LIVRE III, ODE IV II
Et neuf fois en ces neuves tasses
En l'honneur des seurs qui sont neuf'.
25 Ce lis, & ces roses naïves
Sont épendues lentement,
Je hai les mains qui sont oisives,
Qu'on se depesche vitement:
Là donq ami, de corde neuve 30 R'anime ton lue endormi,
Le lue avec le vin se treuve
Plus dous, s'il est meslé parmi.
O quel Zephire favorable [80 r»]
Portera ce folâtre bruit 35 Dedans l'oreille inexorable
De Madelaine qui nous fuit ^ ?
Le soin qui en l'ame s'engrave
Secoure aus vens ores tu dois 3 :
C'est chose saige, & vraiment grave 40 De faire le fol quelquefois -+.
25. PR i6o^-iy, 16^0 Ce lis, & les roses | PR 162^, ML Ces lys, & les roses | Bl Ces lys et ces roses
38. PR 162^-16^0, ML Secourre | Bl Secouer aux vents or' tu dois {texte fautif) \ jo tu dois sans ponct. {PR 161^-2^, ML corr.)
1. Ces quatre derniers vers et les douze qui suivent sont imités librement d'Horace, Carm. III, xix, 10-24. Cf. Ronsard p. lyr, p. 574 et suiv.
2. Cette Madeleine, qui correspond à la femme du vieux jaloux Lycus de l'ode horatienne, pourrait bien être la « mal mariée » que Ronsard plaint dans la pièce suivante.
3. Ceci rend l'expression d'Horace : tristitiam et metus Tradam... ventis {Carm. I, xxvi, début). — Secoure est une forme d'infinitif, qui s'écrivait primitivement secorre ; le participe secoiis est couramment employé du temps de Ronsard pour secoué.
4. Cf. Horace, Carm. III, xix, 18 : Insanire juvat ; et IV, xii, fin : Duke est desipere in loco. C'est une pensée de Ménandre: Kal auaaav^vat