‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 158 sur 365 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

JULIE, VALBOURG.

JULIE

Oui, monsieur le comte, c'est d'amour qu'il m'aime, et il vient de me le dire.

VALBOURG.

Et c'est la première fois qu'il vous le dit?

JULIE

Oui; mais je m'en étais bien aperçue.

VALBOURG.

Et l'aveu qu'il vous en a fait ne vous a pas déplu ?

Au contraire. Il est si aimable!

VALBOURG.

Vous l'aimez donc aussi ?

JULIE

Oh ! j'en suis folle.

VALBOURG.

Le sait-il ?

JULIE

Il ne le saura jamais.

a46 L'ORPHELINE.

VALBOURG.

Et pourquoi?

JULIE

Voulez -vous que je chagrine ma bonne maman? Mais, tenez , si j'en dis davantage....

VALBOURG.

Parlez, parlez, mon enfant. Accordez -moi votre confiance : je n'en suis pas indigne.

JULIE

Vous voyez bien que je ne vous cache rien. Ce n'est pas que je veuille avoir des secrets pour maman; mais si je peux lui épargner des inquiétudes.... Vous sentez bien, monsieur le comte, que je ne dois pas penser à être la femme de son fils.

VALBOURG.

Julie, vous ne vous connaissez pas encore.

JULIE

Hélas! non. C'est ce qui me fait désespérer....

VALBOURG.

Un jour de plus peut apporter un grand changement dans votre situation.

JULIE, vivement.

Quoi! maman aurait-elle vu?... penserait-elle?... Ah! monsieur le comte , je vois bien que vous savez tout.... Dites-moi donc... parlez, parlez, mon bon ami, soulagez mon cœur. Pense- 1 -on vraiment à me faire épousei* mon petit frère ? Quelle bonté ! quelle générosité !

VALBOURG.

Je ne crois pas , mon enfant , qu'on en ait formé le

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