Garacalla dans les Gaules
Pour subvenir k ses profusions, il déclare tous les citoyens de Tempire citoyens romains, et conséquemment soumis aux lois fiscales. — C'était une façon nouvelle de spolier les provinces et d'augmenter le revenu de l'empereur, de la plèbe et du soldat.
11 y avait une taxe pour les citoyens romains^ sur les legs et héritages, et des tributs particuliers pour les sujets.
Garacalla, au lieu d'un vingtième en prit deux, soit un dixième sur les donations et successions ; et il ne diminua point les tributs; ce qui lui procura un revenu énorme, rendit odieuse la qualité de citoyen, mais fut un pas vers le nivellement.
Suivant Dion, liv. 78, les distributions qbe Garacalla faisait k ses soldats, en sus de la solde, montaient annuellement k 70 millions de drachmes (63 millions de fr.). A cette époque, la paye du prétorien était de 4,250 drachmes (1,125 fr.), la retraite de 10,000 dr. pour les prétoriens (9,000 fr. une fois payés), et, pour les simples légionnaires, 4,250 dr. (3,825 fr.). La profession des armes était donc devenue depuis Tibère un métier lucratif, dont le peuple romain garda tant qu'il put le privilège, jusqu'au jour où les citoyens romains manquant, l'armée fut peuplée de barbares, ou, ce qui revient au même , ne se composa plus que d'auxiliaires.
Garacalla était dans la vérité de sa position : affectant la plus grande familiarité avec le soldat, lui prodiguaat, avec
Tarfifent des provinces, les revenus de la confiscation, dont il iie se faisait faute vis-à-vis des patriciens et sénateurs. Les Égyptiens entrent dans le sénat : nouvelle source de revenus, nouvelle manière de vexer F aristocratie.
Admirateur d'Alexandre le Grand, il organisait une phalange sur le modèle macédonien ; toute cette conduite prouve que le soldat est tout, le peuple et le sénat peu de chose, et le reste rien. C'est ce qu'avait très bien dit Septime-Sévère.
— Origène va visiter l'Église de Rome, mais il n'y demeure pas longtemps, rebuté apparemment par les mêmes causes qui avaient repoussé Tertullien. Les coteries chrétiennes écartent le talent et le génie : ce n'est plus un parti de réformateurs, c'est une cohue d^exploiteurs et de dupes. Origène retourne à Alexandrie, où il commence ses travaux sur la Bible. Sa réputation, à cette époque, est déjà telle, que le proconsul d'Arabie veut le voir par curiosité. Les païens l'appellent; les chrétiens le flétrissent... S14-2i5. Guerre des Romains avec les Allemands, les Goths, les Sarmates et les Daces. Garacalla parcourt ces divers pays ; puis il tombe sur Alexandrie, dont il fait massacrer k l'improviste les habitants, qui s'étaient permis sur son compte quelques plaisanteries. La délation atteignait non seulement les plus hauts personnages, mais les villes et les provinces.
Beaux temps du prétorîanisme l
S15. Une guerre de succession entre les enfants de Yologèse, roi desParthes, attira ensuite l'attention de Garacalla... — Secte des agrippiniens, sectateurs d'un évèque d'Afrique, du nom d'Agrippin, qui rejetait le baptême des hérétiques, et dont on croit que Tertullien partagea l'erreur. Agrîppin débaptisait en conséquence ceux qui ne l'avaient point été par les orthodoxes : système déplorable, qui montre a quel point la concurrence était parvenue entre les évêques. Tout se formait en partis : Agrippin fut soutenu par les évêques d'Afrique et de Numidid.