‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 33 sur 138 · Ronsard · texte numérisé non relu

Ronsard

Eclogue III. 6 5

Fais signe, ains que venir à la divine feste(d)

De Claudine (i) et Chariot (2), à fin que désormais Le mariage soit heureux pour tout jamais.

Ameine avecquestoy la Cyprienne sainte,

De ta belle ceinture au travers du côrps ceinte (b) ,

Et son enfant Amour avec l’arc en sa main ,

Pour se cacher ès yeux du jeune enfant lorrain.

Ce n’est pas un pasteur qui dans un bois champestre Meine tant seulement deux ou trois chevres paistre, Mais qui a cent troupeaux de vaches et de bœufs,

Et autant de brebis paissans les prez herbeus De Meuse et de Moselle, et tous ceux qui la plaine Broutent auprès de Bar et des monts de Lorraine.

[Il a tant de bétail qu’il n’a jamais esté En hyver sans du laict, sans fromage en esté,

Et ses paniers d’esclisse et ses vertes jonchées De caillottes de crème en tout temps sont chargées.] Il s’élève en beauté sur tous les pastoureaux Comme un jeune taureau sur les menus troupeaux, Ou comme un grand cyprès sur un petit bocage,

Ou comme un gresle jonc sur l’herbe du rivage.

Un poil crespé de soye au menton lui paroist Qui blond et deslié entre les roses croist (c)

a. Var. :

Esternu'ê trois fois ; ta teste chevelue Esbranle par trois fois ; trois fois à ta venue,

Voy Claudine et Chariot ,

b. Var. :

D'un demi-ceinct tissu dessus les hanches ceinte ,

c. Var. :

Il s’élève en beauté sur tous les pastoureaux Comme un brave taureau sur les menus troupeaux ,

Ou comme un pin gommeux au résonnant feuillage

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