‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 29 sur 59 · AU XIX» SIÈCLE. — H. VBRNET · texte numérisé non relu

AU XIX» SIÈCLE. — H. VBRNET

de ceux qui la mènent et rhwtruiseBt. Louez tant qu'il vous plaira la pureté et la correction de dessin de M. Ingres, la beauté idéale de ses figures; louez, en M. Delacroix, le mouvement, la vie, le prestige de la couleur, l'énergie de l'expression; insistez, en revanche, sur le dessin étique, la touche sèche et coupante, keoléris4mmanty l'absence d'idée, de poésie, d'émotion, de caractère, qui distinguent M. Horace Vernet : . vous n'en serez pas moins forcé de reconnaître qu'entre eux tous l'illogisme, la contradiction, ïfcacoiBéquence, l'absurdité enfin sont les mêmes; ooneéqnemmeiït que l'art, tel qu'ils l'entendent et le pratiquent, est «sans base, et que si le dernier peut être aocusé'd'avomr '©ontabné ptas que ses deux rivaux à cronrempre le goût ée son qpays, cela vient-dé ce que,4ans la*partie primapale de son œuvre, il a su mieux spfleM se faire compoendne , «e qui établit en sa faFveur'UBe^ompenstftKm. r.ad vu au palais .de Versailles la fameuse Smala, obefid'ceuvredMoirace Vemet, qui a soixante-six *pieés dedong sur seize de hauteur. L-effet qu'a produit sur moi ce itableau-igalcrie m'a donné la mesure de Phomme, atm'a dégoèté pour jamais ide sa peinture. Je ne sais si le lecteur se rappelle répigramme de Racine sur la Judith «le Boyer :

A. sa Judith Boyer, par aventure, Était assis près d'un riche caissier.

l aise 'était, car le toon financier

S'attendrissait et pleurait sans mesure.

a Bon gré tous sais, lui dit le vieux rimeur;

Le beau vous touche, et ne seriez d'humeur

A vous saisir pour une baliverne. »

Lors le richard en larmoyant lui dit :

« Je pleure, hélas ! sur ce pauvre Holopherae,

Si méchamment mis à mort par Judith. » '

Sottise et impuissance ! Je n'ai pas d'autres termes pour caractériser de* pareils ouvrages. Boyer, poète tragique, fait si bien que son héroïne, Judith, la sainte et vaillante amazone des Hébreux, paraît atroce, et que le spectateur la maudit, tandis qu'il s'apitoie sur le chef des Barbares, descendu du Nord pour détruire le peuple de Dieu. M. Horace Vernet, à son tour, chargé de célébrer un des faits d'armes de l'armée française, conçoit son sujet de telle sorte, qu'en présence de son immense tableau, à la vue de ces femmes éperdues, de ces vieillards, de ces enfants, de ces guerriers massacrés dans leurs tentes en défendant leur liberté et leur patrie, on se sent saisi d'horreur et de colère contre cette bande d'étrangers qui, depuis plus de trente ans qu'ils ont mis le pied en Afrique, n'ont su, sous couleur de civilisation, que ravager, piller, brûler, enfumer, massacrer, faire des razzias, ramasser des boudjous, refouler les populations et étendre le désert, comme faisaient jadis les hordes de Tamerlan, de Gengis-Khan, d'Attila, deXerxès, de Nabuchodonosor et autres fléaux de Dieu, que le progrès de

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