On lit Stro. 4. Desous {double erreur
1. Aratos parle bien du Cheval ailé et emploie le mot cpaivr], crèche, pour désigner une étoile de la constellation du Cancer (Phénoin., 892, 898 et 996). Mais Ronsard a emprunté cette appellation au passage de Pindare qu'il imite, Olymp. xiii, 92 :
Tov 8'èv OùX'j[X7:w çpatvat Zt]v6ç àpy(^aïai Ôr/.ovtai.
2. Le suffixe ard est de source germanique et remonte à l'origine même de notre langue. Ronsard n'a fait que forger quelques adjectifs sur le patron de ceux qui, tels que raiUard, existaient bien avant lui.
antique ', & peu familier aus oreilles Françoises, comme est encores ce mot louaageant, en l'Ode du Protenotére de Durban^, il n'est pas pourtant à refuser, mais à louer, d'autant que nous
140 n'avons un seul vocable (hors lui) propre pour desseiner telle affection. Avienne, ô bons Dieus, que quelque hardi poëte remette en usage les vieus mots François, lesquels furent nostres, & que nous avons cruellement chassés, pour donner place à ne sçai quels | étrangers Italiens, & Latins. Bien est il vrai quand un [162 \
145 vocable a long tens régné, faisant à l'imitation des vieus arbres, reverdir un petit regeton du pié de son tronc, pour devenir comme lui grand, & parfait : on ne le doit plus regretter, ni appeller séché, ne péri : aiant laissé en sa place un nouveau fils, pour lui donner la même verdeur, force, & pouvoir, qu'il avoit aupa-
150 ravant, comme la nouvelle monnoie succède à la vieille, en pareil honneur & crédit. Mais un vocable ne se doit jamais appeller vieil, tant soit il mimangé, & par le tens défiguré, voire depuis mille ans usité, quoi qu'en murmurent nos courtisans, s'il ne laisse un, ou deus héritiers en sa place, ausquels il com-
155 mande comme par testament, avant sa mort, de s'ensesiner de sa force, & naïvement le représenter 5. — Epo. 5. Les Amycîeans Jîamheaus) Il entend Castor, & Pollux, continuant tousjours en sa métaphore.
En rOde de Bouju. Epo. 2. A la Dorienne sorte) C'est à dire,
160 à la Thebaine sorte, pource que les Thebains sont venus des Dores, ainsi que disent les comments de Pindare.
1. C.-à-d. un archaïsme français (v. ci-après, 1. 142). Cf. Ronsard: Je fis des mots nouveaux, je r'appelay les vieux {Res ponce aux injures, Bl. VII, 127), et : Fay nouveaux mots, r'appelle les antiques {Caprice à Simon Nicolas, Bl. VI, 329).