‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 176 sur 365 · ACTE II, SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XIV

LA COMTESSE

Quoi! Louison t'aurait-elle avoué....

JULIE

Pouvait-elle me le cacher? Elle m'aime tant! Je la voyais souffrir; je lui offrais mes bons offices, et c'est

sur moi D'Elmont, Verville..., que leur ai-je fait?

J'adore l'un, et je ne connais pas l'autre. Ont -ils le droit de me mépriser, parce que je ne suis rien? Il sufHt donc d'être malheureux pour être tourmenté , même par ceux qui nous sont chers.

LA COMTESSE

Dissipe tes craintes, mon en&nt. N'es - tu pas près de moi?

Ah! vous le voyez, maman; votre protection n'a point arrêté votre fils. Il sent trop , le méchant , que je ne tiens à vous que par les liens de la commisération , et qu'il peut tout oser kvec une pauvre fille , qui n'a pour armes que son innocence. Ah! ma faiblesse même aurait dû lui inspirer des sentimens

D'ailleurs, me connaît-il? Sait -il si je n'ai pas aUssi des parens ; si je ne les connaîtrai .pas un jour; s'il ne sera pas forcé de leur rendre compte de ses attentats? Pardonne-moi, maman : je t'afHige en accusant ton fils.... Mais il a navré mon cœur, et le sentiment de mon outrage me donne une force que je ne me connus jamais. Ma mère , mon bon ami , vos larmes

coulent ( Passant au milieu. ) Ah! que j'y mêle les

miennes Nous voilà trois à pleurer un forfait dont

«70 L^OBPHEUNE.

aucun de nous n'est eoupalile, et que je n'oublierai jamais.

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