‹ Œuvres complètesChapitre 92 sur 540 · LXXXI · texte numérisé non relu

LXXXI

Je lis encore en l'Ecriture que l'apôtre saint Paul, en l'excès de son zèle, se trouvant emporté et ayant |)rononcé, contre un de la Synagogue, une simple parole et parole véritable et |)arole cjui n'est que fieur, orncnient et faveur au regard do la moindre imprimée et divulguée par ce docteur injurieux, se reprend et s'excuse aussitôt, et comme faisant satisfaction, dit au môme lieu et à l'heure même • Nescicham principem populi mei esse. [Act. xxni, 5.) Et toutefois, c'est un apôtre du Fils de Dieu qui parle; c'estàun prêtre de la Synagogue qu'il parle. Synagogue lorsdestituée de toute autorité divine, lors ennemie du Fils de Dieu et de la vérité. Et cet autour inconsidéré vomit tant de paroles outragouses, non contre un simple prêtre, mais contre un |>rince des prêtres et contre un prince de l'empire du Fils de Dieu et de son Eglise : car les évoques sont les princes de l'Etat de Jésus, Etat et empire éternel qui dompte, qui régit, qui excède tous les empires do la terre : Potestas ejus, potestas œtcrna ; regnum ejus stabit in œternum, non dissipabitur et comininuet omnia régna màndi. [Dan. VI, 26.)

XXI. Serail-il bien possible que ces oracles de la vérité ne fussent sudîsants à fermer la bouche et à ouvrir les yeux de celui qui se nomme hautement et peut-être hautainement ami» de vérité? Serait-il bien possible que ces exemples divins, ces res})ects angéliques, ces modesties apostoliques ne pussent confondre les actions déréglées de cet auteur inconnu qui ne se fait connaître qup

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iiar injures, et ne se rend insigne qu'on caloiiiiiif.s? Alnis suivoui le lit »I(î .s(»n (iMivre ; il y |>fli\'iilit-i hicnicti aussi b.iv.iril (pio iiioljc'^U^ (]«r, fljiri's ccl nnuis iJ'Hijiu'cs, njnès (X'.s excôs irini-)i('rlinoii(L's, rtjtrès s'dUc mis (Ml ni) Irùiio l'our juger cl couilaiiiniT les piélals (jui sont itv-. juges cl i.eiaiefil ses niallres enroro pour bien lougucs aimées, le premier point de la dorlnne (pi"il con- (lanine est si ésidenl, el lu picmier oracle (pi'il prononce eslsi nuloiremenl faux, que, pour procéder de cette J'açon, il laiil ftlre cxtrùme ou eu iniirudence, ou en imputienie. C'est rncur, dil-il, (jur In nature huviaine rxt unie à In divine essence. C'est dont; erreur au II. V. Un Iieome, de dire, (/ne U i'ils lie Dieu, en l' Incarnation, est descendu dn ciel, et a pris notre nature, J'unissant à sa divinité. Ur, ce sont ses paroles en un taléchi.sujfi roval. «pprouvé des lliéolo-^iens de sa infime compa;;riic, cl er» un cnléclusme ro^ai, adiesM- au roi el dressé jour le roi : el parlant, selon cet auteur ir)connu, le roi est mal catéchisé par les II H. i'I». Jésuites. C'est erreur aux \\\{. PP. Suarcz el \as(juez IcS plus (élèhies d'entre les Jésuites, de • lire le mônio en leurs écrite, elc. Suî»rez. (i/j m p.; D Th. (|. 2, a. 8j : i'ndc fit ut diviiiitas dicntur untla huinanilnti, sicul humanilas Divinitali. Nasipiez (ui m. JJ Th.) : Perspicuum est in hune vwaum locutos fuisse Patres, ideo nainfjue dixissc videntut carneni Chrisii non nudam, sed ut Deitali unitam simul adorari. \'A ailleurs {10., disp. 17, cajt. 4j : JJuinanilas instrumenlum conjunctum deilaïis, <juia dciUiti (juocjue imita est. Et selon ce nouveau docteur, les écoles sont mal instituées par 1(!S RU. PP. Jésuites. C'est erreur au R. P. Canisius de dire (lib. m De Maria Deipara Y., caj). 19) : Orthodojci diviuitatem in Christo, humanitali ita eonjunclani e.t unitam asserunt, ut sua titriqut naturœ solida ptoprietas wancat. Kl sans doute, ou ce docteur anonyme n'est pas orthodoxe, ou Lien le R. P. Canisius ne l'est pas, qui, toutefois a rendu témoignage public et solennel de sa loi et de ia doctrine contre les hérésies de ce siècle. C'est erreur aux principaux docteurs de la Faculté de Louvain, de parler de même façon en leurs œuvres.

Driedo, docteur et professeur célèbre en la sainte théologie, et disciple d'un Pape et docteur aussi de Louvain (comme il le rapporte lui-même) en son traité De captiv. et redempt.generis humani,r3\K 2 : Natura humnna in Christo dritali unitn,elc. Corpus Christi in triduo mansit divinitati unilum, etc. Ilominis forma deitali unila habel valorem, ditjnitatem , prœsidentiam, etc. Le R.P. Balduin, religieux eidocieurde l'observance, qui a enseigné vingt ans la théologie à Louvain, en son Manuel de théologie nouvellement imprimé, De Jncarnationp,]\b. xiv, c. 9: ^Eque vere dicimus naturam diï^inamcsse unitam humanœ et humanam divinœ. Le savant et pieux Ti tel man, professeur à Louvain, et mort en réputation de sainteté en l'ordre célèbre des RK. PP. Capucins, en ses contemplations,

RSIXUTIO.NS UL'ILS O.NT EXCITEES.

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fait un litre cxpri^s, couché en ces termes : (Juoinodo in Chrifto divinitn^ sit unila hnmanilati, etc. (Conlemplai. 10, lit. 5.) ICt parlant, >tdon ce nouveau ilocleiu- (pii n'a point <le nom, luniversilé de Louvain est mai ins- Iruile. (yest erreur h l'illustrissime cardirial Sarnatius, en scT .Sumnte tliéologigue, imprimée «I Uome et au \aluan, de dire : In uninne Verhi nnlurnest unila divinitati. (Vest erreui à rdlustrissime car<iinal du Perron de dire {Livre de l'Iùicharistie, p. a7j « (}ue les Pères orU accoutumé de rej résenter le corps de (^hiist par le chari'on d'Isaïe, d'autant rjue comme au charbon le bois est uni au leu, ainsi en l.i personne de Christ, le corps esl uni à la divinité. » Lt là même il traduit le passade d'un Père ancien : « Le corps (jui est uni à la divinité n'est pas une nature; mais une est la nature du corps, el autre celle de la divinité, » elc. Lt saris doute celte lumière vive el ornement rare de son siècle est en erreur , ou cet auleur inconnu est en ignorance. C'est erreur à saint Thomas ih. dire en sa Somme (m p., q. 2, art. 8), (lui est le lonsommé de son esprit el de ses labeurs, (]u\ est l'oracle el le miracle de la tiiéologie scolaslicpie : Indifferenter dicitur (juodhumana natura est unila divinœ nalnrœ , et contra. El sur le troisième des Sentences (quœs't. 2, art. 2) : Divina natura est unila Jtumanœ. Lt au môme article : Natura divina sumit humanam ad se, id est ut sibi îinialur non tamen, ut in se unio fut. Lt sur le chapitre i" de saint Jean : In Christo autem in quo hnmana natura est unila divinitati in unilale supposiii, est invcnire plénum et pcrfectam conjunclionem ad Dcum,quia talis fuit nia unio, ut omnes actus ta.n divinœ quam humanœ naturœ esscnt actus suppositi. C'est erreur à saint Jean Damascène (libr. IV De fuie orthod., c. k), de parler piour l'ordinaire ainsi, et dire ces | aroles, parlant du corps de Jésus : « C'est le corps vraiment uni à la divinité ; c'est le cor(»s pris de la sainte \ ierge , le corps qui est uni à U divinité, » etc. Lt ce grand théologien, lumière de son siècle, les œuvres duquel, comme un éclair, passent d'Orient en Occident, et sont louées, [lubliées et célébrées en ti)utes les universités , est en erreur, ou bien cet auteur obscur et inconnu en son temps, et en France, est en ignorance. C'est erreur à saint Augustin (serm. 8 De temp.) de dire : } erbum Dei ita humanilatem divinitati su<b junxit, ut eam post passionem impassibilem facial. C'est erreur à ^alIlt Léon Pape (serm. 1 in Nat. Apost. Pétri et Puuli] de dire : Verbum iqitur caro factum, ita divinam naturam naturœ univit humanœ, ut illius ad in/îma inclinatio nostra fierel ad summa pro' tectio. El en cette Epîlre célèltre d Flatien : Susccpta est a majeslale huniilitas, a virtute infirmitas, œlernilate mortuliias, etc. Et natura inviolabilis naturœ est unila passibili. C'e^t erreur au concile de Trente de dire en son catéchisme (part, i, c. 4, n. k) : Simul ac corpus formalum atque animatum est, corpori et animœ divinitus eonjuncta est.

El eu un autre lieu (part, ii, c. 4) : 7h

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(ELVRES COMPLETES DU CARDINAL DE BKRULLE.

cœlo tnla humanitas divinitnti in una personaet hypostasi conjnncta est. Et par ainsi, ou l'Eglise chrétienne est en erreur, ou bien cet auteur est si savant qu'il ne sait pas encore son catéchisme.

Si nous voulions récueillir tons les textes des docteurs qui parlent ainsi, nous ferions sur ce seul article un bien plus grand livre que tous les factums, les libelles et avis prétendus salutaires publiés sur ces sujets. Car tous parlent, prêchent et écrivent ainsi, scolatsiques, positifs, catéchistes, docteurs modernes et Pères anciens et de toutes qualités, religieux, prêtres, prélats, cardinaux, Papes. Et toutefois ce sage et savant docteur qui nous cache son nom et nous témoigne sa suffisance dès la première page de son livre, déclare et prononce hardiment et fortement que c'est une erreur, 11 est sans doute frappé d'aveuglement, et en condamnant tant de pesonnes célèbres et importantes à l'Eglise, il est plein de présomption, et doit être frappé d"anathème. Je le prononce donc contre cet auteur, et je le prononce en l'autorilé d'un Pape, qui maintient la doctrine d'un Pa[)e contre semblables esprits, et leur dit ana- Ihème, condamnant en leurs personnes cet auteur onze cents ans auparavant qu'il fût né. Cet anathèuie est célèbre, digne d'être ra()porlé, et cet auteur a besoin d'en être noté, puisqu'il se plaît à faire des foudres et des orages, et à feindre et à fondre des anaihèmes.

L'histoire donc porte que le Pape Gélase, dans un concile, prononce analhème contre ceux qui ne recevront pas Tépître de saint Léon Pape : Ad Flavianum, etc., et oblige sous peine d'anathème à la recevoir en toutes ses parties et pro|)Ositions, voire jusqu'à un iota, tant il la tient [)réeieuse, vénérable et sacrée : Sancta Romona Ecclesia, posl illas Yeteris velNovi Testament}, quasregulariter suscipimus, etiam has suscipi non prokibet Scripturas, id est sanctam sijnodmn JV7cœnam trecentorum decem et octo Palrum, elc, sanclam synodum Constantinopoli(anam, etc., sanctam synodum Ephesinam, etc., sanctam synodum Chalcedoncjisem, etc. Item epistolam B. Leonispapœ ad Flavianum Constantinopoli(anumcpiscopumdestinatam;cujustejctumsi (juispiam, usque ad unum iota disputaverit, analhemasit. [Concil. Rom. i,sub (ielas.) Or c'e^t en celte éi)ître que ce Pape éloquent et admirable, [)rodigieux en sa doctrine et en ses actions, parle comme nous avons parlé. C'est en celte épître, où il dit : Natura inviolabilis, naturœ est unita passibili. Et c'est une é[)îlre où il parle à un concile et à un concile assemblé jjour l'éclaircissement et décision du même mystère de rincarnation. C'est en une é[)îlre reçue de ce concile avec acclamation publique, comme article de foi, comme doctrine de saint Pierre et saint Paul ; €t cet auteur récent et inconnu, en censurant cette proposition en notre écrit et en la lettre de Mgr l'évêque de Nantes, il censure par même moyen ce grand Pape, et ce grand Pape parlant à un concile, et le concile en-

core qui a reçu et suivi sa doctrine, et par ainsi se rend lui-même vraiment digne de censure, et de censure papale, puisqu'il censure les prélats et les docteurs, les conciles et les Papes.

XXIL Cet auteur étant ainsi excommunié, je ne puis plus parlera lui qu'il n'ait fait apparoir sa résipiscence et son absolution. J'adresse donc ma parole à ses amis et publicateurs, et à ceux qui, par connivence à ses desseins et à sa doctrine, se rendent partisans, sinon de la flamme, au moins de la fumée de cet analhème; et sinon du foudre, au moins du bruit et de l'éclat de cette excommunication. Permettez-moi donc de vous parler, Messieurs ; c'est après dix ans de silence et de patience que je vous demandecette permission ; c'est après que vous avez assez longuement et soigneusement parlé de nous, sans qu'aucun d'entre nous vous ait j^arlé , ni ait parlé de vous. Permettez-nous de vous parler, et sans vous nommer et sans vous offenser. Je ne vous dirai point que vous èies antipapes ,Ge'nevois, hugue^ nots couverts , ânes brayants, corbeaux croas* sants, dignes de tout châtiment et supplice, etc. Je laisse ces fleurs et ces faveurs à votre ami de vérité. Je vous dirai plus sincèrement, plus modestement, plus chrétiennement : Ne pensez-vous pas que le monde vous regarde et vous juge en ces discours et en ces procédures? Monde facile, ei à juger, et à parler, et à condamner les moindres fautes de ceux qu'il croit devoir être des anges? Ne pensez-vous pas que le monde vous censure, vous qui êtes des lettres vivantes, écrites et tracées du doigt de Dieu par sa grâce, et ne vous censure beaucoup {dus que vous ne censurez ce [lafiier, papier mort, écrit de l'encre et de la main d'un homme? Ne pensez-vous pas qu'il dise en soi-même : Si cet écrit est mauvais, que n'en avertissez-vous pas secrètement, modestement, chrétiennement son auteur? Et à quoi tant de discours et tant d'inquiétudes? Si cet écrit est mauvais, pourquoi le publiezvous? S'il est mauvais, n'y a-t-il rien en ce siècle de plus mauvais et de plus digne d'exercer votre zèle, voire science, votre lumière? S'il est mauvais, et si mauvais, pourquoi seuls l'attaquez-vous? Pourquoi seuls |)renez-vous ce soin et celle sollicitude? Etes-vous les dictateurs en l'Etat de l'Eglise chrétienne, et vous appartient-il de v- ir r Ne quid detrimenti copiât Resp,? Laissez ce soin et cette charge aux pasteurs et aux docteurs : c'est leur office et ce n'est pas le vôtre.Eux tous assemblés en corps, et sollicités par vous, n'y touchent pas, et vous y touchez ? ne le condamnent pas, et vous le «condamnez, vous qui êlessansautorilé, sans chargeelsans lumière? Ni pasteur, ni docteur de la France en son particulier ne l'a condamné, et plu.-iours grands pasteurs et dccteuis l'ont approuvé. N'est-ce pas assez pour arrêter vos pensées, vos jugements el vos condamnations? Tous sont en repos et en silence sur cette affaire^; soyez-y aussi. Etes-vous les oies sacrées du Capilole, seuls veillant et criant dans le

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