‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 69 sur 138 · POUR LE ROY CHARLES IX · texte numérisé non relu

POUR LE ROY CHARLES IX

Habillé en forme de Soleil , défiant ceux qui voudroient au combat esprouver sa vertu.

Comme le feu surmonte toute chose Qui devant luy pour résister s’oppose,

Ainsi du fer de mon glaive pointu Tout chevalier à terre est abatu;

Les plus vaillans redoutent ma puissance,

Et la mort pend sur le bout de ma lance.

a. Var. :

De nostre Roy la Grandeur Pareil au Soleil ressemble ,

Qui jette plus de splendeur Que les estoilles ensemble.

Mascarades.

Amour m’a fait errer de toutes pars,

Pour essayer les fortunes de Mars,

Et de mon nom remplir la terre et l’onde ,

Pour avoir place en ceste Table-ronde,

Où les vieux preux autrefois avoient eu Un lieu d’honneur, loyer de leur vertu.

Or desdaignant les hazards de la guerre Comme donteur des Monstres de la terre ,

Par haut désir au Ciel je suis monté,

Où du soleil j’ay l’habit emprunté,

Afin de faire aux estoilles celestes Comme aux mortels mes vertus manifestes.

Donc si quelqu’un, soit d’enhaut ou d’embas, Veut esprouver ma puissance aux combas , S’adresse à moy, ie luy feray cognoistre A coups ferrez combien poise ma destre ,

Se repentant bien tard de son conseil Eh ! qui pourroit résister au soleil (a) ?

CARTEL

FAIT POUR UN COMBAT Quefist le Roy en l’Isle du Palais.

Le fort Soleil ne s’offense des nues,

Ny mes vertus par la terre cognues N’ont jamais peur des combats outrageux. C’est mon désir, mes esbats et mes jeux

a. Var. :

En r Univers ne trouvant mon pareil.

Qui passeroit de vertu le Soleil ?

152 Mascarades.

Que de porter sur le dos la cuirace ,

Mon ennemy renverser sur la place,

Et bien brosser le destrier aux tournois,

En cent façons esclater (1) le long bois,

Et de gaigner le prix à la carrière,

Et d’estre seul vainqueur en la barrière.

Et si quelqu’un par un combat nouveau Veut essayer ma puissance sur l’eau,

Il sentira qu’autant j’ai de puissance Dessus les eaux qu’en terre en a ma lance.

Je suis errant, vagabond, estranger,

Qui vais cherchant en tous lieux le danger , Afin qu’au monde en armes on me voye Suivre Vertu par toute honneste voye.

Mon ennemy ( autant que le Soleil Tombe en la mer) de son sang tout vermeil , A son malheur me pourra bien cognoistre, Portant au dos les marques de ma destre.

Il ne verra mon courage faillir ,

Et l’assaudray en lieu de m’assaillir,

Pour retrancher par le fer son audace.

Tel a grand peur qui bien souvent menace.

CARTEL FAIT PROMPTEMENT contre

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