Charles IX
26 Eclogue I.
En France je vins voir le grand pasteur Carlin, Carlin que j’aime autant qu’une vermeille rose Aime la blanche main de celle qui l’arrose ,
Que les prez les ruisseaux, les ruisseaux la verdeur; Car de son amitié procédé ma grandeur.
G UISIN (>)•
Houlette qui soulois és plaines Idumées Comme troupeaux rangez conduire les armées (1 2 3 4) ,
Qui a régi Sicile et les monts Calabrois ($) ,
Et la ville, tombeau de la Serene(4); vois Maintenant, je te tiens, de pere en fils laissée,
Qui , dure , n’as esté par les guerres cassée ,
Et qui dois gouverner encore dessous moy
Les troupeaux de Carlin , mon pasteur et mon roy.
Icy les grands forests que les ans renouvellent,
Icy Carlin, icy les fontaines t’appellent,
Les rochers et les pins, et le ciel, qui, plus beau,
Se tourne pour complaire à ton régné nouveau. Toute chose s’esgaye à ta belle venue,
L’air n’est plus attristé d’une fascheuse nue,
La mer rit en ses flots, sans soufles est le vent ,
Et les astres au ciel luisent mieux que devant.
O grand pasteur Carlin , ornement de nostre âge , Haste-toi d’aller voir ton fertile héritage (5), Environne tes champs et compte tes taureaux ,
Et reçois désormais les vœux des pastoureaux.
Catherine ta mere, à ta main dextre assise,
D’un voyage si beau conduira l’entreprise,