‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 51 sur 138 · COMBATS ET CARTELS · texte numérisé non relu

COMBATS ET CARTELS

SONNET

Mascarade et Cartels ont prins leur nourriture , L’un des Italiens, l’autre des vieux François, Qui erroient tous armez par deserts et par bois , Accompagnez d’un Nain cerchant leur aventure.

L’honneur, des nobles cœurs genereusepoincture , Les faisoit par Cartels desfier aux tournois (Ou nuds en un duel, ou armez du pavois)

Ceux qui forçoient lesloix, le peuple et la droicture.

L’accord italien, quand il ne veut bastir Un Theatre pompeux, un cousteux repentir,

La longue Tragédie en Mascarade change.

Il en estl’inventeur : nous suyvons ses leçons ,

. Comme ses vestemens, ses mœurs et ses façons,

Tant l’ardeur des François aime la chose estrange.

(Ed. posthumes.)

SONNET

A MONSEIGNEUR DE VILLEROY Secrétaire d’ Estât (i).

Comme la Mascarade ou le tournoy poudreux , Belle feinte de Mars, le, soing de l'esprit chasse , Et les impressions des affaires efface Qui font l’homme pensif, par leur objet joyeux ;

Ainsy ce petit livre offert devant vos yeux,

Image du plaisir qui trop legernous passe,

Remettra devant vous des beaux tournois la grâce , Retirant vostre esprit du soing laborieux.

Il ne faut pas tousjours, l’un des Atlas de France , Soustenir le grand faix des choses d’importance;

Il faut, mon Villeroy , se donner du plaisir.

Les abeilles ne sont tousjours en leurs ruchettes A faire le doux miel ; mais vont à leur désir Ramasser quelquefois la douceur des fleurettes.

i . Je n’ai trouvé ce sonnet de dédicace des Mascarades que dans a seule éd. de 1 573.

Page 1