‹ Œuvres complètesChapitre 51 sur 270 · LIVRE III, ODE XV 4I · texte numérisé non relu

LIVRE III, ODE XV 4I

L'environnant de verd lierre,

Et de vervéne aus saints cheveus ^

Les dieus n'ont remis en arrière

L'humble soupir de ma prière,

Et Pluton qui n'a point apris

Se fleschir pour dueil qu'homme meine,

N'a pas mis le mien à mépris,

Rapellant la Parque inhumaine

Qui ja nostre ami tenoit pris.

Mortes sont les fièvres cruelles [90 vo]

Qui rongeoient ses chères mouëlles,

Son œil est maintenant pareil

Aus fleurs que trop les pluies baignent

Envieuses de leur vermeil.

Lesquelles après se repaignent

Aus raions du nouveau souleil.

7. Ji-67 sains cheveus | yj-84 texte primitif) | Sj froids cheveux 10. i^-Sy Et Pluton qui n'avoit apris 14. éo-Sy Qui ja du Bellai tenoit pris 18. jo Au fleurs (g'^. suiv. corr.)

20-21. SS'^7 Ojii plus gaillardes se repeignent | Bl Et qui plus vives (texte de fantaisie) \ S 5-^7 nouveau Soleil

I. Imité pour l'idée et le mouvement d'Horace, Carm. I, xix, 13-15 ; IV, XI, 6-8. Sur la verveine, plante sacrée, ornement des cérémonies religieuses du paganisme, voir, outre ces vers d'Horace, Ovide, M^^. VII, 242 ; Ronsard, Eclogue m, et Hymne de Calais (Bl. IV, 5S ; V, 28), C'était à la fois un aphrodisiaque et un fébrifuge (v. un poème grec anonyme sur les Herbes dans la coll. Didot, Poetae bucol. et didact., p. 170, et Rabelais, Quart livre, chap. m). On a cru longtemps qu'elle tirait ses vertus de l'influence de la planète Vénus (v. une trad. des Admirables secrets d'Albert le Grand, Lyon, Beringue, 1629, p. 40, 90-91). — Lavar. de 1587 « froids cheveux » s'explique par cette opinion que les feuilles de verveine « rafraichissaient le sang ». Cf. Ronsard, ode de la Magie (1584) : Vien viste, enlasse moy le flanc Non de thym ny de marjolaine, Mais bien d'armoise & de vervaine, Pour mieux me rafraischir le sang.

Sus Mégret % qu'on chante, qu'on sonne Cest heur que la santé lui donne, Qu'on chasse ennuis, soucis, & pleurs, 25 Qu'on semé la place de roses 2,

D'œillés, de lis, de toutes fleurs Qui se monstrants au ciel descloses Le font mirer en leurs couleurs.

Lequel s'esgaie & se recrée

50 De te voir sain, & lui agrée

Le jour que tu fais desous lui :

Son cours qui sembloit apparoistre Malade comme toi d'ennui.

Tous deus sains, avés fait connoistre

35 Vos belles clartés aujourdhui 3.

Mais quoi ? si faut-il que l'on meure.

Rien çà bas ferme ne demeure :

Nostre François veit bien la nuit 4. [91 r^J

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