ACTE II, SCENE L
projet; mais la chose ne me paraît pas absôhimént impossible.
JULIE
Mais quels moyens employer?... Je n'en vois aucun qui....
VALBOURG.
Je les vois pour vous, Julie, et je les mettrai en usage quand il en sera temps.
JULIE
Quoi! vous me promettez....
VALBOURG.
Je ne promets rien. Je m'engage seulement à vous aider de tout mon pouvoir.
JULIE
Mais cela sera-t-il bien long, monsieur le comte? Je voudrais déjà que la chose fût faite.
VALBOURG.
Modérez-vous, mon enfant. Je crois qu'à quinze ans on peut attendre.
JULIE
Oh! ce n'est pas pour moi que je suis pressée. J'attendrais tant qu'on voudrait. '
VALBOURG.
Quel motif vous engage donc...
JULIE
C'est l'intérêt de mon petit comte qui me détermine. Il voudrait être sans cesse avec moi, et je ne peux pas honnêtement me prêter à cela , n'est-ce pas , mon ami ? Si nous étions mariés , je ne le quitterais pas un instant, et j'empêcherais monsieur de Verville,
qui , avce sa permission , est un impertment , je Tem-» pécherais bien d'obséder mon mari, et de chagriner fUi bonne mère. Pauvre petit frère! je te rendrais la vie 9t douce , je t'aimerais tant , je te caresserais tant , que tu n'aurais pas une minute à donner à tes amis*
VAt^OURG.
Chère enfant, tu me rendrais à la gaîté, si j'en étais susceptible. Conserve -là long-temps cette candeur , gage d'une ame sensible et pure. Espérons , ma Julie. Le ciel n'abandonnera pas l'innocence qu'il aime. O mon Dieu^ dérobe -la à la malignité de ses ennemis !
JULIE, surprise,
J'ai donc d«s ennemis , monsieur le comte ?
VaLboùrg.
De bien cruels , mort enfant.
JULIE
Je n'ai jamais fait de mal à personne,
VALBOÛHG.
licur haine n'en e^t paà moins active.
jtJLilE.
peuvent-ils empêcher mon mariage ?
VÀ.LBOURG.
J'espère que non.
JULIE
En ce cas, je leur pardonne. Mais allez donc, mon^^ sieur le comte, allez trouver ma bonne maman, et vous lui direz : Julie et d'Elmont s'aiment. Cette pauvre