Un des braves rois de France qui aient jamais été
4. Homme illustre du temps de Charles IX. Lecteur royal, comme Budée , à qui nous devons la langue grecque en France, comme le témoigne Buchanan par ce distique :
Gallia quoi graca est, quoi Gracia barbara non est ,
Utraque Budao débet utrumque suo.
$ . Vatable et Tusan étoient deux grandes lumières de leur temps.
32 Eglog UE I.
C’est toy qui as nourry trois belles Marguerites (i), Qui passent d’Orient les perles en valeur:
L’une vit dans le ciel exempte du malheur Qui entretient ce siecle en querelles et noises ,
Ayant régi long temps les terres navarroises.
L’autre , prudente et sage, et seconde Pallas,
Fidele à son grand duc (1 2 3 4), embellit de ses pas Les hauts monts de Savoye, et comme une déesse
Et toy, divin DauratQ), des Muses artizan ,
Qui premier , amoureux de leur belle neufvaine,
Par les outils des Grecs destoupas la fontaine D’Helicon, et, premier, aux François as tourné Permesse en l’eau de Seine au bord non couronné De lauriers comme Eurote,ains d’hommes, dont l’enclume A forgé tant d’escrits par l’outil de la plume.
Adjoustez à son los tant de palais dorez ,
Tant de marbres polis à force elabourez,
Entrailles des rochers qui sont par artifices Maintenant l’ornement des royaux édifices.
Joignez à sa richesse et l’une et l’autre mer Qui viennent aux deux coins de la France escumer,
Et, grosses de vaisseaux, apportent en trafique De bien loin à nos bords la nouvelle Amérique (4). Adjoustez d’autre part tant d’arts qui sont meilleurs, Engraveurs et fondeurs , imàgers et tailleurs ;
Adjoustez la musique, adjoustez la peinture,
Voire tous les presens que la riche Nature Et le Ciel plus bénin ont versé de leurs mains Pour embellir la terre et les pauvres humains.
Quelle Muse pourroit égaler tes mérités ?
1. La reine de Navarre, sœur de François Ier; Madame de Savoie, sœur de Henri II , sa nièce, et la reine Margot, femme de Henri IV.