‹ Œuvres complètesChapitre 94 sur 540 · GI · texte numérisé non relu

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anciens et modernes, et positifs et scolastiques, l'appellent ainsi. Saint Jérôme {In Amol, vi) : In mysteriis jrrimiun remmtiamus ei qui in occidente est, nohisque moritur cuni peccatis, et sic versi ad orientcm pacluminimus cumSolejustitiœ, et ei nos servituros esse j)romittimus. Et saint Augustin (In Joan.) : Uomines siimus Christiani, etiam ipso nomine ad Christum pertinentes. Sévère Alexandrin {In bibiioth. PP., t.-VI) décrivant le Rituel de VEglise de Syrie, dit qu'au baptême, celui qui est ba|)lisé se tourne vers l'Orient : Et ait tribus vicibus : Conscntio tibi, Cfiriste. Saint Thomas dit en sa Somme : In ^baptismo vovent hominës abrcnuntiare diabolo, et pompisejus,Qlc., et fidem Christi servare, et appelle en ses réponses cette promesse, votum baptizatorum. Et saint Augustin même (epist. 59 arf Paulin.) rappelle: Votum maximum nostrum que vovimus nos in Cliristo esse mansuros. Les jurisconsultes mêmes, en leurs livres plus vulgaires usur- }>ei]t ce langage : Nobis prœcipuum rotum est, quod in baptismate fecimus. {Lex Jiir. Prat. verb. lotum.)

Et s'il faut joindre à ces anciens auteurs les plus récents de ce siècle, je produirai ce cavalier chrétien, qui a voulu joindre sa plume à son épée, et les consacrer toutes deux au temple de Dieu, se rendant théologien et cavalier tout ensemble : lequel en son élégame para phrase, approuvée de plusieurs docteurs, cl qui est en la main de tous, traduisant ce verset -.Vota mea Domino reddam, etc. {Psal. cxv, li), dit : « Ainsi satisferai-jo aux vœux auxquels je suis obligé de promesse, premièrement au baptême, après en la réception des autres sacrements, » etc. C'est ainsi que parlent les Pères, les docteurs, les jurisconsultes et les cavaliers môme, nourris du lait des mamelles de l'Eglise. Mais je veux conclure cet article par une voix puissante et irréfragable, par l'oracle du concile de Trente, lequel a fait dresser un catéchisme où cette doctrine est proposée par le commandement de l'Eglise à tous les lidèles, en des termes pleins de poids et d'autorité (art. 1, c. 3l):Parochus fidelem populum ad eam rationcm cohortubitur, ut sciât œquuni esse nos ipsos, non secus acmancipia Redemptorinostro, et Domino in perpetuam addicere et consecrare. Et quidem, cum baptismo initiarcmur, id professi sumus ; dcclaravimus enim, nos Satanœ et mundo rcnuntiare , et Jesu Christo totof nos tradere. Quod si, ut militiœ christianœ ascribcrcmur, tam sancta et solemni professione nos ipsos Domino nostro devovimus, quo supplicio digni erimus? etc. « Le pasteur fera entendre au peuple chrétien qu'il est juste et raisonnable que nous nous consacrions et rendions sujets, tout ainsic omme esclaves, à notre Rédempteur et Seigneur, à perpétuité ; et de fait, lorsque nous avons reçu le baptême, nous l'avons ainsi professé; car nous déclarâmes que nous renoncions à Satan et au monde, et que nous nous dédiions entièrement à Jésus-Christ. »

Que si pour être enrôlés en la milice chré-

tienne, nous nous sommes donnés dès lors à Notre-Seigneur par vœu et profession tant sainte et solennelle, de quel supplice serons-nous dignes? etc. Termes augustes et vénérables, pleins de majesté et dignes dé la voix du Saint-Es()rit et de l'Eglise, qui parle en cette doctrine du concile de Trente, et qui contient les mêmes jiaroles, les plus fortes et les i)lus expresses qui aient été employées en ce vœu, et sert de fondement et d'autorité inébranlable à cette piété. Mais c'est matière d'un plus grand discours, lequel réservant à un autre temps, poursuivons ce narré et finissons cet article, en nous avouant esclaves de Jésus; esclaves de droit et d'achat, mais encore plus esclaves d'amour et de volonté, aspirants môme et désireux d'adhérer à Jésus-Christ par une liaison plus forte et plus intime, c'est-à-dire comme les membres à son chef, qui est la plus forte et intime adhérence, et qui tend à la l)lus grande unité et conformité d'es[)rit et de vie qui soit en la nature. Car nous devons avoir trois sortes d'adhérence à Jésus-Christ, selon les trois qualités qu'il a au regard de nous. Il est souverain, et nous sommes ses sujets et vassaux ; il est rédempteur et nous sommes ses captifs : Captivant duxit captivitatem {Ephes. iv, 8) ; il est chef et nous sommes ses membres. (/ Cor. vi, 15.) Trois points distincts et ditîérents, qui aussi nous obligent à trois sortes de devoirs dilférents en eux-mêmes, et tendant tous à nous lier d'une liaison étroite et intime à celui qui est uni à notre nature en unité de subsistence, et uni au Père éternel en unité d'essence. Cette double unité d'essence et de jjersonne que nous adorons en Jésus-Christ, est le fondement de toutes les unités et unions de grâce que nous devons avoir en la terre et au ciel, et des liaisons intimes que nous devons avoir à Jésus-Christ Noire- Seigneur, homme et Dieu tout ensemble, et qui est souverain et tellement souverain, qu'il est rédempteur et chef de la nature humaine. Comme souverain, nous devons vivre sous ses lois; comme rédempteur, nous devons vivre sous ses volontés; comme chef,nous devons vivre par son esprit, par son mouvement et par son intluence.

XXV. C'est à quoi tend cet exercice de piété : C'est le dessein de ceux qui l'ont proposé ; le faire en forme de vœu, ou ne Je pas faire, est un accessoire que le dessein de cette piété n'enclôt pas, car il n'est pas nécessaire, et ne l'exclut pas, car il n'est pas dommageable, et il peut être utile. Et cette sorte d'obligation est inditrérente à cet exercice, qui a i)Our son but non d'obliger à péché, mais de lier à Jésus-Christ; de reconnaître l'état et les grandeurs de Jésus, de l'adorer en son autorité suprême, d'accepter son pouvoir sur nous, non par contrainte et nécessité comme rebelles, mais par le choix et le mouvement de notre volonté, comme sujets fidèles aimant leur prince, et comme captifs de son amour aussi bien. que de sa [)uissance. En naissant, ou plutôt renaissant au baptême, nous entrons

en vti:rx a jesus et a maiiie. - persécutions quies om excitées.

ou cel él.'il (le scrviliKh; envers Jésus, fiar la itniohi d'autrui, sans lo coiinnUre, cl c'est le premier |>as (Je; noire entrée en l'Ivgliseet en la foi, Kn |)nttnnt de ce monde, et entrant au ciel, nous soniuies confirmés en ce nii^me état di^s le jiremior aspect et h la [iremière vue des grandeurs de Jésus, |)ar une .«-ainto el heureuse soun)ission. Les damnés mêmes subissent cel étal r.ar une juste contrainte; lorsque Dieu étalilit sa puissance sur eux, qui ne lui ont pus permis d'y éCahlir sa Krâce el son amour; car ils son'l esclaves do rélat, de l'eujpire et Acs grandeurs deJésus, qui les as ervit malgré eu\ h une si juste et si digne [)uissan<o. Le fonds de celte autorité est divin; les litres do ce pouvoir sont clairs el évidents ; l'usage do cel empire est universel au ciel, en la terre el au\ enfers mémo, où il est absolu el indépendant des volontés de ceux qui lui obéissent. Car l'enfer le soulfre par contrainte; le ciel le f)ortc par une heureuse nécessité, d'autant plus Toiontaire, cju'elle a moins de puissance à s'en séparer.

Ce petil inlervalle que nous avons h vivre en la Icrre, nous laisse libres d'y penser, ou de n'y pas jtenser; de le vouloir, ou de ne le pas vouloir; de nous affermir en cette volonté, ou de ne nous y pas aUermir. Et encore se trouve-t-il que'^ le Fils de Dieu, comme par une anticipation de la puissance qu'il exerce au ciel et aux enfers, imprime son pouvoir et son caractère sur nous dès le baplôme, et tient en la terre notre volonté engagée et obligée à lui par une profession sainte, publique et solennelle. Tellement qu'à proprement parler, ce vœu et cette élévation à Jésus n'est qu'une reconnaissance et raliljcalion de celle obligation, que nous avons contractée sans y penser, sans la conpaîlre, en un âge imbécile. Obligation valide , obligation solennelle el obligation nieme [lubliciuement acceptée de l'Eglise Ces devoirs sont légitimes, ces obligations sont justes, ces exercices sont jiieux, ces pensées sont solides, ces seniimenis sont raisonnables, ces intentions sont saintes; et, s'il m'est permis de le dire, ces vérités sont plus hautes, plus utiles et plus importantes que plusieurs autres que l'on propo>e soigneusement et vulgairement en plusieurs livres el en plusieurs exercices. El toutefois elles ont rencontré des esprits qui les iraprouvent, et en les improuvant, ne voient pas qu'ils s'improuvent et se censurent eux-mêmes. Car comme Penthée, en voyant ses enfants, i)ensail voir des ours, cies tigres el des ser()enis, et autres bêtes sauvages , ne s'apercevant pas que le mal était non en eux, mais en sa vue, et qu'il s émouvait sans le vouloir, contre soi-même et ses propres entrailles ; ainsi ces messieurs écoutant ces propositions , pensent ouïr des erreurs et des monstres en la foi, et ne voient pas que le mal est en leur esprit el non en cel écrit, et que sans y penser ils s émeuvent et s'irritent contre des vérités fondées en leur baptême, nées dans leurs exercices, renouvelées en leur profession,

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