DIVISÉE PAR QUATRE POSES
Ode XXV
Le cruel amour vainqueur
De ma vie sa sugette,
M'a si bien écrit au cueur
Vostre nom de sa sagette 3, [99 v°]
Que le tens qui peut casser
Le fer & la pierre dure,
Éditions. — Quatre premiers livres des Odes (III, xxv) 1550 ; (xvii) 1553 ; (xxx) 1555. — CEuvres (Odes, III, xxxii) 1560; (xxxii = xxviii) 1567; (xxvni) 1571, 1573; (xxvii) 1578; (xxi) 1584; (xx) 1587; 1 592-1650.
Blanchemain (t. II, p. 226); Ma rty-La veaux (t. II, p. 290).
Titre, yj-^o. . . divisée par trois poses | ôy-Sj La défloration de Lede. (6j par erreur deploration) | Bl De la défloration... d'après l'éd. de 162^.
I. Ven-tête de Bl Première pause ne se lit dans aucune édition.
1-8. 8y Amour dont le traict vainqueur Fait en mon sang sa retraite, M'a si bien escrit au cœur Le nom de ma Cassandrette, Que le tombeau mange-chair. Logis de la pourriture, Ne pourra point arracher De mon cœur sa pourtraiture
1. Sur Cassandre,v. ci-dessus 0(/^5, II,v,vii etxxiv;III, xvi, xx et xxi; ci-après, IV, viii, x et xiv ; Bocage, 11, m et ix. — La composition de cette ode est vraisemblablement antérieure au mariage de Cassandre, qui eut lieu en novembre 1546 : après cet événement, le récit que le poète lui fait de la défloration de Léda aurait perdu tout son à propos (v. Ronsard p. lyr., p. 43-44).
2. Ronsard a emprunté cette division en poses à quelques-uns des plus longs psaumes de Cl. Marot, tels qu'ils se présentaient à lui dans les premières éditions (v. Ronsard p. lyr., p. 390, n. 2).
3. Souvenir de Pétrarque, son. v, Qiiando io movo i sospiri..., premier quatrain. Ronsard a souvent dit qu'il portait le nom de Cassandre dans son cœur. Voir la note suivante.
Ne le sçauroit effacer
Qu'en moi vivant il ne dure ^
Mon lue qui des bois oiants lo Souloit alléger les peines 2,
De mes yeus tant larmoiants Ne tarist point les fontaines, Et le souleil ne peut voir Soit quand le jour il apporte, 15 Ou quand il se couche au soir
Une autre douleur plus forte 3.
Mais vostre cueur obstiné, Et moins pitoiable encore Que rOcëan mutiné 20 Qui lave la rive more.
Ne prend mon service à gré,
9-10. Sj Mon Luth qui aux bois oyans Souloit raconter mes peines