‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 27 sur 59 · AU XTX« SIECLE. — L. ROBERT · texte numérisé non relu

AU XTX« SIECLE. — L. ROBERT

teerce ^mystère de 'l'âme italienne; je dis que cette étude est aussi du ressort du peintre. Je voudrais les observer de près, ces paysans d'Italie, qui se font volontiers brigands, insurgés ou 'oontnebandiers; — chas eux c'est tout un, — mais qui ne supportent pas le service militaire, et que ILéopold liobetft a faits si beaux, qu'on les prendrait pour les dieux des campagnes travestis.

Après ce que je viens de dire, il est inutile que j'instste.-suf oer.tains i détails iqui font ressortir «encore (plus l'irrationalité du tableau. Quelle est cette grande femme, roide^et .guindée, portant un marmot dans une gaine, et qui trône, sans le 'moindre sourire, an haut du char, comme une Notre-Dame .des Ermites sur «on autel? On ne peut faire uu pas en Italie sans être poursuivi par l'image de la Madone, à moins que nous ne prenions celle-ci pour une Jsis ou une Gérés, ce qui revient au même. Tandis que les hommes dansent au son de la cornemuse, la femme en question semble pleurer misère sur les quelques maigres gerbes jetées de çà et de là sur le tombereau, à seule fin d'avertir les,passants que la moisson est faite. Léopold Robert n'avait pu manquer cependant d'observer en France, ou même en Suisse, les montagnes de gerbes que nros paysans rentrent chez eux au temps de la récolte, et dont la dernière arrive couronnée de verdure et de fleurs, aux cris de joie des enfants et des femmes, à

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grand'peine hissés au sommet : image bien autrement vive de la richesse champêtre, qui remplit d'une joie concentrée le cœur du fermier. Léopold Robert a reculé devant cette abondance plantureuse, à côté de laquelle il n'eût su apparemment comment disposer ses personnages, et il a dépensé son talent en une concep : tion fausse et une fantaisie inutile *.

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