‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 2 sur 138 · C’est-à-dire ses livres · texte numérisé non relu

C’est-à-dire ses livres

4 A François de France.

Ainsi que Jupiter du sien conceut Minerve, M’ouvrant (sans emprunter de Vulcan le couteau)

Par peine et par travail mon fertile cerveau.

Les enfans de l’esprit un long siecle demeurent,

Ceux des corps journaliers ainsi que les jours meurent.

Je vous ay consacré mes Eclogues, à fin Que vostre beau renom ne prenne jamais fin ,

Non plus que les pasteurs, le sujet de mon livre.

Les roys et les pasteurs ont mesme estât de vivre : L’un garde les troupeaux; par l’autre sont conduits Les hommes sous la loy de leurs sceptres réduits {a). Pource Homere, qui vit par longues renommées, Appelloit les grands roys les pasteurs des armées.

David, d’un simple pastre et de bas sang issu ,

Par les prophètes oingt , au thrône fut receu ;

Puis, désirant l’honneur où tout monarque aspire, Plus outre par la guerre augmenta son empire.

Moyse d’un bergerot devint législateur,

Devint grand capitaine, et comme un grand pasteur Guida par les deserts ses troupes vagabondes,

Et fit passer son peuple entre les murs des ondes.

Pource ne dédaignez ce vulgaire présent :

Et croyez, mon grand duc, que rien n’est si duisant, Ny qui tant se conforme aux grandes seigneuries, Que l’estât des bergers et de leurs bergeries.

a. Var. :

L'un garde les troupeaux, et l'autre les citez ,

Et les hommes qui sont mortelles Deïtez.

LES ECLOGUES

Eclogu E I

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