Elle continuera sa propagande; c'est forcé
8. Elle se créera une organisation et un gouvernement;, répiscopat; c'est forcé.
3. Elle réagira contre les aberrations des sectes rigoristes et relâchées et posera son dogme et sa discipline dans un milieu, qui deviendra pour elle un glaive à deux tranchants, en même temps qu'un instrument d'absorption.
4. Gr&ce à la multiplicité des écoles, elle prendra le sceptre de la doctrine, Vintérét commun du pouvoir épiscopal facilitant l'accord sur la profession de foi ; et leur union, toujours plus apparente que réelle, entraînant le gros des chrétiens, et mettant k néant la pacuité des dissidents.
5. Elle soutiendra la guerre contre César, et conduira les fidèles k travers les persécutions. Puis elle s'offrira au Césarisme vaincu comme un appui et un auxiliaire; elle lui imposera son alliance; elle partagera avec lui le pouvoir; et comme, sous lesAntonins, le Césarisme avait essayé une alliance avec le pouvoir sénatorial, elle le contraindra k reconnaître le pouvoir épiscopal. Et l'an 325, le monde romain se trouvera constitué sur un plan nouveau (prématuré, impossible), qui n'aura sa complète réalisation et sa théorie
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5^ GÉSARISME ET CHRISTIANISME.
que bien des siècles plus lard, le système constitutionnel. La logique de Thistoire nous mène'lk, en effet; mais cette logique, nous la verrons bientôt contredite par celle des deux parties contractantes; alors Tunion deviendra impossible, et une évolution d'un autre genre commencera.
[A cette époque, le reproche de barbarie, de superstition et d'ignorance pèse sur les chrétiens, d'autant plus poignant et redoutable qu'il était vrai. Ce n'étaient pas les rares apologies d'un Quadrat, d'un Justin, d'un Méliton et autres, apologies si lamentables que l'Église ne les a pas conservées, qui pouvaient les laver de ce reproche. Et puis, quelle si mauvaise cause ne trouve un avocat? ...
Mais depuis VÉpitre aux Romains, les chrétiens faisaient profession de mépriser la philosophie et les lettres; depuis Simon le Mage, ils proscrivaient la philosophie et la gnose ; ils excommuniaient, comme hérétiques, ceux d^entre eux qui essayent une explication de leur foi ; ils détestent l'art païen comme diabolique; ils fuient les théâtres comme instruments de fornication, pompes d'idolâtrie et tentations de Satan: ils méprisent la politique et l'ordre établi; ils flétrissent le commerce, mettent le travail et l'étude fort audessous de la prière; ils jugent la science profane inutile, auprès de la science du ciel, dont le règne est toujours attendu. Qu'était donc une secte qui ne recevait rien de ce qui constitue la société humaine?...
Bon gré, mal gré, il fallut, à peine de périr, se résigner et avoir des écoles, non plus seulement de catéchumènes, mais aussi de docteurs. On se résigna à manger de ce fruit redoutable de la science; on consentit à se donner, mais avec quelle méfiance I des écrivains, des orateurs, des philologues, des. dialecticiens, des penseurs!... La première école fut ainsi fondée k Alexandrie (183); puis on en eut à Antioche, à Gésarée; puis partout.
La naissance des écoles, la permiçsion d'écrire accordée aux savants, marquent l'époque où cesse la fabrication des écritures apocryphes. La vérité y gagnera, et les affaires de
/Église y gagneront aussi ; non que les Irénée, les Clément, les Tertullien, les Origène, pas plus que les Athanase, les Jérôme et les Augustin, qui viendront après, aient été des génies supérieurs, capables de reculer les bornes de la connaissance; non plus qu'ils aient réfuté, surpassé les gnostiques et les philosophes; ils ne les ont, la plupart du temps, pas compris ; mais la pensée reprit son mouvement; on sut enfin, en lisant un écrit, k qui l'on avait affaire; et si, k la place d'évidence, les conciles mirent leur autorité, du moins Ton sut dès lors que Ton croyait, non plus par conviction, mais par obéissance, et les vérités de la raison purent se distinguer des vérités de la foi ! . ..]
193. V janvier, Pertinax, accepté plutôt qu'élu par les prétoriens, sur la présentation des meurtriers de Commode, révèle des intentions d'économie et de bonne administration. Il est massacré après trois mois de règne (28 mars). [Pertînax finit comme Galba, et pour le même motif.] , [États de services de Pertinax, d'après Capitolinus :