Marcpmans battent Vindas at l'avancent Juaqu'à
AqviUe,
Toute action engendre une réaction; touta eboiat tout abus comme toute loi, a son contraire,
En opposition aux sectes sepsuaUetea at amourausea ae posent les encratites ou continenta et leuri «ubdiviaions, les hydroparastales , les sévériens^ les apotoctiieê OU oaihareê, les saccophores et beaucoup d'autres. Leur chef à tout fut Tatîen, disciple de Justin, déjà connu par aon Oiscoun am Grecs (168), et qui se signala en cette circooitanoa par Topposition vigoureuse qu'il fit aux sectes relflcbéea.
Chrétien fervent, mais trop judicieux pour admettra aucun des Évangiles en vogue, Tatien, à l'exemple daMarcion, s'était composé un spicilège, ou harmonie daa évangiles, qu'il intitula Dia Tes9arôn^ par les quatre. C'est la première fois que les quatre sont nommés dans l'histoire. U en ratran*che toutes les légendes, les généalogies; ateatte composition eut en Syrie un immense succès. -** Sa gnose offre une Xnnité : le Père, l'Esprit, du sexe féminin, ou Ennoïa, at le Logos^ qui procède du Père et de l'Esprit (au rebours du symbole de Nicée qui fait procéder l'Esprit du Père et du Filsj at crée le monde. II distingue dans Tame deux principes. Comme Paul, il repoussait le mariage; comme Pytbagore,U proscrivait l'usage des viandes, et comme Mahomet, il condamnait celui du vin.
La théologie orthodoxe, en revendiquant le Discours aux Grecs^ dit que Tatien fut fidèle une moitié de sa via, et hérétique l'autre moitié, façon commode de se débarrasser d'un témoin incommode.
Les apotactites, surnommés aussi apostoliques ou cathares, T. n, 2.
rejetaient, ainsi que les carpocraiiens (123), toute législation, toute institution civile, notamment la distinction des biens. Ils se donnaient les noms d'apostoliques^ nom que prenaient, a cette époque, tous ceux qui affectaient de suivre la pure doctrine des apôtres; — d'apotaclitesy ou renonçants, parce qu'ils renonçaient à toute fortune; de cathares, ou purs, à cause de leur puritanisme inflexible sur la chasteté et la propriété; le fruit défendu, selon eux, était Tunion des sexes. Ils avaient des Actes de saint André et de saint Thomaç, actes que nous trouverions peut-être aujourd'hui dans le canon, s'ils n'avaient eu le malheur d'être patronnés par des hommes que répiscopat déclara depuis hérétiques.
Les hydroparatastes, ou aquariens^ ne se servaient que d'eau dans l'Eucharistie.
Les saccophores étaient vêtus d'un sac, comme Jean-Baptiste, par esprit de pénitence.
Les encratites se répandirent partout^ en Syrie, en Mésopotamie, en Gaule et en Espagne. Ils étaient encore assez nombreux a la fm du iv* siècle pour que Théodore ait cru devoir prendre contre eux trois décrets consécutifs.
Entre deux exagérations en sens opposé, l'Église prit un juste milieu, et condamna à la fois le relâchement des sectes communistes et le rigorisme des encratites.
172. Les Marcomans reparaissent sous Aquilée. Pour les repousser, l'empereur est réduit à armer des esclaves et des gladiateurs.
172. La morale chrétienne tourne au monachisme; Montan, l'un de ses représentants, sera hérétique, mais son esprit passera dans le Christianisme et donnera lieu k toutes les hypocrisies et macérations des ascètes.
Imitation des austérités des brahmines, bouddhistes, derviches, etc.
(Cf. Paul de Samosate, an 269.)
La morale du Christ a été bien défendue jusqu'à la mort des apôtres ; tout à coup elle est dénaturée par les rêveries de la gnose , l'envie populaire et l'affectation d'un faux stoï* cisme, l'imitation des cyniques, etc.
an' 172 APRÈS JÉSUS-CHRIST. 31
tytd. 11 règne à celte époque une vérilable émulation de doctrines.
A côté des ramifications nombreuses de l'eucratisme, nous trouvons les écoles de Marcus, Colarbasus, Héraclêon et M on tan.
Marcus porte les idées de Valentin, son maître, d'abord en Syrie, puis dans laGaule,où il s'avança jusqu'à Lyon, parmi le troupeau de l'évêque Irénée, qui l'attaqua avec force.
La tbéologie de Marcus, comme celle d'Ëpiphane (147), ne se distingue guère que par une terminologie nouvelle; où celui-là mettait des nombres il mit des lettres, rapport de plus entre la gnose et la kabbale. Seulement, au lieu des lettres hébraïques, qu'on peut regarder, d'après leurs noms et leurs formes, comme des semi-hiéroglyphes, Marcus se servit des lettres grecques. — Colarbasus, son ami, modifia encore cette disposition alphabéto-théogonique et y ajouta des idées astrologiques. Plus tard, ils se séparèrent et eurent chacun leur doctrine et leurs disciples.
Marcus s'occupait surtout des femmes, agents de propagande aussi dangereux qu'efficaces. Il écrivait à une de ses néophytes : « Je veux te faire participante de ma grâce : le Père de toutes choses voit toujours ton ange devant sa face. 11 faut que nous nous unissions ensemble. Reçois premièrement la grâce de moi et par moi; prépare-toi comme une épouse qui attend son époux , afin que tu sois ce que je suis^ et que je sois ce que tu es. Monte sur ton lit nup^ tial; voici que la grâce descend; ouvre la bouche et prophétise. » On comprend, sans qu'il soit besoin de le traduire, le sens de ces dévotes métaphores.
Parvenu à ce degré de perfection , Marcus jugeait inutile la pénitence, la vertu et les bonnes œuvres, et ne faisait aucun cas du martyre. Il avait séduit, en Asie, la femme d'un diacre, qui, revenue à la raison, fit pénitence toute sa vie. — Aux marcosiens, on joint les ascodrontes, ou ascodrovrpites, et les archontiques : ces derniers ainsi nommés des sept principes directeurs des sept cieux, et dont le plus élevé était le Dieu Sabaoth.
33 GÉSARÏSMB 8T CHniSTlANJgME.
^ Héracléqn, dificiple, comme Marcus, de Valentin, doué d'un grand talent et de connaissances variées, enseignait à Alexandrie, « précisément a l'époque, ou les chrétiens de cette ville venaient de fonder leur première école de théologie ». (Matter.) Témoin à la fois de la décadence du Chris- " tianisme et de la dégradation de la gnose, il paraît s'être rattaché au mouvement épiscopal, qui commençait à s'arroger le titre exclusif d'orthodoxe , et rendit à l'Église le service gjgnalé de lui prouver que tout ce qu'il y avait de vrai et de iDcilleur chez les gnostiques ge trouvait en substance dans le 4* Évangile, qui commençait dès lors a se répandre. Origène profita beaucoup des idées d'Héracléon, Clément d'Alexandrie (19Ç) lui emprunta également d'excellentes pensées. Cependant, il ne put si bien faire qu'il ne trébuchât lui-nnême dans la recherche de l'orthodoxie; ainsi que son collègue Ptolémée (166), il a été rejeté, pour quelques interprétations sentant la gnose, par les orthodoxes , et mis au rang des hérétiques.
— Montan, Phrygien, génie faible, mais que son état malheureux d'eunuque prédisposait k l'exaltation , enchérit encore sur la sévérité de Tatien et des eucratites ; il joignit, k une discipline rigoureuse, l'enthousiasme prophétique et les rêveries de rilluminisme.
[Ce fut un véritable instituteur d'ascètes. Dans la société qu'il fonda, les jeûnes étaient rigoureux, les pénitences atroces, les secondes noces interdites, pauvre Montan! les épurations fréquentes; il se disait le Paraclet et prétendait faire revivre le don de prophétie, promis dans le livre des Actes des apôlres : effet de la lecture de ce livre, et preuve, selon nous, de sa nouveauté. On se vantait moins, devant Paul et Pierre, du don de prophétie (57) I On accusait les montanistes de répandre, k l'Eucharistie, le sang d'un enfant : témoignage des idées anthropothysiques qui s'étaient perpétuées parmi les chrétiens.]
Montan avait pour amies deux femmes , Priscîlle et Maximille, que l'hyslérie rendit prophétesses, comme l'impuis-
AN.f73 APTRfcS JÉSpS.CPMPT, 33
sahcQ. avait fait de Montan un moraliste, $i qui ftCdUirent b la petite Église une grande célébrité.
Les orthodoxes ont couvert de leurs calomnies la mérnoW^ de >îontan et de ses deux prophétesse» ; Q% qui donna lieu'de penser que la contagion fut plp» grandp qu'au preoiier abord - la pauvreté de sa théologie ne semble rftvoiP mérlli Ouoi qu'il en soit, c'est a, cette secle que $e rftttapb^ r^ippit Ifl plus vigoureux et le plus inconséquent qu'ait produit le Christianisme, TertulUen,
Montan, qui s'éloignait si fort paf la pratiqua 4oi raI4chements des gnostiques, y revenait par une autre routai le» prophétesses Maxiniille et PrisciUe sont tout k fait d09 con*' Irefaçons de l'Hélène-Prounikos, de Simon le Maga(W)ida la MarcelUne de VaJentin, de la Philornèm d'Apellès (151), de la Flora de Ptolômée, de la QuintiUe,des caïnitas. La iaole de Montan, eomme toutes celles où las fempas jûuont UP rôle, finit par l'éternelle vulgarité des amourettes,
f^S-lOiS. L'intervention du principe d'autorité en wa»" tière de dogme, et l'opinion qui commençait à Si soutenir, non plus par une libre spéculatioui mais par une afiirinar tion épiscopale que Jésus, le Messie, était en m^me temps le Fils du Verbe de Dieu, et que telle était la foi enseignée par les apôtres et transmise, jusqu'à ce moment, par les Kglisas qu'ils avaient fondées, soulevèrent une tempête de dénégations parmi les chrétiens, Nous avons ici le préluda do la grande scission arienne, qui éclatera un siècle et demi plus tardi et embrasera la chrétienté divisée.
Ainsi, chaque nouveauté amène à sa suite une foula de protestations qui la réfutent* Personne ne s'insorit en faux ni contre l'existence de Jésus , ni contre le dogme de la résurrection, ni contre la réforme sociale ou l'idée messiani*' ' que, ni contre le millénarisme, ni contre rautbenticité des lettres de Paul, de Pierre ou de Jacques v mais on proteste» 1° contre le titre de chrétiens, qui est une modification à la doctrine de Jésus et une altération de son rôle; 8" contre la théorie de la/oj de Paul; 3° contre l'identité entre rbomma- Jésus, et le Christ divin, ou le Logos; V contre les tendances
à la hiérarchie; 5' contre rhéritage du judaïsme; 6' eivfin, eonlre la supposition des Évangiles, depuis réputés canoniques.
À toutes ces protestations, Tépiscopat a répondu par des déclarations d'hérésie et des excommunications^ arguments commodes mais de nulle valeur en histoire et en philosophie.
Ainsi ont été excommuniés et déclarés hérétiques :
r Les théodotiens, partisans de Théodote,le corroyeur, qui plus tard (192) se rendit de Byzance k Rome pour y exposer ses idées, et que Ton accusait d'avoir faibli pendant la persécution de Marc-Âurèle. Il niait la divinité de Jésus, et, en choisissant parmi les écrits prétendus apostoliques, témoignait par le fait de leur défaut d'authenticité;
V Les artémonités , que l'on confondait généralement avec les premiers, disciples d'un nommé Artémon, qui soutenait que la vertu divine ne s^était communiquée k Jésus qu*après sa naissance , conséquemment qu'il n'était pas le Logos incarné;
S** Un autre Théodote, qui, ayant appris avec les gnostiques k distinguer le Christ céleste du Christ terrestre, prétendait que le premier s'était manifesté en Melchisédech, et le deuxième en Jésus; que le premier assistait les anges, le deuxième les hommes, etc. — Ses partisans reçurent le nom de melchisédéciens.
4* Les aloges, qui niaient purement et simplement que Jésus fût le Verbe ou Logos; d'où leur nom épigrammatique d'aloges (sans raison) , et qui rejetaient, en conséquence, l'Évangile attribué k Jean et V Apocalypse;
5" Les praxéates, disciples de Praxéas, qui disaient que Jésus était un homme comme un autre, et qui soutenaient qu'après le baptême de Jésus, c'était le Père, non le Verbe,qui s'était uni k lui. — Les praxéates, n'admettant en Dieu qu'une seule personne, furent surnommés monarchiques; on peut les considérer comme les précurseurs de Mahomet ;
6<» Lesnoétiens, disciples de Noétîus, de Smyrne, qui, avec moins de clarté peut-être, attaquaient également la divinité de Jésus, ou plutôt du Logos qui s'était uni à lui.
[Il faudrait s'assurer deâ dates exactes d'apparition de toutes ces sectes, ou de leur plus grande vogue, et de Tordre dans lequel elles se sont montrées.]
L'Église dite orthodoxe a déclaré toutes ces sectes hérétiques : à la bonne heure. Mais comment ont-elles refusé de croire à la divinité de Jésus, quand elles croyaient si facilement tant d'autres choses non moins merveilleuses? si ee n'est parce que le dogme était nouveau pour elles; que les apôtres ne l'avaient point enseigné ; et que les écrits en vertu desquels on prétendait l'établir étaient dépourvus de toute autorité k leurs yeux, ou même de fabrication récente?
Il y a ici un fait de sens commun qui saute aux yeux : c'est que le livre n^est pas ici né de l'idée ; il a été fabriqué pour l'affirmation de l'idée I...
l'74. La guerre continue avec les barbares. Marc-Aurèle, surlepoint de périr de soif avec son armée, est sauvé par un orage, qui effraie les ennemis et verse une pluie abondante. Les chrétiens s'attribuèrent ce miracle; les païens en firent honneur à un thaumaturge égyptien; les flatteurs à Marc-Aurèle. Les premiers ont prétendu qu'en reconnaissance de cet événement, Marc-Aurèle avait rendu un édit favorable aux chrétiens.
L*édit est vrai; malheureusement, il est de l'an 170, suivant Fleury, et ne prpuve qu'une chose, à savoir que les chrétiens purent disputer à l'aise sous le règne de Marc- Aurèle, comme sous celui d'Antonin. « Laissons aux dieux, aurait dit ironiquement l'empereur, le soin de poursuivre les impies; ils y ont plus d'intérêt que nous. »
1T5. Le gouverneur de Syrie, Avidius Cassius, sur un faux bruit de la mort de Marc-Aurèle, proclame le rétablissement de la République. La vérité connue l'oblige k se poignarder. La précipitation semble héréditaire dans cette famille (42 av.). — Voyage en Grèce de Pausanias : précieux pour l'étude des temps primitifs de la Grèce.
i'^O. Victoires de Pertinax en Allemagne.
Mort de l'impératrice Faustine. Épouse d'un sage toutpuissant et complaisant, elle se rendit célèbre par ses dé-
30 CËSAfllSME ET CHRiSTlAlYlSME.
bftilchêi, dftfil léiquêlles elle égala les Livie, léâ Messaliiie, lêÈ POppée et léi Agrippiiie, et surpassa de beaucoup sa mère, Faustine F*, femme d^Antoiilti le Heùx. ' VàîÉtùifê augustlne dit d*elle î ÉausHnam »atis constat apud Ctaeldfn^ ûbndiliùnêi êibi et nduticas et gladiàiorias elëffineê. Voif ftùssi Lamprldlils, qui es^pllque les qualités qtt*elle ëXigëftit de Ses dfnaots.
Cottitlit'ilt Ift plëbe ti*éfit^dlë pas été ravie, en songeant qU6 ël tdUH ûe pouvaient deveùli' empereurs, tous pouvaient posséder rimpérâtrlce? Elle fut faite déesse; vraiment, elle le méritait biêti.
Paf fine faiblesse de pëfê plus coupable encore, Marc- AUtèie, t la Sdite d*un lôftg voyage en Grèce, en Egypte et en Syrie, fait reconnaître son fils Comtiiôde empereur.
tVf . Les CàulëS sont agitées par là propagande chrétiéfittéi C'est vers cette année qa*on fixe les actes des martyrs de Lyôt^, Potbln, évéque, Mâturu^, Sanctus, filandlne, Attale, Ponticus et Alexandre. Il y eut encore des martyrs k Cbalon^sur-'Sàôfle, Âtltun et TournuS.
1 W. On arrête les chefs d'Église ou de communauté, afin de les dissoudre; on leur adjoint desesclâVeé, tels que Blandîne, pdur rexemple. -^ La vie de l'esclave, à cette époque^ est réputée eomme eêlle des animaux.
Il serait âuriêux que, & côté de la tolérance de Marc- Aurèle, les sociétés savantes fondées par Auguste (13) et qui devaient servir Tempife de Rome contre les druides (83) eussent fait usage de leUrs attHbutJOtiS contre les chrétiens. Quand oh edtttiâît la portée d^esprit et le courage des Cdrps savantSj bn est presque cdnvaîn(îU du fait que nous ne faisons ici que donner en hypothèse.
Le Christianisme existait depuis longtemps déjà dans les Gaules, niais en gfoUpeS isolés, sans point de centralisation et de raccordement. Jusqu'à ce Uionienf, 11 n'avait fait qùé des progrès médiOcfes; le sang de Pothih donile rîmpulsidn aux esprits. Irétiéé, sort successeur du âiège de Lyon, disciple de PelyCafrpê et de Pâplas, vient fêcoilder eette semence,
' AN 180 Âf»RÈS JÉS\JS-CHR1ST. . 37
et vérifier le mot fameux de TertuUien : Sanguis mariyrumj semen chrisiianorum.
1*78. Les Quades sont chassés, et leur roi pris. Commode, dont la popularité croît avec la gloire de son père, est nommé Auguste, et marié à Grispine.
i'^O. Grande bataille gagnée par Paternus, général romain, sur les Marcomans.
— Marc-Aurèle assigne une rétribution aux maîtres d'école.
180. Marc-Aurèle, dégoûté de Tempire et de l'existence, se laisse mourir de faim. (Gf. Vespasien, 79; Trajan, 417; Adrien, 138.) Parmi les empereurs, ceux que ne massacrent pas leurs soldats ou les conspirateurs quittent la vie de fatigue ou d'ennui. Sur soixante- quatorze empereurs qu*a comptés l'empire d'Occident, il n'y en a pas six dont la mort ait été heureuse.
Gommode se hâte de rendre la paix aux Allemands, délivre plus de cent mille Romains, et revient a Rome jouir du triomphe, qu'il avait aussi bien mérité, selon nous, que s'il eût tué cent mille ennemis.
— On commence à connaître VHihernie^ nom qui semble corrompu et latinisé de lerne^ Irelande.
180. Fondation de l'Académie de Tibérlade, par les juifs. Enfin, ils se résignent à la paix^ ils renoncent spontanément à leurs prétentions messianiques et à leur culte, se livrent k l'industrie et au commerce^ et se dédommagent, par leurs fraudes mercantiles, de la sujétion que leur imposent les Romains. Partout ils sollicitent et obtiennent les droits de cité; ils élèvent des synagogues; ils envoient k leur patriarche ou prince, nasi, résidant k Tibériade, la contribution annuelle; et, jouissant de tous les avantages de la paix, lancent des décrets anathèmes contre le royaume d'Ëdom. — G'est de Tibériade que nous verrons sortir les grandes compilations judaïques, sous la direction de Judas le Saint ( ). G'est k dater aussi de ce temps que les empereurs les distinguent nettement des chrétiens : les juifs étaient une nation; les chrétiens, une secte. Gomme nation, T. II. â
3S CÉ^ARISME ET CHKlSTlANtSME.
les juifis av&ient un certain droit à la tolérance des empe-reurs; comme secte, les chrétiens semblent inexcusables. Leur religion était une nouveauté, une apostasie, une révolte^ Une misanthropie. Et c'était Vrai (103) I
— Vers cette époque, Pantène, philosophe stoïcien, depuis Càhonisè, dirige Fêcole d'Alexandrie, fondée depuis longtemps déjà (172). 11 la quitta quelques années après, pour aller prêcher rËyangile aux Indes. 11 paraît que sa mission eut peu de succès, et qu'il n^eut pas lieu d'être satisfait des Hindous Lé Christianisme, en effet, devait paraître maigre auprès de la riche mythologie des brahmines. Pantène revint ensuite prendre ses fonctions de professeur k Alexandrie, où il eut pour disciple VJément^
18Ôé Commode est le premier empereur porphyrogénète, t)U lié dans la pourpre. C'est-à-dire après deux cent vingt ans de durée, la monarchie césarienne absolue offre enfin un exemple de transmission héréditaire.
Commode à dix-neuf aUs, poiUt méchant, devient fou par le seul fait de la disproportion de son tempérament et de son génie avec sa fortune 1 Bonne mine, affable, très populaire.
181. Les prêtres polythéistes (poussés par la propagande chrétienne) se mettent à faire aussi des expiations et des pénitences; ils inventent les sacrifices tauroboliens, ou baptêmes de sangf^af aspersion. Idée anthropôthysique et chrétienne, à laquelle il est fait allusion dans la l*» de Jean, V, 8. Prudence a laissé la description de cette cérémonie. Si le baptême d'eau avait le pouvoir de remettre les péchés, que fie pouvait obtenir des dieux le baptême de sang !...
— Théophile d^Àhlioche publie son traité à Antolycus. -^ il pi^ouVe ^existence de DiëU par l'existence de la loi morale et parlé spectacle de l'univers; dit que tout Commence par la/ot; que le premier acte de la pensée est de croire, maxime équivoque, dont ne cesseront jamais d'abuser ceux qui ne se sentent pas la force de convaincre. — 11 dit que l'homme n'a été créé ni mortel, ni immortel, mais capable de Tun ou de i'autire, selou ses mérites; proposition absurde aussi bien
dâûS i*expressîon que dans la physiologie. Sur le Verbe, il dit que c'est la pensée de Dieu, conçue de toute éternité, et produite, dans le temps, pour la création de l'univers ; le troisième terme est la sagesse, sophia. Théophile est le premier, parmi ceux qui se nomment orthodoxes, qui nomme la trtnitê, du triade, ce qui n'est pas la même chose que d'afïîrtoer simplement, comme Justin ou Tatien (450), le Père, le Fils et TEsprit. Il comptait depuis la création du monde jusqu*k la ûiort de Marc-Âurèle, 5695 ans, calcul qui dépasse celui d'iissériiis et Bossuet de pins de quinze siècles.
iSSl. Cômniôde, après d'heureux commencements, s*abândonnê aux plaisirs et k là débauche.
César s'amuse. Ce que l'histoire ne cesse de démontrer par l'exemple de la Chine, de l'Egypte, dé la Perse, etc., se rejprodiiit a Rome. Les dynasties commencent avec gloire et finissent par l'infamie. La conscience politique, si haute chez les fondateurs, s'éteint vite chez leurs héritiers, qui n'y voient qu'un insti'ument de volupté. — (Détails.)
[Commode fut un excellent prince pour les chrétiens. Sa maîtresse Marcîa, qui k la fin conspira contre lui (198), était attachée k la secte, qui lui donnait apparemment Tabsolutioti de ses fautes, et elle protégea efficacement ses coreligionnaires. (Cf. Dion Cassîus, I, 72.) — De quel droit les jésuites ont-ils reproché aux philosophes la protection de la t>ompadoui*, qiiand eux-mêmes avaient eu celle de la Maintéîion?]
l^âé Les dalédoniens essayent de passer le mur élevé contre eux par Adrien (421) et sont repoussés par Clpiub Marcellus.
Conspiration contre Commode.
[Un assassin fond sur lui le soir et, lui portant un coup de poignard, crie : Voilà ce que f envoie le Sénat.]
Sa sœur Lucile, convaincue, est mise k mort avec ses complices.
Cette Lucile, sœur de Commode, perdue de débauches, était veuve de Lucius Yérus ; elle avait été impératrice et voulait reprendre la pourpre.]
40 CÉSARISMË £T CHklSTlÂ.NISME.
 partir de ce moment. Commode, Fimagination effrayée , sévil contre tout ce qui Teutoure et cherche à faire périr son meurtrier.
[La peur fit de cet enfant, naturellement doux, un tyran atroce. — Maximus et Condianus, de la famille Quintilienne, personnages consulaires et illustrés par une victoire sur les Germains, sont mis à mort. Les délateurs reparaissent en foule.]
184L Guerre contre les Sarmates. — Perennis, assassin, chef de la garde prétorienne, obtient la faveur de Commode, comme Séjan avait eu celle de Tibère, et, comme Séjan, aspire k Tempire. — Irénée compose son grand traité contre les hérétiques et les valentiniens.
[Il semble qu'Irénée, et après lui Ëpiphane, aient pris plaisir k multiplier les sectes d'hérétiques, sans doute adn de faire mieux ressortir Funité de TÉglise [Gibbon]. — Irénée, dans sa controverse, invoque surtout rautorité des Églises, dépositaires, selon lui, de la tradition des apôtres; il s*appuie moins des Évangiles, monuments encore douteux k cette époque. Ses livres sont d'une faiblesse de philosophie et de critique rare, et révèlent dans Fauteur, avec beaucoup d'anîmosité, une incapacité absolue d'apprécier les idées quMl combat, une crédulité excessive, un défaut complet de phi* lologie et de science exégétique.
11 dit qu*il ne peut y avoir ni plus ni moins de quatre Évangiles, à cause des quatre animaux de V Apocalypse (empruntés d'Ézéchiel); il réfu|e les gnostiques, non par les Évangiles , que les gnostiques n%vaient pu connaître, mais par la tradition, et cette tradition est toute négative; elle consiste en ce que les évéques, successeurs des apôtres, rCont jamais entendu rien de semblable aux idées de Yalentin, Basilide, etc., et il prouve son dire en citant, pour exemple, des listes d'évêques de Rome, qui n'avaient, en effet, jamais rien su ou rien compris a ces questions, qui même ne s'étaient pas doutés de leur nécessité et de leur importance. — Comme Justin, Quadratus, etc:, il soutient que les morts ressuscites par es thaumaturges chrétiens Font été pour tout de bon,
tandis que ceux des Apollonius, des Simon, n'étaient que des cadavres galvanisés...
Après cela, on n'est point surpris de voir Irénèe, prenant les Écritures au pied de la lettre, combattre les dokètes, les aloges, etc., par des textes mal entendus; Jésus-Christ est Dieu, parce queTËvangile le dit fils de Dieu; il est le Verbe, parce que tout prophète possède le Verbe; il est homme, parce que né de Marie, il est ressuscité dans le même corps qu'il avait sur la croix, et qui est mort, parce que les Évangiles se servent du mot résurrection^ etc., etc. Tout cela n'est que grossièreté, matérialisme pur et vraiment non avenu. C'est rabaissement de la raison dans le Christianisme, que tendaient à élever si haut les gnostiques. Après cette belle philosophie, il recommande la soumission aux évoques, et promet en récompense les joies du règne de mille ans, toujours au nom des Écritures.
185. Vers ce temps, Théodotion, disciple deTatien, successivement chvétien orthodoxe, c'est-k-dire vulgaire, puis marcionite, et enfin juif, entreprend, k l'exemple d'Aquila (134), une nouvelle version de TAncien Testament, d'après l'hébreu. Ces changements de croyances (195) dans les esprits les plus éclairés montrent quelle nudité de doctrine il y avait alors dans le Christianisme, en dehors du programme de Jésus et de ses apôtres : la réforme sociale, la morale nouvelle, rimmortalité de l'âme et la fin du monde. Qu'aurait-ce donc été, si, dans ce moment où la ferveur des disputes était si grande, tout le monde, comme Théodotion et Aquila, avait pu consulter avec discernement les livres hébreux 1...
186. Pertinax, envoyé en Angleterre, apaise une révolte des soldats, mécontents de Tadministration de Pérennis. Ils en voient k Rome une députation de quinze cents légionnaires exiger de l'empereur la mort de Pérennis, qui du reste de son côté conspirait. Il n'y fait pas bon, k coup sûr, pour un prince de l'espèce de Commode, succéder k des hommes tels que les Marc-Aurèle, les Antonin, les Adrien, les Trajan ; mais il fait encore pire avec une plèbe telle que celle de Rome, des soldats comme ceux du prétoire, et sous des
GÉSAHISME £T CQRISTIAIfISMf.
onstres tels que Commode, Néron, Pomitien et Galigula» plaire au véritable empereur et souverain, le peuple!.», réunis est remplacé dans la préfecture du prétoire par èandre, esclave phrygien, dont Tâme vile et Tinfluepce sur mmode furent encore plus funestes que Péreanis,
187. La désertion se met dans les arpoées de Vempire s Espagne, Maternus les rassemble en bandes, ouyrQ le$
isons, brise les fers des esclaves et se compose une ^rméQ
ec laquelle il menace l'empire.
— Cependant Commode se livre aux combats du cirque pt
^nale son adresse meurtrière h. la chasse des animaux et
!s hommes. On ne pouvait pas perdre un eR^piire pli}s M^
ïquement.
188. l.es gouverneurs de Gaule et d'Espagne, qui p^^n-» mt quelque temps étaient demeurés spectateur^ des dèpré^a itions de Maternus, qui peut-être en avaient profité, se icident enfin a le poursuivre. Le déserteur alors ordonne à
bande de se séparer et de se rendre par pelotons à Ronie, 1 il se propose de massacrer Commode et de s'emparer de impire. La conjuration u'est découverte qu'à Rome ibôiuq, l'instant de l'exécution. SUe est apaisée par la mort de m auteur. — Une sédition éclate en Italie, i, l'occasion do
peste. Conspirations sur conspirations, révoltes pur r^i )Ues : Imus, imus prœcipites ! L'empire, depuis bientôt ceut ingtans, a usé tout w que lui avaient douné de vie )6s yic^^ ires de Yespasien et de Titus : un n>^l intérieur, inppnnut us intense le dévore. Le travail des idées a vermoulu Védim le : encore un peu d& temp9, et nous le verrons tppaber ir lambeaux (253-273) ; et çpcore un peu, et il n'y aura de issources pour lui que de se jeter dans ce déluf[a dos opiions qui précipite les peuples (313), — Sérapion, évêque d'Antioche, en Cilicie, auteur de divera îrits. A propos de VÉvangile de Pierre^ reçu dans son Église ; fort répandu dans son pays, il déclare qu'il n'y 9, fi^v^ ouvé que de vrai; mais que, du moment que cet Évangile mse de la division et devient un sujet de scandale, ilfyut > supprimer. Telle est la critique des Pères et la Q^aniérç
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dont ils respectent la vérité et pratiquent Iji ooneorde, Qui pourrait douter, après cela, que le cl^oix des qwUre Éuan^ giles canoniques a été le résultat d'une convention teprôte de l'épiscopat chrétien, au moment où il sentait le besoin de satisfaire à la gnose, d'arrêter }a débicle commun»uti|ire et de fonder la hiérarcl^ie ecclésiastique sur ^^ ^Ogn^P, Ift tr«r dition etrËcriture?...
4^8*931. Ëpiscopat de Défpétriu^ 4 A)exandrie« Jusqu'à lui, Vévêque d'Alefi^ndrie avait été le seul de tPutf TÉglise égyptienne. Démetrius en conserva trw% 3qi) iuor cesseur Héraclius en porta le nombre a vingt*
iSO. Apollonius, sénateur romain, déuPQcé par un d9 se^ esclaves, plaide la cause des chrétiens davant |9 fiénat» et reçoit, conformément auj^ édits 4^s emperaurs, }a cqur ronne du martyre.
La tyrannie de Cléandre fait regretter celle de Pépopiliflt Les confiscations et les supplices se succèdent sai^s iutari^up* tion; la peste et la famiiia mettent le comble aux calamités de Rqme, Le peuple, irrité, sp révolte et demande la téta d@ Cléandre, qui fait charger la multitude par uu corps de f ava«leria ; mais lesprétorieus se joignant au peupla, et Cummode, assiégé dans son palais, pe parvient ^ ^e sauvap lui^mém^ qu'en jetant à. la multitude furieuse la téta de son favori, C'est ia deuxième fois que Commode rejetta mv autrui la responsabilité de ses crimes, et pour )a deu^^i^ma foin la peuple lui pardonne,
lOO. Publication de la Wiscbna (o'astT^-dira deutérosa DU seconde édition), code des loi^ nivilee et canoniques des juifs, par Rabbi Juda, dit le Saint, Ca recueil est divisé an six p^rr ties, appelées Sedarimt subdivisées h, leur tour an traités at chapitres. Il fut par la suite augmenté de volumineux commentaires, émanés des écoles de Babylone et de Jérusalam, qui reçurent le nom de Guémara (complément). La Quémar($ et la iffiJc^Tta réunies forment le Thc^lmud (tradition ou discipline). Le premier de ces commentaires, ou Thalmud de Jérusalem, fut achevé probablement dans la première moitié du IV* siècle { le deuxième fut rédigé au v^ siècle et terminé
44 GÉSARISME ET CHRISTIANISME.
Fan 500. C'est Tesprit juif qui replie ses aîles^ fait son inventaire, met sa vie en ordre et la livre à la postérité, car il ne produira désormais plus rien; ayant manqué son Christ, il doit mourir.
— Hermogène, philosophe stoïcien, enseigne que Dieu n'ayant pu créer le mal, le mal a dû naître d'un autre principe qui, suivant lui, est la matière. Il eut pour disciples Hermias et Séleucus^ qui propagèrent ses idées en Galatie. Tertullien se donna une peine immense pour réfuter l'argument d'Hermogëne et n'en vint jamais à bout.
191. Commode passe sa vie dans un sérail composé de trois cents femmes et trois cents garçons de tout rang et de toute beauté, dont il était k la fois l'amant et le giton. Sororibus suis constupraii^ ipsas concubinas suas sub oculis suis consiuprari jubebat^ nec irrueniiwn in sejuvenum carebat infamiâ^ omni parte corporis atque ore in sexum utrum^ que pollutus.
Un des amants de Commode avait été par lui surnommé VAne. On peut juger par là du mérite spécifique qui réjouissait l'empereur. — sage Marc-Aurèle I
Commode, sans goût pour les lettres et les sciences, totalement dépourvu de génie, se pose en Hercule romain^ et régale ce peuple de son adresse k tuer les bêtes k coups de flèches. Dans un seul spectacle, il tue cent lions, des éléphants, des panthères, des rhinocéros, une girafe. Il combattit sept cent trente-cinq fois comme gladiateur; sept cent trente-cinq fois remporte la victoire et reçoit la somme accordée pour prix. Dégoûté du surnom à'Hercule qu'il avait pris, il se donna celui de Paulus, nom d'un sécuteur, et força les Commode de répéter six cent vingt-six fois : Vive Paulus I premier des sécuteurs.
Longue liste de sénateurs, consulaires, etc., mis k mort par lui. — Il était ivre de sang.
191. Un incendie consume la moitié de Rome et le temple de Vesta.
Commandement de Sévère en ïllyrie.
192* Conspiration d'Adetus^ Eclectus et Marcia, la con-
cubioe favorite, contre Commode. 11 est empoisonné, puis étranglé par un athlète, 31 décembre. Ce fut une maladresse; la colère montait aux prétoriens et a la plèbe, et Commode ne pouvait aller loin. Mieux valait laisser aux masses le soin de punir le monstre.
Les Sarrasins se font connaître par une victoire sur les Romains.
En somme, les fureurs de Commode ne se firent guère sentir qu*à ses proches, aux nobles et gens de cour qui, jus« tement révoltés de ses débauches, conspirèrent contre lui. La paix fut maintenue, malgré la dissolution générale, sous son empire, comme elle Tavait été aous ceux de Caligula, Néron et Domitîen. L'impulsion donnée par des hommes puissants se soutenait longtemps après leur mort, et rendait d^abord imperceptible le délabrement des affaires causé par des imbéciles et des furieux. — Le sénat déclare Commode infâme; l'appelle gladiateur y tyran, ennemi public!... On renverse ses statues; Pertinax le fait inhumer avec décence.
— Plusieurs écrivains chrétiens, Rodon, disciple de Ta7 tien; Candide et Appion, Heraclite, Maxime, Sextus, Arabien, écrivent sur divers sujets contre les hérétiques ; leurs livres sont tous perdus.
Cette disparition d'ouvrages faits par des défenseurs de l'Église élève une suspicion immense contre les évoques des siècles suivants, qui, pour mieux prouver l'unité, l'antiquité et la perpétuité de leur profession de foi, ont détruit non seulement les livres des scissionnaires, mais jusqu'aux réponses qui leur avaient été faites.
-AN 193 APRÈS JËSUS-GHRIST. 4V