DE LA I»6RN0CM11B
Vôïlà donc ùè que le coîameroe dès hommes, fidt le libîe amotur, &it d^une femme : il la dévaste, la déûatûte, la travestit et en fait une apparence, hideuse à voir, de mâle. Or, je vous en préviens, toute fréquentation exagérée des hommes, alors même qu'elle se borne à de simples ôonversations de salons, d'académies, de comptoirs, etc., est mauvaise pour la femme, qu^elle déflore, et insensihlement corrompt. Je dis plus, il est impossible qu'une femme, sans
fréquenter plus qu'il ne convient des hommes,
s^occupe hahitueUement de choses qui ne sont pas de son seïé$ sans que sa grâce naturelle en âouffî^, et, seloù le cas, sans que son imagination s^allume, que ses seus s'enflàmmént et que la porte du péché ne ^'ouvf e toute large devant elle.
Tel est lé rapport qui lie le fait à l'idée, qu'on peut toujours, che« un homme qui nie avec persévérance un point de morale, saisir un commencement d'infraction à cet article de la morale. 11
est impOSIihle, par exemple, de professer en
théorie le despotisme et d'être en pratique franchement libéral; impossible, en économie politique, de soutenir rarbitraire des valeurs et de pe jpos tomheri si |>eu ^ue ce çoit, dai|s l'agiotage
OU l*usure ; impossible de préconiser le libre^ éoliaiige sans favoriser, plus Ou moins, la contre^ l)ânde. Je dis de même ({u'il est impossible à une femme de passer sa vie au milieu des bommes»
de se livrer à des études ou à des occupations viriles, de professer^ paf exemple, la tbéorie du libre amour, sans que dans son extérieur elle prenne quelque cbosé de la virago, et qu*elle ressente tu fond du cœur une pointe de liberti-» nage.
Molière, dans sa comédie desi^i^^;^^ savantes, a parfaitement saisi ce principe. Il représente une mère de famille, Piûlaminte, bonnête dans sa vicf — le bel esprit lui est venu tard, -— mais chantant plus haut gue le cog, oomme le dit la servante, par suite du plus baïssable caractère» t^an de son mari et de sa fille; à la fin, la plus misérable des dupes. A côté de Pbilaminte est it sœur Bélise» vieille prude occupée à cbasser Tamour de obez elle, mais qui croit tous les bommes amoureux d'elle, et ne leur en veut pas pour cela. Qu il jr en ait un qui daiftte Tentreprendre» elle fera quelque folie, c'est visible. Vient enfin la fille aînée de Pbilaminte, W^^ Ar^ mande, qui ne demanderait pas mieux que dft
jouer du matin au soir ayec Tamour^ mm ^ 99
f$0 DE LA PORNOCRATIB
peut se décider à coucker contre tm homme vrai^ ment nu. C*est le spiritualisine de Descartes qui lui donne de ces idées, auxquelles Henriette, la ménagère, qui ne sait ni philosophie ni grec, ne pense pas du tout. Molière, aussi grand moraliste que grand comique, vous connaissait à fond. Il savait ce que valent la raison, la vertu et les délicatesses des émancipées. Vous ne voulez pas seulement être hommes ; vous cherchez les hommes ; voilà ce que vous a prouvé Molière dans sa comédie des Femmes soMntes et dans celle des Précieuses.
J*ai parlé précédemment des vivandières. Je suis loin de penser ni de vouloir dire du mal de cette classe intéressante de citoyennes. Toutes soiït mariées ; la plupart, sans doute, fidèles. Mais elles sont à moitié soldats ; elles vivent dans la caserne ; elles figurent dans les revues ; elles sont portées sur les registres des régiments sous un numéro. J'ignore si leur service est absolument indispensable ; mais je voudrais, pour le respect du sexe, Téloigner absolument du militaire. La Vhandiire de Béranger m*a toujours paru et me paraît encore une chanson magnifique. Avouons cependant que cette composition ne tire pas précisément son éclat des gr&ces à%
Catin. J'en dis autant des dames de la halle, plus terribles que leurs maris, les forts. Aucun gouvernement n*a osé jusqu'à présent débarrasser le marché parisien du privilège de ces dames : on dirait qu'elles portent une révolution dans leurs jupes.
J'ai habité longtemps près d'un hospice où se faisait un cours d'accouchement : c'était une véritable école de prostitution et de proxénétisme. Certes, il est d'honnêtes matrones dans la corporation des accoucheuses, j'en ai connu, et vous en êtes, vous, madame Jenny d'H***, un fier exemple. Mais je ne puis m'empêcher de croire, quand vous daubez sur les accouchements, que vous combattez beaucoup plus alors pour la clientèle que pour l'émancipation. De bonne foi, comment voulez-vous qu'une jeune femme repasse dans son cerveau certains sujets, sans que son imagination brûle et que sa pauvre tête se monte? Le moins qui puisse lui arriver c'est, en se mariant au plus vite, de porter, comme on dît, les culottes. Connaissez-vous un homme ile goût, ime femme qui se respecte, qui veuille, pour sa fille, d'un pareil métier et d'un tel avenir ?
C'est bien à tort, madame, que vous voudriez
SI Dft LÀ PORNOCHâTIS
nous faire considfîrer Tetiiploi des acooueheuts comme im Bymj^tôme de relftchement, et le lèle que YOuft témoigULei à oe sujet dans vos brochures proute tout Aimple^ent le désir que vous tyei d'Intéresker à votre thèie la pudeui^ des f(Hnmes en couches. C'est de la tactique» rien de plutf. J'en aurais lOag à dire sur les aages^^femmes» aUssi bien dana lai canlpagnea que dans les yijileai Je m'abatienS) de peur de difitoiation» Dèft Tinstant que laa fammea» dans Une société parvœue à un haut degré de oiyilisationi ne peuyant plua a'accouchw toutaa aeules» comme faisaient les femmea dat Hébreux en Egypte» et oomme' le font anoote aujourd'hui toute! lea négresses et aauvageasaa ; dàa Tinatant que» par le dévelop^ pâmant da la aansibilité nerrauseï raccouche» uMïi eat derenu uft caa pathologique» il vaut miaUX) dans Tintérdt mttme de Thonnâteté publia que^ ap^lar la médecin que foire instruire! dans œtta aoimoa scabreuse >. de jeunes paysannes. Entra le médadin at la fismme en teuche» en»
totyiSa da ion mari M des siens» la pudeur n'en pas plus intéressée qu'entre le soldat blessé et la ateur do charité. Àllea*«voua donc aussi, soua prétexte de pudeur» chasser les femmes des hopitautt Noui non : la femme» comme le mé-
DANS U95 muara HôôdUKEs. a
dedn, mi à êon poste au lit du malade ; dêTEUt le péril, k pudèur ee r^iré sous Tedlé de le (^ha» rite. Le dëtou(»&è&t 6éul ici se montîe : détoue* ment de Thomme eutêfi là f^iune» dévouement de lu femme e&tmi Thomme. G*eet la loi du ttâ*^ nage qui gouverné i6i) loi ({ue VôlM Msi^d pu« de\ur M comprend pae> parce que vous ètaa M^t affranchie» Quant à m<A^ Je VOUS le déclare, Je préfère mille fciai pour la morale publique et pour la morale domestique, lé risque du docteur à celui des aeoouoheUââi, mèmesy^f^jf .
Cette histoire des médecins-accoucheurs, dont vous ftdtes tant de bruit, m'en rappelle une autre que je vais vous dire, au risque de me fkire
accuser encore une fois par M°^* J*** L*** de uniMùe à tàèseênUé. Je suis Sûr qu'elle tae saura gré de Tanecdote :
J'ai ocmnu un entrepreneur de remplacement»
militaires» au tempe où les remplacements mili-^ taires étaient objet de commerce, dont la fiemme, en Tabsence dé son mari, faisait la visite corporelle des sujets. Elle auscultait, palpait sa marchandise, la feisait marcher. Tombez fleviî
disaii^e Du reste, une très-brave femme,
que jamais on ne soupçonna de galanterie. ËUe gerçait son métier philosophiquement. Les
84 DE LA PORNOGRATIE
remplaçants à ses yeux n'étaient pas des hommes : c'était de la chair à canon. Une telle femme, dans le monde des affranchies, serait un modèle; mais quel homme s'en approcherait
sans dégoût? J*ai vu à la campagne des filles
de fermier, propriétaires du taureau banal, qui, dans le cas de nécessité, le père n*y étant pas, s'acquittaient de la besogne sans le moindre embarras. Honni sait gui mal y pense. Ce que faisaient de leurs mains ces viciées rustiques est indescriptible. Chose curieuse, elles n*en paraissaient pas le moins du monde émoustillées, au contraire. Quant à moi, jeune gars, je puis bien dire que je n*ai jamais rien senti pour ces luronnes. »
Tout cela n*est que grossier et tire médiocrement à conséquence ; si je le rapporte c'est afin qu'il soit établi, contre les bégueules qui mettent la main sur leurs yeux et regardent à travers Içs doigts, qu'il y a positivement une distinction à faire entre les attributions de Thomme et celles de la femme; que la paix domestique, et une part considérable de la morale publique, dépendent de la définition qui sera faite des uns ^t des autres, attendu que toutes les fois que la femme sort des bornes que lui assigne la nature, elle se
déprave et avilit d'autant rhomme» et que bien loin d*en usurper les fonctions, sa plus grande crainte doit être de lui ressembler.
J*ai cité la fille du fermier au taureau, la marchande d'hommes, Taccoucheuse jurée, la vivandière, la dame de la halle, la courtisane, la savante; suis-je à la fin? On en ferait un dictionnaire. Tenons-nous-en aux deux catégories principales : les artistes^ comme on les appelle, et les esprits forts.
La femme, expression de Tidéal, à qui la nature a donné en prédominance la beauté, a des dispositions esthétiques que je n*ai garde de nier, puisque ce serait me contredire. Mais ici, comme partout, la question est dans la mesure, chose dont vous autres, mesdames les immodérées, ne voulez pas entendre parler. Outre, qu'aucune femme n'approcha jamais, même de loin, les grands artistes, pas plus que les grands orateurs et les grands poètes, il faut considérer encore, dans l'emploi des talents féminins, les convenances du sexe et de la famille, qui dominent tout.
Chez les anciens, les rôles de femmes étaient joués par des hommes. La raison en était d'abord que les anciens croyaient impossible de bien
•6 !» liÀ PORNO€RA*ri]ft
représo^ter Tunoiir sans foire l^mour, et qu^s ii^admettaient pas sur la scène œ passage de la fiction à la réalité; puis Us eusseiit regardé le métier d*aetrica, ou tout autre analogue) comme ui^ puUicUâ o^pmèHe0^H9n offieielle de la femme, ohosA à lafuelle rkonBêteté municipale répugnait. Nous awna eliangé cela : pos«Q)le que le ikéltvo 3^ pii g^p^} ''Bk^i» les mœurs! Qu^on y réfléehisso i tout honnête père de ftimille qui fréquente le théâtre est plus ou moins ftiuteur do prostitution sHl j conduit sa i^mme ou sa
fille Jo ne pousse pas l^nduetion plus loîn..
Il est de ftiit que la grande majorité des femmes. do théâtre oultive l'amour libre; quant à celles qui se oontentent de leurs maris, et on assure qu'il ^ en a, il faudrait roir si, dans intérieur do lours ménages, elles ne prétendent pas, en tout et pour tout, compter autant que leurs cama- Pêies. Ou la subordination des femmes, garantie par la réserve de leur vie, ou Tavilissement des hommes : il feut choisir. Je sais bien que la nature, qui partoul crée des cmbiffus^ comme disait Fourier , semble avoir prédestiné certains mâles à servir de ehaperons à leurs moitiés. A la bonne heiùo \ A femme émancipée, mari benêt. Paix et tolérance à ces braves sacrifiés. Mais qu^on n^oa
DANSi Us» TiSMPS WOJPiEilJ^îES. 87
fiubse pas des modèlent surtout qu'on n'érige jmis Uur exemple en ina:i&ime de droit civil et poli-tique. En résuçié, je ne demande pas la ferme* ture des thé&trea ; mais je dia qu'il noua reate fort à faire pour leur niomli$ation« Sur oa point on n*a nullement répondu w% çiyeotiona de Roua*» aeau et de Boaauett
Paa«K;^na aui( femmes d€t lettrea» J'û raeounu k la femme une fonction d'éducatiicei ja M eitta pas en cela avoir fait aucune ooneaaaioii à mê adversaires, I^ flamme, par la qualité da son esprit, est placée entre aon mari et sea enfants comme un réflecteur vivant, ayant pour mission de concréter, simplifier, transmettre à de jeun^ intelligenoes la pensée du père. L'homme vivant en société, les familles formant la cité par leur union solidaire, je crois que la femme qui pos^ sède à un haut degré les aptitudes de son sexe peut étendre la sphère de son rayonnem^t sur la communauté entière. De même que la l)eauté
de quelques-unes profite è^ toutaa» k vwtu 4minenta, le talent hors ligne de quelqunâHiiuea paut aussi profiter non-seulement à toutes, mais à tous. J'admets en conséquence que la femme partage, jusqu'à un certain point, avec l'homme, la fonction d'à^rivain; mais c'eat toujours à la
88 DE LA POHNOCRATIfi
condition que, même lorsqu'elle écrit, même lorsqu'elle se montre en public, elle reste femme et mère de famille : hors de là, je ne la souffire plus. Or, là est le point délicat. Il est bien difficile que celle qui prend la parole devant l'assemblée n'ait pas le verbe un peu plus haut dans le ménage. Plus donc une femme montre de talent, plus elle a besoin de vertu domestique. En sonmies-nous là? Le public, par ses applaudissements indiscrets, est le premier auteur du désordre. On dirait même qu'il fasse une médiocre estime de celles qui, au talent le plus vrai, joignent une conduite réservée et modeste. Une pointe de scandale ajoute à la célébrité du bas-bleUy et lui donne tout son parfum. W^^ de Meulan, M"^® Amable Tastu commencent à être oubliés. M°^® Necker de Saussure n'est connue que des institutrices. Combien d'autres, plus hardies, ont vu leur réputation s'étendre avec leurs galanteries! - t
Je consens donc à ce qu'une femme, à l'occasion, écrive et publie ses œuvres; mais je demande qu'avant tout le respect de la famille soit garanti. « La femme, dit le Gode, ne peut <c doimer, aliéner, hypothéquer, adquérir, tester « en jugement, ^ans l'autorisation de son mari. »
DANS LBS TEMPS MODERNES. m
Ck>minent le législateur n*a-t*il pas tu que le cas est bien autrement grave, pour la dignité du mari, pour sa sécurité, lorsqu'il s*agit de la pu«blication d*un écrit, ou de toute autre exhibition de sa femme. En France, ce sont les hommes qui se montrent les plus empressés à faire valoir ainsi leurs moitiés. En 1847, quelque temps avant la révolution de février, j*ai assisté à Paris à une séance politique et socialiste, dans laquelle une femme, fort belle, faisait, sous la protection de son mari, ses débuts oratoires. Il n'y avait rien à dire, puisque le mari était là, servant à sa femme d*appariteur. L'improvisation fut au-dessous du médiocre : Madame n'était pas en voix. Je ne saurais dire ce que je souffrais pour cette pauvre femme, montrée par un imbécile d'homme. Je crois, si j'avais été Tamant, que je l'aurais fait à l'instant rentrer chez elle, et que j'aurais souffleté le mari. Une femme qui écrit ne devrait être ^ connue du public que de nom ; une femme qui pérore devrait être consignée à la nvaison.
J'étais à la séance des cinq académies dans laquelle M*** Louise Colet-Révoil vint recevoir le prix de poésie pour sa compositiop sur le musée de Versailles. Il y a plus de vingt ans de cela : M^® Louise Colet doit être vieille; depuis
M lUBi U PORKOCIUXIS
i^e ii*a produit ri^n qui vaille. Je m'irritais en 9Qoi«lu^e de voir une jeune femme exposée aux regards I a'enlvrwt des applaudissements du puJUiio, plu$ qu'elle ne faisait sans, doute de Tapprobation de son mari et des oaresses de ses enfants. Q me semblait alors que si j*ayais été le conjoint responaaJbile de cette léaurate, je lui aurais dit» lorsqu'elle serait venue me présenter 8a couronne ; « Madame, vous avea envoyé vos « vers au concours malgré ma prière ; vous avez < paru à la. séance de TÂcadémie contre ma « volonté* La vanité vous étouffe, et fera notre « malbeur à tous deux. Mais je ne boirai pa? le « calice jusqu'à la lie. A la première désobéis* « aance, qudque part que vous vous réfugiez, je « vous réduirai ài l'impuissance de vou? remontrer « et de faire parler de vous... » Et comme je l'aurais dit, je l'aurais fait. Dans ime société où la loi ne protège pas la dignité du chef de famille, c'est au chef de famiUe à se protéger lui-même. En pareil cas, j'estime, comme le Romain, que le mari a wx la femme droit de vie et de morlt.
La pire espèce d'affranchie est la femme esprit
fort» . celle qui se mêle de philosopher, qui, aux
travers habituels de l'affranchissement, à l'hor-
. reur du mariage, joint les prétentions d'une doc-
trine, Torgueil d'un parti, Vespoîr secrçt d'une déchéance en masse du sexe mâle.
Chez la femme artiste, ou faiseuse de romans» rémancipation arrive par Timagination et les sens. Elis est séduite par Tidéal et la volupté. La courtisane antique appartenait à cette catégorie : c'était, en son genre, une artiste. La bayadère de Tlnde, Talmée de TÉgypte, les femmes des maisons à thé au Japon, sont aussi des artistes. tJn mot du cœur, une bonne parole, du pain bien souveait ; il n en faut pas davantage pour les changer. G^est ainsi qu'en usa Jésus avec la Magdeleine. Au demeurant elles sont femmes, plutôt affolées qu'émancipées. G^est pourquoi bien des hommes les préfèrent aux stoïciennes, chez qui la vertu prend le caractère de l'autorité.
L^esprit fort femelle, cette poule qui chante le cog, comme disent les paysans, est intraitable. Le détraquement de Tesprit et du cœur, chez elles, est général. Dans la critique que j'ai faite de M"^«s Roland, de Staël, Necker, de Saussure et George Sand, chez lesquelles j'ai signalé, à des degrés divers, la présence de la maladie, j'en ai fait ressortir ainsi les principaux symptômes :
« Par cela même qu*une femme, sous prétexte de religion, de philosophie, d'art ou d'amoiur,
9t DE LA PORNOCRATIE
s*émaiicipe dans son cœur, sort de son sexe, veut s'égaler à Thomme et jouir de ses prérogatives, il arrive qu*au lieu de produire une œuvre philosophique,, un poème, un chef-d'œuvre d*art, seule manière de justifier son ambition, elle est dominée par une pensée fixe qui de ce moment ne la quitte plus, lui tient lieu de génie et d'idée ; c'est qu'en toute chose, raison, force, talent, la femme vaut l'homme, et que, si elle ne tient pas la même place dans la famille et la société, il y a violence et iniquité à son égard.
9 L'égalité des sens avec ses conséquences inévitables, liberté d'amours, condamnation du mariage, contemption de la femme, jalousie et haine secrète de l'homme, pour couronner le système, une luxure inextinguible ; telle est invariablement la philosophie de la fenmie émancipee***» y
Et plus bas j'ajoute en finissant :
« Ce serait à redire sans cesse les mêmes choses, n nie faudrait montrer toujours la fenmie, quand une fois la manie d^égalité et d*émancipation s'est emparée de son esprit, pourchassée par cette manie comme par un spectre ; envieuse de notre sexe, contemptrice du sien, ne rêvant pour elle-même qu'une loi d'exception qui lui confSère^
entre ses pareilles, les privilèges politiques et domestiques de la virilité ; si elle est dévote, se retirant en Dieu et dans son égoïsme ; si elle est mondaine, saisie par Tamour, en épuisant honteusement les fantaisies et les figures; si elle écrit, montant sur des échasses, enflant sa voix, et se faisant un style de fabrique, où ne se trouve ni la pensée originale de Thomme, ni la reproduction de cette pensée gracieusement réfléchie par la femme ; si elle fait un roman, racontant ses propres faiblesses ; si elle s*ingère de philosopher, incapable d'embrasser fortement un sujet, de le creuser, de, le déduire, d'en faire une synthèse; mettant, dans son impuissance métaphysique, sa pensée en bouts de phrase; si elle se mêle de politique, excitant par ses commérages les colères, et envenimant les haines. »
En résumé, la femme atteinte de cette manie tend à se séparer de cœur et d'esprit, de son sexe, qu'elle dédaigne, qu'elle prend en grippe justement en ce qu'il a de meilleur. En même temps elle jalouse, dénigre et s'attache à égaler ou mdme à supplanter le nôtre, sans pouvoir néanmoins jamais l'exprimer, ni seulement le comprendre. De tout cela résulte pour l'infortunée une sorte d'hermaphrodisme idiosyncratique qui
M DE LA PORNTÔCîlAtlË
lui fait perdre, avec les grâces de son sexe, le vrai tentimenl de Tamour, lui rend le mariage odieux, et la précipite, de pensée et trop souvent de fait, dans un érotisme de plus en plus excentrique. Les affections dépravées, Tintelligence à son tour se décompose ; les œuvres de la femme émancipée se font remarquer par une excessive inégalité, un intarissable bavardage, un mélange de puérilités féminines et d^afifectation de mascu* linité. Ne parlons plus de raisonnement ni de raison; des mots détournés de leur sens, des idées prises à l'envers ; un empressement visible à s^emparer des pensées et des expressions de l'adversaire pour s^en faire à elle-même des arguments ; l'habitude de répondre au dernier mot du discours au lieu de répondre au discours même ; des démentis contre Tévidence, des formules pillées partout, et appliquées à tort et à travers, des calembours, des coqs-à-ràne, des chargea ; bref, la confusion de tous les rapports, ranârchle des notions, le chaos ! Voilà par quoi se distingue l'intellect d^une femme émancipée. Ces traits, que je me suis borné dans mon étude à relever sur quelques-unes des célébrités du siècle, je les ai observés sur des centaines de sujets. Puisque yos publication? mV autorisent, vous ne Irotx*
DA|® tfiS WSPB ItODfeÀNES. M
T6rè2 ^8â mauvaiâ, mesdames, ^uè Je Vous fhsse entrer à votre tour Sans ma galerie, et q[a6, laissant de côté vos personnes, Je montre, par vos livres, ce qu*îl en èât de votre entendement.
Oh ! mesdames, Je sais Ce (fixe vous ailes me dire : que les idées que vous défendez ne sont pas les vôtres ; qu elles datent dé plus loin que VOUS ; que tout ce que vous avez fait a été d'y apposer votre cachet, et que par conséquent les consé* quences que je me propose de tirer de cette autopsie sont sans fondement. Vous, M"^® J*** L***, vous descendez en ligne droite du Père Enfantin; vous, M°^® Jenny d'H***, vous faites partie d*une autre branche du saint-simonismé, qui, il y a quelques années, avait pour organe uae Revue soi-àisdini pMlosopAigw et relir ffieuse. Je sais tout cela, et suis prêt à vous donner à l'une et à l'autre décharge de toute invention et initiative. Oncques ne prétendit que la femme qui s'émancipe de l'homme puisse accoucher, sans lui, d'un sophisme, pas plus que d'un bâtard. Mais que vos théories viennent dUeffir minés ou diémancipéSy n'est-ce pas toujours, pour le fond, la même chose, d'abord, quant à ces théories en elles-mêmes, dont le principe est la promiscuité des notions, et la fin la promis:^
M DK LA PORNOCIULTIB
cuite des ambun ; puis, quant à vous-mêmes» ipii TOUS en fidtes les pythonisses. Qu^importe» en effet, pour votre état mental, que votre esprit ne puisse produire ou s'assimiler que des vesseloups? C'est le vice propre de votre thèse qu'on ne puisse la réfuter sans constater en môme temps l'ulcération de votre cerveau.
DANS LES TI:MPS MODKRNES. 07
Savez-vous, M"** J*"^ u^**^ ce qu'il y a au fond de vos idées antiprovdhaniennes sur T amour, la femme et le mariage? Je suis sûr que vous ne vous en doutez seulement pas. D*abord votre brochure de 196 pages semble Tœuvre de plusieurs mains. Il y a des parties qui sont de vraies catilinaires : là surtout apparaît le génie de la femme ; d'autres sentent le professorat d'une lieue. Vous parlez, avec ime facilité dé verbe capabled'effrayer les ignorants» de métaphysique, de synthèse, d'antinomie; Tabsolu, l'idéal, le concret et l'abstrait se jouent sous votre plume, comme les amours à la ceinture de Vénus. Ici se voit la pédante qui répète, mot pour moi, sa leçon de la veille, si tant est que ce ne soit pas son professeur qui lui ait fait son thème. Eh bien ! madame, quelque pénible qu'il soit de dire à ime femme instruite, douée d'esprit naturel, qu'elle ne voit goutte dans les choses dont elle parle, il faut que je me résigne à celte cruelle
DE LA PORNOCRATIE
extrémité. Votre brochure, de même que les deux volumes de M.^^ Jenny d'H***, est ce que j*aî rencontré jusqu'à présent de mieux pour démontrer, par l'exemple, cette proposition, qui fait tout le fonds de ma réponse : -*- La promis-