‹ Œuvres complètesChapitre 169 sur 190 · Nyv. : Avoit mis sus d'hommes maintz millions · texte numérisé non relu

Nyv. : Avoit mis sus d'hommes maintz millions

Et aux larrons et tirans plains de raiges , Et non à gens qui ont devotz couraiges , Spirituelz et porteurs de la loy ; Car par constraincte on ne peult avoir foy. Ainsy voit on que Machomet, follatre Et non saichant , voulut la loy abatre De Jesuchrist et nulle reputer.

Après faillut saigement disputer l Contre ung mauldict, hereticque, larron , Qui se appelloit Monechelitarum*, Disant que Crist , nostre seigneur et maistre , Comme il voulloit le donner à congnoistre A ung chascun , pour resolution Ne avoir en soy que une opperation , Et mesmement riens que une voulenté ; Mais luy, estant de l'ennemy tempté , En soustenant ses dictz et vitupères, Par quatre vingtz et dix neuf sainctz pères Fut mis au renc des hommes non saichans.

Philippe fut au nombre des meschans

1. Ce vers et les deux précédents sont remplacés dans Nyverd par ceux-ci :

Et malheureux, voulant la loy abatre De Jésus-Christ , est nul à reputer, Et que du tout il convient rejecter Son furieux mauldit predicament.

Après fallut disputer sagement, etc.

2. Gringore prend là le Pirée pour un nom d'homme. Monothditarum (il faut un t, et non un c, mais la bévue n'en est pas plus grosse) est le génitif pluriel du nom latin de la secte des Monothélites. Sortant comme conséquence des querelles du Nestorianisme et de l'Eutychianisme, ils reconnoissoient une nature humaine dans le Christ, mais la considéroient comme tellement effacée par sa nature divine qu'elle n'avoit pas d'action propre , et conduoient par suite qu'il y avoit dans le Christ, non pas deux volontés résultant de ses deux natures, mais une seule.

Le Blazon des Hérétiques. 319

Jmperateurs, qui hereticques furent".

Durant son temps les catholiques eurent Beaucoup de peine et excessifz travaulx ; Car il vouloit, comme herectique faulx, Que on ostast ymages de l'église , En les boutant pour en faire à sa guyse Comme en la foy desriglé dissolust2.

1 Et à Grégoire aussi Léon ? voulust Expressément commander telz oultrages Qu'il fist destruire ou brusler les ymages , Sans en laisser en l'esglise ou palays. Grégoire dist : «Sont les livres de lays, Et simples gens [qui] n'ont la congnoissance Dessainctz esperitz4», résistant par puissance Contre Léon commandant l'opposite.

Lors le pouvoir de l'empire introduicte En hérésie on abatit alors Par vrays crestiens , qui firent leurs efFortz A résister contre leurs hérésies , Faisant cesser maulvaises fantasies ; Car à bout vint de son intention Contre hérésie , et vénération 5 De ymages est comme du passé faicte ; Par icelluy d'hereticques la secte Fut, en consille, à Romme condampnée Avec Léon et excommuniée.

1 . Philippicus, ou plutôt Filepicus Bardanes,fut empereur d'Orient de 7 1 1 à 7 1 3 .

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