parole \a résolution et l'éclaircissement de leur doute, et que les esiirits pointilleux qui, par subtilité plus que par so-. lidilé, glissent quelquefois dans les âmes des doutes importunes et conleniieuses , lelissent sans ellet, comme ils le font sans aucun fondement. Fl toutefois celle parole a été prise à conlre-sens par quelques-uns, et par faute de science ou de conscience, on a voulu trouver achoppement à celle même parole, qui était ia précaution, le correctif et l'anlidoie, pour empêcher qu'on ne jiùt abuser de ce papier à des sens ou intentions égarées. Mais ceux qui n'ont les yeux ouverts que par l'esprit de division et d'émulation s'aveuglent bien aisément ; et il n'y a rien de si clair et si réglé, qui ne serve d'achoppement à ceux qui se cherchent eux-mêmes, el non pas Dieu, qui est le vrai guide el la vraie lumière.
V. Ce mémorial, ainsi dressé, ainsi corn-. muniqué, ainsi exj>osé, ne reçoit point de dillitulié dans les esprits tranquilles, sincères cl rai.sonnables. C'e^t un écrit particulier, dressé ()ar des pensées et intentions j)arliculières , dressé môme avec avis non nécessaire de personnes approuvées en .eur doctrine el piété. C'esiun écrit communiqué non indilféremment , non communément,
jnslilicalion el le inai^nilique ouvrage sur Lélol et les ijrundfurs de J<'>((,>, en réponse aux atcnsalions (te ocs Cîin'.uiis.
<ffiUVRES COMPLETES DU CARDINAL DE BERULLE.
niais rarement, mais à des âmes choisies et jugées au|iaravanl; et si quelques âmes recluses }' ont eu part, comme il y en a en ce sexe de diverses statures selon le corps, il y en a aussi de différentes capacités selon l'esprit. Et entre les âmes simples, il y en a qui, n'ayant pas la lumière des termes, ont la lumière des choses, et sont capables d'en faire un aussi bon usage, que plusieurs qui sont plus versés dans les livres, et moins participants à la lumière de vie et piété que le Fils de Dieu promet à ceux qui le suivent. {Joan. viii.) Et les boutiques de nos libraires sont pleines de livres, exposés à tous âges et à tous sexes, qui traitent des matières plus hautes, moins nécessaires et plus exposées au péril de ceux qui en usent inditTéremment. Qu'y a-t-il donc à dire sur un écrit particulier ? sur un écrit distribué rarement et manuellement, et sur un écrit distribué avec choix et discernement? Il est évident que c'est un fait non commun, mais particulier, auquel il est permis à un chacun d'abonder eu son sens, selon l'avis et la règle de l'Apôtre , et qu'il s'agit non d'un point de science, mais d'un point de prudence, en laquelle un chacun se dispense aisément de croire avoir quelque avantage, et en laquelle, par la grâce de Dieu, nos actions publiques et particulières ne nous donnent i»as jusqu'à présent un grand blâme.
yi. Le style de ce Mémorial est rude et impoli, comme un écrit dressé sans polissiire et sans dessein d'être divulgué ; il convient et suffit à res|)rit de celui qui l'a dressé pour soi , et pour ceux auxquels il jugera à propos de le communiquer. Il est iiéanmoins lolérable, et les censeurs inconnus n'ont encore, à mon avis, rien exposé de meilleur au public en leurs libelles et avis prétendus salutaires ; et quand il leur plaira de faire mieux, nous les honorerons; ou de faire pis saqs injures, nous les tolérerons. Au fond , c'est un style conforme au style des Pères et docteurs de l'Eglise, comme savent les doctes , comme les docteurs et approbateurs le déclarent et témoignent; comme il serait aisé de le prouver, si le sujet qui est particulier, et l'opposition des contredisants y obligeait. L'étendue de ce Mémorial n'est pas l'étendue du vœu , qui ne consiste qu'en trois paroles; mais c'est l'étendue d'une oblalion et prière. C'est l'étendue d'une élévation, qui ne parle que de Jésus et de sa très-sainte iMère; c'est l'étendue de plusieurs points non d'obligation, mais de perfection, qui regardent l'honneur du Fils de Dieu et de la Vierge sacrée. Mais un prophète même nous apprend qu'il n'y a rien de si saint qui n'ait son sacrilège.
VIL En ce Mémorial de dévotion vers le Fils de Dieu et la très-sainte Vierge, à qui veut le réduire en forme de vœu, cette obligation du vœu est limitée et restreinte h un article qui la rend douce, facile et raisonnable, n'obligeant par cette intention, qu'à ne point faire d'acte formel désavouant cette servitude à laquelle nous sommes obligés
de naissance etrenaissance.il est notoire que, sans aucun vœu précédent, nul ne doit faire ce désaveu, que nul ne peut le faire sans offense, que nul ne peut être humainement et grièvement tenté contre cet article qui ne combat aucune des passions de notre nature et ne peut être violé que par une malignité diabolique. Je ne veux parler maintenant de cet ordre ancien des Servîtes, qui portent cette dénomination et qualité pour marque de leur dévotion et servitude envers la très-sainte Vierge; il mesuflit de dire qu'il y a en France et hors de France une congrégation dévote, instituée en l'honneur de la même Vierge, ap[)rouvée du Saint-Siège qui s'offre à elle en ces termes : Te in Dominam, patronani etadvocatam eligo. Si quelqu'un, voulant persévérer en cette élection, se voulait obliger par un vœu secret et particulier, à ne jamais désavouer par acte formel cette élection, serait-ce un crime contre la foi et les bonnes mœurs? Serait-ce erreur ou impiété ? Serait-ce matière de censure? Serait-ce nouveauté préjudiciable aux âmes et au public ? Serait-ce matière de scandale et d'opprobre? Serait-ce sujet digne defactums, de libelles et d'avis salutaires? Serait-ce être antipape, Genevois ou huguenot couvert? Serait-ce extravagance en la doctrine et en la piété ? N'estce pas l'intention de tous ceux qui le font, de le garder, soit qu'ils le promettent, soit qu'ils ne le promettent pas "? N'esl-ii j»as libre à un chacun de le promettre s'il lu veut, et de s'imposer à soi-même cette loi particulière ? Qu'y a-t-il de répugnant à la science, à la piété, à la prudence ? Qu'y a-t-il de dommageable à la république chrétienne ? Qu'y a-t-il de répugnant a la plus grande gloire de Dieu ? mais la passion est aveugle et ne voit pas ou ne veut pas voir ces choses. Et ceux qui sont amateurs de leurs sens et de leur intérêt particulier se forment des chimères et des monstres ; et en la terre aussi bien qu'en la mer, il y a des seiches qui troublent de leur encre les vérités lesplus claires, les plus grandes et les plus approuvées. Vm. Quelques esprits que je ne veux point nommer, nés et nourris lus uns dans l'erreur, les autres dans l'inquiétude (comme savent ceux qui sont informés de cette histoire), conduits i-ar des intentions et des procédures plus dignes d'être ensevelies que renouvelées dans la mémoire des hommes, esprits de vent et d'orage, Spirilu proce(larum{PsaL x, 7), et voulant aussi exciter orages et tempêtes, ou, comme ils disaient eux-mêmes par une licence peu évatigélique, voulant faire scandale, sollicitèrent quelques-uns par divers moyens et i>ar lettres (que j'ai même entre mes mains et ferais im[»riQ]er, si je prenais jjlaisir à imprimer des factums et des lettres) pour soustraire les paf)iers d'une personne qui avait ce Mémorial, et à ce dessein de lu faire censurer et de prendre cette censure pour fondement de l'orage et tempête qu'ils ont faite avec beaucoup de bruit el\)en de fruit. Mais par un secret jugement de Dieu, Sagillœ eorum fnclœ sunC plagœ corum. [Psal, lxi{i,
VOi:i:X A JESUS et a MAIUE. — persécutions QL ils ont EXCITEES.
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8.) ilar ils onl élové driv.'mUigo retlo <l«5volioii l'iilfi l)lrtiii.'Mil ; il cil l.i voul/iiil r.'iir(M-('nsurer, ils la lirciil n|i|>r()iiver, cl I)i(,'U (|ni par sa piovidciuc no diuiiic pas >culciiieiil : Auxiliiiin in Irihulalione [Puni, i.ix, l.'{), aiais, |iac un jtlus i^inini sc( rcl cl nue plus liante cDiiilnilc, donne, selon son l'rojilièlc, Aiisilium de trihuhitioney lirascc(Mirsde celle oppression cl liln.iilie une appiohaliori pnl)li(iue, de leur dessein préparé à condamnnlion pu))li(pic.
1\. Lors il avail pin h Dien, par le coininandenienl du roi, île in'ein(ilo}cr dans les nlJaires el les niouvenienls tie cet Klal, et Su Majesté lu'avail envové vers la leine sa mère. Durant ce temps, à mon descen, en mon idi>ence, ul occupé à bien d'antres pensées, on prépare cel ora^çe; el lor^(ple nous Iraiiions de paix pour la Franco, on so résout à nous faire la jinerre el h Home et en France, el à nous nnltïicr el accuser pour liérétifjuo, par un zèle à In vérité fort ardent, |»ar une charité fort nouvelle, et [tar une con iuilo fort réglée : Scd non dormit, nc/iuc dormitnt qui custodil Israël. {Psal. cx\, V.) Fl Dieu qui veille sur les siens tandis (ju'ils re|)0fcnt, et beaucoup [dus tandis qu'ils travaillent pour sa gloire, pour son service et pour le repos du oublie, pourvut p;ir sa providence à co desordre, et en tira un ell'et lout contraire.
X. Monseigneur de Nantes, personnage si digne (outre sa qualité), (ju'on ne le peut nomiuer sans éloge d'Iionneur ; personnage si célèbre el reconnu en son mérite, qu on ne jitîUt le rendre [dus illuslic et plus orné par aucune sorte de louange ; prélat duquel j'aurais plusieurs cijoses à dire, si sa moilestie ne m'imposait silence, el s'il avait autant defacililé à supporler ses louanges, comme il a de facilité à se rendre digne d'ô- Ire loué. Ce prélat était pour lors évêiiue d'Aire , el résidant en son évôché, il se trouva obligé par les alfairesdc son diocèse de venir en la ville oij ce dessein se tramait, et y arriva deux jours aui-aravanl ([ue ce dessein conçu el formé secrèlemenl se devait éi'lore. Lors il reluisait comme un astre brillant dans le ciel de celle province et avail ré[>andu souvent ses rayons et ses influences bénignes, fortes et puissantes sur celle ville. La présence et l'arrivée d'une telle lumière n'y })eut être inconnue, une personne si digne et si connue no peut ôlrc omise en une telle assemblée. Ainsi il y est appelé, ignorant le dessein qui élait secret enire les parties, ignorant le papier dont de sa vie il n'avait ouï parler, ignorant l'auteur du pai)icr (ju'on tenait couvert pour conduire I lus insensiblement les pensées des particuliers qui avaient à condescendre à celte condamnation. Mais Dieu élait en celle asï>endilée:X>ei/s in Synagofja deorum. [Psal. ltlxxi, 1.) Dieu y présiilail |)0ur la conduire l\ un eirol contraire à leur imenlion. Dieu ouvre el ap[ilique res[)ril de monseigneur de >anies à la lecture de ce papier; il écoule les proposants el leurs raisons à l'enconlre. Il le lire de leurs mains [tour le lire plus al-
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lenlivemenl et le- poser en toutes ses parties. Il Icgotjii) cl l'approuve ; il éidaircil les difliiullés proposées cl dissipe les nuages par ja lundèr»', el ce lorreiil d'éloquence et de science réduit messieurs les oroposanls el au silence el .*» l'impuissance de répliquer, el leurs adliérenls (|ui étaient [irésenls en relie assendjlée, soni les premiers h se rendre el h suivre l'avis cl les raisons de monseigneur l'évôtpic de Nantes. Ainsi ce|»a[)ier, par la conduite el la piovidence de Dieu, reçoit une approbation publicjue, une approbation i»/«rlanle en ce lieu clioisi el en celle assemblée préparée h le condamner aulbcnliqiiemenl.
XI. C'était assez |iour contenler des esprits humbles el modestes ; c'éiailassez pour arrôler des esprits raisonnables ; c'était assez pour faire connaître le doigt de Dieu h des esprits considérants, dociles cl pacifiques. Mais ceux qui ne se rendent pasàtant de brefs et à tant d'oracles de Sa Sainteté ; ceux (pii n'écoulent pas la voix de plusieurs cardinaux, nonces et prélats, parlant au notn et en l'autorilé de Sa Sainteté et parlant un langage uniforujc ; ceux à qui tous les arrêts qui ne prononcent pas ce qu'ils veuleni, sont subre|)lices, et tout ce qui répugne à leurs desseins est hérétique, comme étant des esprits violents, nés et nourris euxmêmes en l'erreur, ne sont pas sitôt capables de discerner les mouvements du Sainl- Ks[)rit et de se rendre 5 sa douce et suave conduite. Ils s'émeuvent, ils se cabrent, ils s'agitent davantage; ils envoient des agents, mais des agents trop reprochal)les ; ils em- |)toienl des écrivains inconnus en leurs noms, mais trop connus en leurs écrits pleins d'immoeleslieeld'insuflisance. Force libelles cl fort peu de livres; force faclums el fort [»eu de raisons ; force mouvements el fort ))eu d'ell'els ; force paroles el fort ["^u de miracles.
XII. Me sera-t-il permis d'interrompre ce narré pour adresser ma voix aux auteurs do cel orage et leurdire:Que faites-vous. Messieurs? Soyez les premiers juges de vousmêmes et ()révenez les jugements des esprits clairvoyants du luonde (jui vous regardent en leur lumière et vous jugent en leur sévérité. N'avez-vous point de meilleurs moyens pour la poursuite de vos desseins, que de vouloir m'accuser d'hérésie ? N'avez-vous poinlde meilleure preuve, pour lefaire croire (ju'un fia[>ier de dévotion envers Jésus (qui est l'objet el de la foi elde la piété des Chrétiens, et l'ennemi de toute hérésie) el enr vers la très-saiiile Vierge, qui a ruiné toutes les hérésies de la terre ? IMût à Dieu que toutes les erreurs de ce siècle fussent fondues en celle hérésie ! Plùl à Dieu que vos agents fussent coupables de semblables crimes î mais en tout cas, considérez (jue cet écrit, lequel vous proposez, est particulier et avant vous inconnu au public. S'il est mauvais, pourquoi le {>ubliez-vous ? el s'il est mauvais, que n'en avertissez-vous son auteur? ignorez-vous la loi de la correction fralcruelle ? loi prononcée par le Fils de
iŒUVUES COMPLETES DU CARDINAL DE BERLLLE.
Dieu? loi |iubliée et rapportée par ses a})ô" 1res*? Si vous l'ignorez, étes-vous Chrétiens? Si vous ne l'observez, êles-vous le sel <ît la lumière de la terre? C'est la loi de l'Evangile, c'est la règle du Fils de Dieu; c'est une règle que si vous l'ignorez, vous serez ignorés ; si vous ne la regardez, vous serez condamnés. Mais ou ces pensées n'entrent pas en leur esprit ou au moins elles ne les airêlent isas. Ils persévèrent en leurs mouvemenls, ils lont toutes sortes d'efforts à rencontre de ce j)apier, papier secret et inconnu avant eux, |)apier qui ne parle point d'eux ni de leurs .-iffaires, papier dressé avant leurs prétentions, papier qui ne parle que de Jésus et de Marie. Ils vont, ils font, ils parlent, ils courent les provinces cl les lucrs pour le faire condamner.
Taul3eae aiiimis CL'lestilnisirap.
(ViRGiL., .Eneid., i, 11.)
XIII. Ces esprits donc, ainsi émus et ainsi agités, lâchent de faire condamner à Paris ce (ju'ils n'onl [)U faire condamner ailleurs, et, frappés d'aveuglement, ne voient j)as que c'est une audace intolérable de l'entreprendre, puisque procurer la condamnation de ce pa[)ier, c'est procurer une sentence do condamnation, non plus (ionlre moi, mais conire les jirélals et docteuis qui l'ont approuvée ; qui est en des particuliers, un attentat insupportable en l'iigli.-e de Dieu. Et néanmoins ils passent outre et toujours p'or des voies illégitimes. Car sans pouvoir et procuralion d'aucun couvent, conire le pouvoir et la |)rocuralion de tous les autres, ils suppo.^enl faussement, au noni des Carmélites de France, une supplique adressée à messieurs de la Sorbonne j)0ur faire examiner et censurer ce pa|)ierdéjà ajiprouvé de plusieurs prélats et de plusieurs docteurs de la même faculté. Mais celle faculté, la première du monde, la lampe de la chrétienté, qui est comme un rayon luisant de la splendeur de Dieu en cet Etat, et la lumière de la France, ne se déçoit pas si facilement. Elle ne veut [)oint loucher à ce papier de dévotion; elle renvoie la requête et les suppliants au jugement de leurs supérieurs; et plusieurs d'entre eux, désireux de voir ce l»a[)ier en parliculier, après l'avoir vu, le louent et l'aiiprouvenl. Et par un secret jugeujent de Dieu peu de jours après, sans l'entremise d'aucun d'entre nous, les conlendants sont condamnés et censurés en leurs propositions sur une autre instance, par ce môme tribunal auquel ils s'étaient adressés pour faire censurer cet écrit : Vœ, (/ni spernis, nonne et ipse sperneris ? [Isa.