CONSTANTIN
Auteur de tous les maux de l'empire par sa conversion.
L'édit de Galérius par la persécution avait fait un mal énorme; le deuxième édit du même pour la tolérance en fit encore plus. Après cette dernière déclaration» qui donnait \dL victoire aux chrétiens, il fallait une politique très ferme à leur égard et très indépendante; surtout éviter de se joindre à eux, et les tenir en échec par une réforme dans le paganisme et les encouragements à la philosophie et aux sciences.
Constantin ouvrit les écluses, et fit du fleuve chrétien un torrent dévastateur.
— Qu'amena sa conversion, c'est-à-dire la substitution brusque du Christianisme au polythéisme comme religion officielle?
Une série interminable de catastrophes et de misères;
Douze grandes batailles, pour cause de religion, depuis celle de Maxence, 312, à celle d'Eugène, 394.
Réaction chrétienne.
Réaction païenne soiis Julien.
Réaction chrétienne.
Irruption des partis et factions chrétiennes : ariens, donatistes, manichéens, pélagiens, agapètes, etc., etc. Lèpre du monachisme.
Introduction des barbares par Valens, Théodose, Doniface.
Révoltes etguerres civiles de Maxence, Licinius, Magnencc, Procope, Maxime, Eugène, Gildon. Après Théodose, la révolte, la division, la trahison sont à l'ordre du jour, jusqu'à Augustule.
Séditions fréquentes des villes et des provinces : Gonstantinople, Antioche, Thessalonique, Jérusalem, etc.
Agitations perpétuelles des chrétiens ; scandales de Tépis- "opat, fréquence des conciles...
Règne des eunuques; rivalités, intrigues de cour.
Invasions et promenades des barbares par tout Fempire.
Rome cinq fois prisé et saccagée.
L'empire avili, dissous, anéanti.
Enfin l'Italie, Rome, devenue le siège d'États barbaresques.
Et le nom romain efifacé de l'histoire !...
Après cela, périra la Grèce; périra l'Asie mineure; périra la Syrie, l'Egypte, l'Afrique; périront toutes les anciennes provinces de l'empire devenues chrétiennes; et le Christianisme, inoculé aux barbares, créera la période dite du moyen âgel...
Retard d'au moins quinze siècles!...
Constantin recommence au profit du Christianisme l'entreprise despotique des Césars, et se rend coupable devant l'histoire du même crime.
Après trois siècles et demi d'existence, le Césarisme devenu constitutionnel et à la fin traditionnel, ayant fait tomber en désuétude et oubli les anciennes formes, était passé luimême en loi, en sorte d'état normal des nations.
Comme tel, il avait subi la loi générale du mouvement; et comme l'essence de la société est de progresser, de tendre à la santé, a la liberté, le Césarisme s'était lui-même et lentement acheminé vers un meilleur état de choses.
Il avait eu une brillante époque sous les Antonins.
Septime-Sévère avait affirmé énergiquement la réforme, tout en persécutant les chrétiens : il se trompait dans plusieurs de ses mesures; mais enfin il affirma la nécessité du progrès.
Après lui tous les empereurs suivirent la même direction, quoique par des sentiers différents ; il n'y a qu'une exception a faire parmi eux, c'est celle de Gallien. Comme si cette faute eût dû être punie, le scepticisme de Gallien amène l'anarchie des trente tyrans.
Lui mort, des hommes hors ligne reprennent la marche et suivent le rayon de la liberté. Claude, Aurélien, Tacite,
îà38 CÉSARI&ME ET CHRISTIANISME.
Probus, Caruè, rappellent par leurs venus les temps antiques; Carin renouvelle les débauches de Gallien et périt aussitôt. Enfin une ère nouvelle s'ouvre k Dioclétien ; il n'est pas jusqu'à Galérius qui ne soit un réformiste. Son tort est de vouloir prendre Septime-Sévère et Maximin pour ses modèles. Sa faute est a Tinstant punie, et lui-môme proclame la tolérance.
Que fait ici Constantin? Il sort de la voie ouverte par les prétoriens, il se refait César, mais César chrétien, et au moment où l'empire pouvait être sauvé, il l'assassine.
L'empire romain va fondre après CoTisiantin.
Les divisions introduites jusqu'ici dans le cours de cette histoire doivent être remaniées comme suit :
Introduction.
Livre ou chapitre l*"'. — De la dictature de César à la Pas^ sion (an 45 av. — 29).
Chap. 2. — De la mort de Jésus à la chute de Jérusalem (30-70). — L'Apostolat.
Chap. 3. — De la prise de Jérusalem à la fin du Priitcipat (71-192). —La Gnose et les Antonïns*
Chap. 4. — De la mort de Commode îi Dioclétien ; édit de Galérius (193-302). — Le Prétorianisme.
Chap. 5. — De l'édit de Galérius à Nicée (303-325)* - Révolution.
Chap. 6. — Du concile de Nicée au concile de Constantinople (325-381). — VArianisme,
Chap. 7. — Du concile de Constantinople à Augustule (382-476). — Mort de r Empire,
Ces sept divisions embrassent tout, et sufiisent a tout éclaircir.
Après la chute de l'empire romain, le chaos commencej et au sein de ce chaos une formation nouvelle, essai du sys-
AN 336' APRÈS JÉSUS-CHRIST. * âî9^
lème chrétien ef vérification de son hypothèse gouvernementale. Cette période de formation, qui ne reçut jamais une aussi complète réalisation que le Césarisme, comprend de Tan 476 à 1073, avènement de Grégoire Vil, plus de cinq cents ans.
A Constantin commence une époque que nul n'a comprise, pas même P. Leroux, dans V Encyclopédie nouvelle.
Quand arriva l'édit de tolérance de Galérius (311) et celui plus favorable encore de Constantin (313), il n'était pas encore décidé que Jésus, dit le Christ, fut Dieu. 11 recevait un culte ; mais en quelle qualité ? On ne s'accordait point. La tradition apostolique était évidemment contraire a l'anthropomorphisme, et par conséquent à toute déification du prophète de Galilée ; de par ses monuments, ses origines, son véritable esprit, le Christiariisrae était donc un pur monothéisme, n'admettant pas de société en Dieu et ne reconnaissant aucun éon pour son égal. La gnose, inspirée par Platon, etc. , avait fait quelque peu dans cette direction : mais généralement repoussée. Donc quid?,..
La question posée, Jésus-Christ est-il Dieu, oui ou non? entraîne une agitation qui dure soixante-deux ans, — de 319 ' a 381. — Elle se résout par l'afifirmative, prononcée k Nicée, 325, et confirmée à Constantinople, 381. — Cette seconde date marque la chute de Farianisrae, c'est-à-dire l'exclusion donnée au vieux Christianisme, et l'introduction d'une ido* latrie nouvelle.
336. Les philosophes éclectiques réunissent dans un culte commun Jésus, Apollonius de ïyane et Pythagore, et se rapprochent tant qu'ils peuvent de la théologie chrétienne. Us tâchent, eux aussi, de faire une religion. Le concile de Nicée leur a montré comment cela se fait!....
Persécution contre les magiciens. Et les exorcistes, pourquoi sont-ils épargnés?
ddT. Révolte de Calocère, en Chypre, bientôt étouffée (?).
La question religieuse divise la famille impériale. Gonstanlin le Jeune, qui régnait dans les Gaules, où était exilé Athanase, le renvoie a son église; pendant que Gonstauce, favorable aux ariens, songe k le remplacer.
— Sapor est contraint de lever le siège de Nisibe, après avoir perdu 20.000 hommes.
Les Arméniens et les Perses se coalisent contre les Romains . Constance parvient a apauser les soulèvements et à maintenir Arsace sur le troue d'Arménie.
— [Avec Constance, commence en Orient le règne des eunuques : on a remarqué qu'ils étaient en général ariens^ ennemis du Fils. (Le poison spirituel qu'ils recevaient directement des ariens se répandait par eux dans le palais, se communiquait aux femmes de Timpératrice, qui le donnait îi Tempereur.)]
— Achèvement des thermes de Dioclétien, à Rome, par GiiUstant.
339-340* Mort d'Alexandre, premier évêque de Constantinople. — Double élection de Paul, par les nicéens; de MdLcdonius, parles ariens. Tous les deux étaient dignes. En quatorze ans, Paul fut exilé cinq fois; a la fin, traîné dans le mont Taurus et étranglé.
-^- Guerre civile entre Constantin et Constant, au sujet de leurs limites réciproques.
Le premier est surpris près d'Aquilée, par les troupes de son Irère, et tué.
Constant reste seul maître de tout TOccident.
— Philosophie théurgique de Maxime de Tyr, maître de Julien (cf. Buret et Tenneman, etc.). La philosophie, qui avait devancé le Christianisme, s'efforce de le rejoindre et de se taire à son tour religion. 11 est trop tard.
-■» J. Firmicus Maternus, historien et astrologue.
-- Mort d'Eusèbe de Césarée : sa doctrine (Fleury, 238).
Les ariens régnent à Gonstantinople. Paul est déposé et remplacé par Eusèbe de Nicomédie ; — en revanche, Athanasc réunit un concile à Alexandrie de cent évèques contr
les ariens et prend réyêque de Rome, Jules, pour juge; par cet appel, le parti nicéen se procure le renfort des Occidentaux et écrase le parti arien. En revanche, nouveau progrès vers l'unité épiscopale et la primauté de Rome. (Cf, Gibbon, p. 480» note.)
340-34i. Les Francs font irruption dans la Gaule, après la mort de Constantin, et la ravagent. Constant, après plusieurjs combats, les force à la paix et les soumet au tribut.
341. Concile arien d'Antioche, en présence de Constance et sous la direction d^Ëusèbe. On y essaie une transaction entre la foi arienne et la foi de Nicée.
Plusieurs formules sont proposées, où le verbe de Dieu est reconnu, salué en Jésus, mais où, en définitive, l'égalité entre le Père et le Fils n'est pas avouée.
Autres choses : Cf. Fleury, 251-284. — Un article du concile d'Ântioche, relatif aux clercs schismatiques, dit : S'ils continuent de troubler V Église^ quils soient réprimés par^ la puissance nntérieure, comme séditieux. Les évoques, k peine leur autorité constituée, se montrent plus violents que les empereurs. L'épiscopat devient pour eux une propriété inamovible!.,.
Plût à Dieu, pour le bonheur du genre humain, qu'ariens, athanasiens, etc., se fussent entre-détruitsl Maneat, quœso, duretpue christianis, si non amor hominum, et certe odium sui, quando urgeniibus imperii^ nihil jam prœstare fortuna majus potestj quam hostium discordiam /...
— Exil d'Alhanase; sédition à Alexandrie. — Gloire de cet homme, qui, au moment décisif, nie le Césarismel...
— Acace, chef des acaciens ?...
— Établissement de la doxologie ou Gloria Patri. Cf. Bergier. Les orthodoxes , ariens, etc., se distinguent les uns des autres par cette strophe.
— Loi de Constance, qui défend les sacrifices.
343. Loi de Constant, qui prescrit la fermeture des temples et défend les sacrifices.
— Sédition à Constantinople entre les ariens et les nicéens au sujet de l'élection de l'évêque. — La ville est composée,
Ut CËSARISME £T GHkiSTtANtSME.
tout entière de chrétiens; la population est partagée. De quel côté la majorité? Un officier de Tempereur, Hermogène, est traîné par les talons à travers la ville. Constance se venge, réduisant de moitié la distribution du blé.
Concile de Rome par le pape Jules, en faveur de la foi de Nicée. (Cf. Fleury et Gibbon, p. 480.)
[Le pape Jules ne prononce point comme juge suprême, mais comme arbitre exprimant i.ne opinion : 11 écrit, dit-il, non en son particulier, mais au nom des évéques d'Italie.]
— Dèpulation des Orientaux à Rome; on ne s'entend pas. r- Ligue entre les Francs, les Allemands et les Saxons.
— Servius, grBmmairien.
343* Les Pietés et Écossais envahissent la Grande-Bretagne : Constant part pour les combattre. — Ainsi, les disputes religieuses amènent le relâchement de Tempire, qui se fait sentir aussitôt par les Insolences des barbares. (Gibbon, I, 896.)
Persécution en Perse : martyre de Siméon, évêqne de Seleucie et Ctésiphon.
344* La persécution continue de sévir en Perse.
Mission chrétienne en Arabie, chez les Homérites ou Himiarites. Celte mission est dirigée par le parti arien^ en concurrence de celle de Frumence, qu'avait envoyée en Abyssinie (333) Athanase
Fondation de plusieurs églises en Arabie, à Dator et Aden.
Les chrétiens constatent à cette occasion la présence en Arabie d'une multitude de juifs et leur influence.
345« Lr guerre continue entre les Romains et les Perses, au désavantage des premiers.
Nouvelle réunion des ariens ou ensébiens à Antioche : ils tendent de plus a se rapprocher de la définition de Nicée, et ils renouvellent a propos de Photin de Sirmium et Marcel d'Ancyre, Tanalhème contre Sabellus et les pairipassiens,
— Mouvement des circoncellions, en Afrique. Les cîrconcellions sont les cbionites ou sans-culottes de l'Afrique; c'est le Christianisme qui, défiguré par l'éplscopat, revient brutalement à sa nature primitive et s'affirme dan» le radi-
Af) 346 APRÈS JÉSUS-CHBIST. 243
califime révolutionnaire de la plèbe la plus pauvre et la plus malheureuse. Ils sont poursuivis comme des bêtes fauves par les évéques et les empereurs.
[Circoncelèions.— La haine des parli*s et la révolte excitée en Afrique par les édits de Constantin envenimées par les efforts opiniâtres de Constant. A cette heure, le Christianisme primitif est représenté par les bas peuples de Numidie, les méléfiiens d Afrique, les monlanistes dePhrygie, mais ii des points de vue divers. Les paysans représentant l'élément Mosedi (?), les circoncellions, Télément socialiste. Ceux d'Afrique se mettent en pleine insurrection. Leur esprit judaïque; leur sang carthaginois se montrent dans leur ardeur du martyre et le mépris de la vie, tant la vie était devenue misérable. Le patron de ces sectaires est le juif laxias, U Maccab, 14.
Ils se donnent des chefs qui prennent le nom de capù taines dès saints.
Leur arme est une massue qui a nom Israélite,
Leur cri de guerre est Alléluia,
Insurgés contre les ministres de Tempereur, ils parcourent les campagnes, pillent, tuent, violent; ils appellent à eux les esclaves, les débiteurs et se proposent de rétablir régalité primitive. Us tombaient hardiment sur les détachements de troupes; en revanche, ceux qu'on prenait périssent par la hache, le feu, dans les tourments les plus raffinés. Quelques-uns, avides de souffrir pour leur cause, arrêtaient les voyageurs en leur disant : Le martyre ou la vie! d'autres se précipitaient du haut d'un roeher, en présence de tout le peuple. Un moment d'exaltation et d'orgueil leur était une compensation de la vie. ]
Expulsion des alchimistes. — Lee lois des Césars continuent de recevoir leur exécution contre ceux qui furent jadis les compagnons d'infortune des chrétiens.
y, Firmius écrit sur la pierre philosophale. ^ Philosophie de Chalcidius.
d4l6. Deuxième siège de Nisibe par Sapor; deuxième insuccès.
Constance fait b&tir un port à Séleucie.
244 GÉTSARTSME ET CHRISTIANISME.
Concile de Milan, pour Tunion des Orientaux et des Occidentaux : les premiers refusent de condamner Arîus; les deuxièmes ne veulent pas se départir de la définition de Nicée.
347. Concile général de Sardique, en Illyrie, tenu du consentement des deux empereurs: 170 évêques; Athanase, cause, sujet ou âme de toutes ces réunions, empêche toute espèce d'accommodement, en opposant sans cesse l'argument de la chose jugée; et prétendant faire de rassemblée, non une cour délibérante, mais un tribunal de justice ecclésiastique, où les ariens comparaîtraient comme accusés.
Ce qui résulte des actes de ce concile, c'est que la plus insigne mauvaise foi les inspire et les dirige ; chaque parti essaie d'écraser sou adversaire par le nombre: tantôt la majorité est pour Tun, tantôt pour l'autre...
L'arianisme y est donc condamné par défaut, et Athanase triomphe. (Cf. Fleury.)
Canon contre les évêques de cour; contre les évêques ambulants, capteurs de sièges; — contre les diacres et prêtres excommuniés par leur évêque; etc., etc.
Le résultat fut de diviser l'Orient et l'Occident : les montagnes qui séparent la Thrace de Vlllyrie^ dit Socrate, séparèrent désormais deux Églises, — Premiers symptômes du grand schisme.
Concile de Philippopolis tenu par les ariens, non comparants de Sardique : ils excommunient ceux de Sardique.
Deuxième concile de Milan, qui appuie celui de Sardique.
Calomnies d'Etienne d'Antioche: la fornication, le meurtre, la calomnie sont fréquents parmi les évêques de ce temps.— L'eunuque Léonce, évêque.— Couronnement du chant ecclésiastique k deux chœurs et invention de la doxologie,k Antioche. (Cf. Fleury, p. 347.) — Aé^ii/j, histoire de cet homme (Fleury, 348)^ surnommé l'Athée, parce qu'il niait la divinité de Jésus-Christ.
Aétius, tour à tour esclave^ journalier, chaudronnier ambulant, orfèvre, médecin, instituteur, théologien. Il y a peu d'hommes dont la vie témoigne d'une intelligence plus grande.
A cette époque, tous les évoques des deux partis s'accusent réciproquement d'hypocrisie, vol, parjure, assassinat, fornication, etc,
348. Concile de Carthage, au sujet des donatistes et circoncellions. — Les empereurs sont absorbés parles affaires de la foi 1...
Aussi les Persans remportent a Singare, en Mésopotamie, une victoire signalée sur les Romains.
3418-349. Athanase faillit brouiller les deux empereurs, en excitant le zèle de Constant, comme les ariens excitaient celui de Constance. Constant menaça son frère de la guerre, s'il ne réintégrait Athanase dans son évêché.
3419. Rappel d'Athanase. Son retour triomphal à travers les provinces de Thrace, d'Asie et de Syrie ; tous ses amis rappelés, leurs biens et leurs emplois rendus.
Commencements d'ApoUinaii e.
350. Révolte de Magnence, à Autun (janvier); il est salué empereur. Constant est tué et l'usurpateur, porté au pouvoir par les Joviens et les Herculiens, est reconnu sans opposition dans la Gaule et l'Espagne. Il fait César Becentius^ son frère.
En même temps Yétranion, époux de Constantina, fille de Constantin , est proclamé en lilyrie , et s'allie avec Magnence.
[La révolte de Magnence fut l'effet de la réaction prétorienne ; favorisée par le mécontentement général, effet de rincapacité et de l'inconduite des fils de Constantin (353).
Dans cette circonstance , Magnence et Constance cajolent tous deux l'évoque d'Alexandrie et lui écrivent humbleblement : de l'évéque pouvait dépendre la possession ou la fidélité de la province !...]
Népotien, neveu de Constantin, se révolte contre Magnence et prend ainsi la pourpre k Rome : il succombe sous les armes de Magnence, après un règne de 28 jours. La défaveur s^attachait en ce moment à la race de Constantin ; ce fut un malheur que Magnence ait été plus tard vaincu.
D'abord Magnence se défait de Népotien et le fait tuer
246 CESARISME ET CHRÏâTIANiSME.
(juillet). Constance dépose Vétranion, vieillard imbécile, et l'envoie en Bithynie (décembre); il ne reste plus que deux compétiteurs.
350. Cyrille est fait évèque de Jérusalem, après avoir abjuré l'ordination qu'il avait reçue des nicéens. Il quitta ensuite le parti arien (voir). On a fait de cet intrigant un saint.
— Troisième siège de Nisibe par Sapor ; troisième insuccès.
Philosophie de Didyme, k Alexandrie [quid?). Il veut aussi concilier le Christianisme avec la philosophie.
Eutrope, sophiste, auteur d'une histoire romaine.
351. 5 mars. Gallùs est fait César par Constance et envoyé contre les Perses.
Gallus, homme incapable, féroce, débauché, marié k une mégère, Constantina; tous deux faits pour déshonorer le Césarisme et la dynastie.
Huitième bataille que cause le Christianisme, 28 septembre. — Magnence , après de brillants succès , après avoir refusé la paix a son rival pusillanime qui là lui demandait presqu'a genoux, est défait complètement a Marsa, sur la Drave, en Pannonie.
Pendant le combat, Constance est en prière; enfin, Valens, évèque du lieu et arien , lui annonce, de la part d'un ange, que les légions de la Gaule sont vaincues et capte ainsi la faveur du prince.
A cette bataille, il périt 54.000 hommes , et la perte du vainqueur fut plus grande encore que celle du vaincu. Cette bataille, suivant un ancien écrivain, énerva Tempire, que la victoire de Théodose sur Eugène (393) mettra aux abois. Magnence se retire a Aquilée, sur TAdriatique : l'Afrique, la Sicile et l'Espagne se détachent de lui.
Marche de Gallus contre les Perses. Il obtient quelques succès.
Constance semble n'avoir vaincu que pour le triomphe de Tarianisme. 11 rassemble un concile k Sirmium ; fait dépo* ser l'évoque Photin, de Sirmium; Paul, de Constantinople.
AN 353 ÀPRËS JÉSOS-CHRIST. â47
Une sédition arrivée à cette occasion fait périr 3,150 personnes. Alors ceux qui avaient auparavant signé la toi de Nicée s'empressent de signer celle de Sirmium : la persécution recommence contre Âthanase.
Mouvement perpétuel d'évéques ; les chevaux de poste épuisés aux transports des synodes. -- « J'ai grand'peur, dirait Âthanase, que le clergé, au lieu de découvrir la vérité par ces courses, n'y trouve que le rire et le mépris des infidètes. »
Constance éprouvait une aversion invincible pour Vomoousion; mais il redoutait encore plus Vathéisme d'Aétius.
— Une croix lumineuse (c'est Cyrille de Jérusalem qui le raconte) apparaît dans le ciel, en plein midi, s étendant du Calvaire au mont des Oliviers (7 mai).
Nous avons vu celle de Migné : celle de Jérusalem causa une vive impression.
Révolte des juifs, en Palestine, sous la conduite d'un nommé Patrice, et comprimée par Gallus.
Les villes de Tibériade , Diospolis, Diocésarée, etc., sont brûlées et ruinées par les soldats 1...
Les évéques chrétiens se signalent dans cette répression par leur rapacité et font renouveler contre eux les édils d'Adrien (35).
Magnence est chassé de Tltalie et se retire dans les Gaules.
Concile de Rome tenu par Libère, au sujet d' Athanase. On y lut une lettre des évéques d'Orient contre lui. Mais en môme temps, une autre lettre signée de 75 évéques d'Egypte étant arrivée au concile en faveur de l'évéque d* Alexandrie, « le concile, dit Fleury, voyant un plus grand nombre d'évéques du côté d' Athanase, Jugea qu*il était contre la loi de Dieu de consentir aux Orientaux ».
353. Concile d'Arles, convoqué par Constance : par suite d'arrangements ecclésiastiques, le concile, présidé par le légat du pape , condamne solennellement Athanase et réhabilite Arius ; un seul évéque, Paulin de Trêves, refuse son adhé* sion,
248 GÉSARIâM£ £T CHRISTIANISME.
Constance se venge de ses humiliations (349-350).
« Les précautions et les délais qu'éprouve cette condam* nation , les diflScultés qu'entraîne Texécution , apprirent à Tunivers que le Césarisme n'était plus qu'une ombre, et que dans l'empire romain renaissaient le droit et la liberté, n Deux années se passent en négociations (255).
Neuvième bataille. — Nouvelle défaite de Magnence (août) en Dauphiné : il s'enfuit k Lyon, où, se voyant abandonné du peuple et près d'être livré, il se donne la mort. Son frère Décentius suit son exemple : Tempire se retrouve tout entier entre les mains de Constance.
— Loi de Constance contre les sacrifices nocturnes, que Magnence avait autorisés : cette loi , jointe aux consultations magiques que faisait Magnence, au nom de tyran que les chrétiens lui donnent, à l'appui qu'il prêtait aux ariens pour les détacher du parti de Constance, montre clairement que sa révolte fut le produit de l'antagonisme général, causé par la reconnaissance du Christianisme et la persécution des païens.