C’étoit la reine mère
Eclogue I.
Irons versant le sang d’un aignelet Dedans du laict Pour un rustique sacrifice;
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Lors nous ferons de gazons un autel Tout couvert de branche myrtine,
Et par un vœu solennel ,
De la nymphe Catherine (i)
Invoquerons le renom eternel :
Puis d’âge en en âge,
En humble hommage ,
Nous respandrons sur l’autel mille fleurs Honorant son visage.
Car, tant qu’Amour se nourrira de pleurs Et de douleurs,
Dedans nos cœurs nous aurons son image.
Le chœur des Nymphes toutes ensemble se prend par la main et dit ceste chanson en dansant ; puis se retirent en l'antre d’où elles estoient sorties.
Nous avons veu d un prince la jeunesse,
D’un prince fils d’une grande déesse,
Dont la beauté, la grâce et les valeurs Ornent nos champs, comme au matin l’aurore Orne le ciel, quand son beau front colore Tout l’Orient de perles et de fleurs.
Puissent ses ans croistre comme la rose Qu’une pucelle en diligence arrose Soir et matin pour s’en faire un bouquet,
Afin qu’un jour si hautement il croisse Que sur les roys autant il apparoisse Qu’une forest par dessus un bosquet.
Au bon Carlin (2) le ciel face la grâce De voir çà bas la race de sa race,