Ainsi se nommoit en sa jeunesse le roi Henri III
Mascarades.
Ils ne sont égaux d’honneurs ,
Les uns sont pauvres seigneurs Ou d’une Isle infructueuse,
Ou d’un lieu chaud et mal-sain ; Mais le nostre est Souverain D’une terre bien-heureuse.
Sous luy sont mille citez, Peuples, guerriers indomptez, Forests, campagnes, vallées,
Et fleuves au large front ,
Qui bruyant Charles, s’en vont Fendre les plaines salées.
Luy, chassant les estrangers, Sauvant les siens des dangers,
A rendu sa France vive,
A tué Mars son meurdrier,
Faisant naistre d’un Laurier Les beaux rameaux de l’Olive.
Charles des Roys est le grand , C’est le grand Roy qui respand Sur la France sa lumière,
Qui croist jeune, fort, et beau Comme un clair Soleil nouveau Qui va prendre sa carrière.
Quand Jupiter maria Sa Thétis, il convia Les plus grands Dieux à la feste , Pallas, Mercure, Apollon, Neptune et Mars tout félon Que mur ny ville n’arreste.
Tout ce que les cieux pouvoient, Tout ce que les Dieux avoient De richesse et d’excellence,
Fut ce jour en appareil :
Mais rien ne se veid pareil Au grand monarque de France.
Iô, la Paix nous chantons,
Et de Charles nous vantons
Mascarades.
Le Sceptre invincible et riche :
Nous rechantons sa douceur.
Sa mere, freres, et sœur,
Et son Isabel d’Austriche.
COM PARAISO N
DU SOLEIL ET DU ROY Récitée par deux joüeurs de Lyre
Le Soleil et nostre Roy
Sont semblables de puissance,
L’un gouverne dessous soy Le Ciel, et l’autre la France.
L’un du Ciel tient le milieu,
Des astres clairté première ;
Et l’autre comme un grand Dieu Aux terres donne lumière.
L’un n’est jamais offensé D’orages ny de tempeste;
L’obscur est tousjours percé Des beaux rayons de sa teste.
L’autre a tousjours combatu Les guerres et les envies,
M ASC A RADES.
Et fait sentir sa vertu Aux puissances ennemies.
L’un est autheur de la paix Chassant le discord du Monde, Illustrant de ses beaux rais La terre, le Ciel et l’onde.
Et l’autre ayant du discord La puissance rencontrée,
A mis les guerres à mort,
Et la paix en sa contrée.
Tout astre prend du Soleil Sa lumière tant soit haute,
Car c’est l’astre nompareil Liberal sans avoir faute.
Du Roy vient force et vigueur, Honneur et grandeur Royale,
Et tout homme de bon cœur Cognoist sa main liberale.
Le Soleil est couronné De feux qu’en terre il nous darde :
Et tout astre bien-tourné Pour son guide le regarde.
De nostre Roy la bonté Mille grands seigneurs assemble,
Mascarades.
Qui jettent plus de clarté Que les estoiles ensemble (a).
Bref le Soleil esclairant Par tout, qui point ne repose,
De Charles n’est différant Seulement que d’une chose.
C’est que le Soleil mourra Après quelque temps d’espace,
Et Charles au Ciel ira Du Soleil prendre la olace.
CARTEL