La tribune 'publique
L'empereur ne parle que par des édits : il n'a point de rostres; en fermant la bouche aux orateurs, il s'est bâillonné lui-même et réduit au silence. — L'épiscopat, au contraire, a la parole; 1.800 chaires parlent au peuple : quand l'empereur dira out^ 1.800 bouches sacrées peuvent lui répondre non!
C'est très bien encore : mais qui répliquera à Févêque.
Personne. Quiconque oserait le contredire serait traité d'hérétique, excommunié, chassé de l'Église, et s'il osait élever chaire contre chaire, poursuivi par les satellites impériaux!... Il n'y a qu'une ressource contre cette puissance oratoire de l'épiscopat, c'est dans ses propres discordes, dans ses luttes et dans son anarchie. Elles ne manqueront pas! mais quel chaos 1...
7. Puissance législative, assemblées régulières, au printemps et en automne 1 — Supérieure à celle de l'empereur, à qui il ne reste que le civil et qui perd le spirituel I... gouvernement de métropolitains, indépendant de l'empereur, comme du reste de l'Église.
Lire Zo^ime, l'historien accusé de partialité depuis treize siècles par les admirateurs chrétiens de Constantin.
Maintenant Thistoire, qui a prononcé contre le Christianisme, s'élève avec plus de force contre Constantin.
On l'accuse de précipitation, d'incapacité ambitieuse, d'avoir, par sa conversion brusque, fait pis que Galérius par sa persécution impolitique, enfin d'avoir sacrifié la civilisation et les derniers restes de la puissance romaine, sans compensation aucune, k l'hypocrisie chrétienne et a la tyrannie de l'épiscopat.
322. Constantin défait les Sarmates en Pannonie et tue leur roi Rosi monde (?).
Il passe le Danube sur le pont de Trajan, pénètre dans la Dacie et, après un grand carnage de barbares, leur accorde la paix , k condition qu'ils fourniraient un corps de 40.000 hommes.
Construction du port de Thessalonique.
— Deuxième concile d'Alexandrie, de plus de 100 évêques.
— Agitation des évêques d'Asie, au sujet de l'arianisme. — La Thalie, Commencement d'Athanase.
323. Dernière guerre entre Constantin et Licinius, provoquée par la différence de leurs sympathies et de leur politique.
Maintenant, on peut dire que le Christianisme a des armées k son service et qu'il va continuer par la victoire ce
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qu'il a commencé par l'insurrection. Les 'prétoriens au service des chrétiens !...
La chose est pourtant vraie à la lettre. Les distributions de Constantin ne furent pas moins abondantes et flatteuses que celles de Sévère et Caracalla....
Constantin déclare qu'il ne prend les armes que pour la liberté de l'Église ; — sur l'appel de Licinius, quelques officiers chrétiens reprennent du service ; ils sont consultés par les évoques d'Asie, qui ne cessent de faire passer a Constantin des avis et des contributions. Évidemment, la position de Licinius n'était pas tenable.
Licinius, 150.000 hommes, 15.000 cavaliers, — une flotte de 350 galères.
Constantin, 120.000 tant infanterie que cavalerie — 200 petits vaisseaux, -— vieux soldats que Constantin appelait convéiérani»
— Édit de Constantin, concernant le Christianisme : édits contraires de Licinius.
L'heure de la tolérance, de la fusion, est passée: — Le Christianisme a repoussé Simon le Mage et Apollonius, il a préféré se faire juif; on ne peut être, dit-il, a Jésus et à Béhal ; il faut opter ! alors, le neuf emporte le vieux,
— Les Goths font des courses jusqu'en Illyrie et sont chassés par Constantin, qui s'avance sur les terres de Licinius. Prétexte de guerre.
— Prise de Byzance , destruction de la flotte de Licinius par Constantin.
— Triple défaite de Licinius : 1° k Andrinople (3 juillet), où il perd 34.000 hommes; T à Gallipoli (août), et 3° à Chalcédoine, oii il perd 120.000 hommes. ^ Sept batailles gagnées, depuis 312, par le Christianisme!... Constantin réunit tout l'empire et se contente d'exiler Licinius à Tbessalonique.
Les prodiges se multiplient autour de Constantin et rappellent l'antique faveur du sacerdoce juif pour David.
394. Nouveaux édits en faveur de la religion. (Cf. Fleury, lll, 95).
Lois de Constantin ; rappel général des exilés, proscrits, etc.,
AN\324 APRÈS JÉSUS-CHRlST. âlH
pour cause de religion , — restitution de leurs biens et emplois. /
Défense de sacrifier aux idoles , ni d'en ériger, ni de faire aucun acte de l'ancien culte.
Grand édit qui exhorte tous les habitants do l'empire à embrasser le Christianisme : cependant, il jure qu'il ne veut contraindre personne et blâme ceux qui parlent d'abattre les temples. — L'empereur est saisi de la manie dp dogmatiser : il néglige le soin de l'empire pour lire les Saintes Écritures et rivaliser avec les sophistes chrétiens ^ sur les preuves de la religion. Parmi les preuves qui avaient frappe Constantin et qu'il faisait valoir dans ses proclamations impériales, on distingue les prophéties des sibylles et certains acrostiches sur le nom de Jésus-Christ , et qu'aurait traduits Cicéron.
Aussi pour lui on enfreint les règles canoniques. Quoique. non baptisé, il assiste a la consécration, il célèbre la Pâque , dispute avec le ; évoques, et comme Marc-Aurèle avait enseigné la pluie, il enseigne la religion.
Récompenses, encouragements temporels prodigués aux villes et aux personnes qui se signalent par leur zèle pour la nouvelle foi.
En un an, 12.000 hommes et un nombre proportionné de femmes et enfants furent baptisés à Rome : ils étaient tous du peuple ; aussi il n'en coûta qu'une robe blanche et 200 francs par tête.
Les soldais, la plupart Goths ou Germains, convertis en masse, que leur faisait cela ?
Persécution contre les hérétiques , aux applaudissements des orthodoxes.
Les disciples de Paul de Samosate, donalisles, manichéens, marcionites, valentiniens, punis, châtiés, dépouillés, exilés. — Cependant Constantin ménage les novatiens, qui n'étaient coupables que d'un excès de zèle (250). Il se contente de dire à l'un d'eux, Synésius ; Fais une échelle jwur toi et monte au ciel tout seuil plaisanterie qui montre que lé relâchement était èi Tordre du jour,
216 GÉSÂRISMË £T GUR1STIA1>(ISME.
Hais déjà l'empereur sent les épines de la foi quil a embrassée. Le triomphe de TÉglise allume partout les compétitions, les rivalités, les divisions de doctrine. Qu^est-ce que le Christianisme ? que croit-il ? qu*adore-t-il ? quelle est sa théorie ? quel est son gouvernement. Voilà ce que se demandent les païens, et ce que l'empereur lui-même brûle d'apprendre.
A ces questions , quelle réponse?
En Orient, la théorie d'Arius sur le Verbe partage l'épiscopat; Constantin , dans sa naïveté d'homme d'État, croit pouvoir apaiser cette querelle de prêtres, qu'il prend pour une dispute de mots, et écrit lui-même à Arius et Alexandre pour les exhorter à la paix. (Cf. sa lettre : Encyclopédie nouvelle; article : Arianisme.) Beaucoup de moquerie et de mysticisme dans la lettre de Constantin. Il était chrétien, donc.
Un concile est réuni à Alexandrie et ne sert qu'à faire éclater la profonde scission !... Il appert que les chrétiens ne savent même ce que c'est que leur dieu.
En Afrique, le schisme des donatistes met tout en combustion , et les efforts de l'empereur sont pareillement impuissants.
Tous ces scandales donnent prise aux sarcasmes des philosophes, qui, après avoir combattu longtemps, par la raison, Je développement de la sQcte, sont étonnés de son triomphe. (Cf. Fleury, lil, 95 et 109 : — Vestiges de cette opposition.) Au milieu de ces soins , l'empereur fonde Gonstantinople. (Cf. Cibbon; 1,352-362.) Détails sur son gouvernement. (/6zd., 385.) 3d5. Licinius et son fils Licinien conspirant pour remonter sur le trône sont mis à mort par Constantin! Les cruautés de Constantin trouvent leur explication dans la raison d'État chrétienne y comme celles de S. Sévère avaient trouvé la leur dans la raison d'État impériale et prétorienne. Ce sont deux principes irréconciliables qui luttent pour la domination et pour la vie. Contra religionem sacramenti Thessalonicœ occisus est^ dit Eutrope. Licinius avait servi sous
Probe et était alors âgé d'au moins 70 ans; son supplice, comme celui de Maximîen Hercule, est un vrai parricide.
Mais le temps presse : il faut définir, poser le Dieu des chrétiens; Constantin se hâte d'en finir.G'estlui qui, pour terminer le différend entre Arius et Alexandre, imagine qu'un concile sera le meilleur moyen. Pour éteindre un incendie local, il met le feu aux quatre coins de la terre.
Les polythéistes , dit Gibbon , étaient généralement plus disposés à admettre la divinité même du Christ, laquelle se rapprochait ainsi davantage des habitudes de leurs cultes, qu'a se contenter d'un dieu abstrait, et dont l'éternité, l'infinité, etc., le faisaient ressembler au néant!
325. — Concile de Nlcée, i9juin'%t} août. 318 évéques ; 2,048 ecclésiastiques de tout rang, sous la présidence d'Osius, évêque de Cordoue. L'empereur, pas baptisé, y assiste sur un tabouret, dirige les débats, en protestant h umbleh^ent de son obéissance à la décision des successeurs des apôtres. L'empereur présent, et attendant de la décision du synode ce qu'il doit croire de Jésus-Christ : Si c'est un dieu, ou si ce n'est pas un dieu !...
Résumé de ce concile. (Cf. Fleury, III, 202 et suiv. ; P. Leroux, art Arianisme^ etc.)
Jérusalem jouit de la primatie pour l'Orient.
— Faire ressortir la marche du dogme et la parfaite intelligibilité des divers systèmes, hovmis du système orthodoxe, qui consiste précisément à affirmer comme vrai ce qu' Arius présentait comme la réduction k l'absurde de l'opinion d'Athanase !...
Montrer ensuite que cette affirmation de l'absurde fut le produit d'une coalition ! ^ Deux tendances fatales dans le concile : les trithéistes et les sabelliens.
Et cela malgré l'antique rejet du mot ojjLoouvtov. (Cf. 269.) — Avantage immense d'Arius.
Les deux tendances s'accordent contre l'ennemi (Arius), k l'aide de Vamoousion, que lui-même leur fournit. Mais Vomoousion est la réduction a l'absurde du système ; il exprime la non-distinction de la distinction. Quand nous chan- T. II. 13
918 CÉSiRISME, ET CHRISTIANISME.
tons Consuhsîaniialem pairi , nous nous déclarons vaincus par Ârius.
Eomoî ousion^ oui ; comme entre le Père et le Fils ;
Homo ousion, non, absurdité. C'est Taffirmalion que la