IS8 DB LA PORNOCRATIE
([U^une convention qui peut être remplacée par autant de conventions semblables qu'il y a de corps pesants, mesurables et comparables dans la nature; ce qui revient toujours à dire que Faction de peser ou comparer est double, qu'elle implique deux termes» ni plus ni moins. Faire du kilogramme ou du décimètre cube d'eau distillée à de température le régulateur et le prototype de la balance, c'est bon pour la pratique du commerce, ce n'est rien en philosophie, pas même en économie politique : c'est une naïveté d'enfant au-dessous de sept ans.
M. Enfantin raisonne de l'échange, de la monnaie, de la banque, comme du pesage. Selon lui, la comparaison des valeurs implique aussi trois termes : 1^ deux objets différents que Ton compare, soit un chapeau et une paire de bottes, et un troisième qui en exprime le prix, la monnaie. Mais ici encore, il est clair que la monnaie, comme le kilogramme, est un signe de convention, choisi entre toutes les marchandises, pour la facilité et la rapidité des transactions ; il n'y a pas trois termes, il n'y en a toujours que deux : l'analyse économique n'a rien Lusse à dire à cet égard.
Ces deux exemples suffisent pour montrer la
jjUlière logique de M. Enfantin. Passons aux applications. Elles sont curieuses : la philosophie synthétique de M. Enfantin pourrait s'appeler la philosophie de Fintermédiaire.
Dans le fait du pesage, par exemple, il ne suffit pas, vous dit-il, des deux plateaux de la balance, il faut le poids, expression de runité de pesanteur. Cette unité est définie par l'État, organe de la loi générale, d'après laquelle les deux corps mis en balance sont comparés et appréciés. L'État, invaiteur des poids et mesures, est donc Tintermédiaire obligé de tout pesage : aussi le pesage dans certains cas, était une fonction publique ; la balance, un instrument public pour laquelle on payait un certain droit, n en reste encore des vestiges. Moi, je dis que tout cela est fiction et qu'on ne doit rien payer.
Même chose pour l'échange :
< Dans le fait d'échange, dit-il, — toujours par fc la plume de M"^® J*** L***, page 158, — il ne c suffit pas de deux puissances individuelles, € d'un vendeur et d'un acheteur, il faut encore
« une troisième puissance qui, en fixant la
« valeur, fasse Tunité entre les parties et rattache < le fait particulier d'échange à une loi générale « reproduite dans Tordre social. Cette troisième