ACTE III, SCENE V. Î
ton valet a eu aujourd'hui plus de probité que toi. Tu dégradais une innocente qui n'a eu envers toi d'autre tort que de t'aimer ; tu la livrais au mépris de Verville, à l'insolence, et peut-être aux outrages de ses gens. ( D'Elmont se jette dans les bras de sa mère.) Ah! d'Elmont, d'Elmont, je t'ai pardonné, je ne m'en repens pas ; mais n'oublie jamais les malheurs que tu allais causer.
d'elmont.
Les oublier, ma mère! Non, jamais. Ah! un amour effréné pouvait seul m'étourdir sur mon crime.
LA. COMTESSE
Le crime était-il le seul moyen qui pût te rendre heureux? T'aurais -je refusé une fille aimable et vertueuse, que je regarde comme mon enfant?
d'elmoivt.
Quoi , ma mère, vous me l'auriez donnée!
L A comtesse.
Qu'ai-je cherché que ton bonheur, depuis que tu
respires?
d'elmont.
Ah! Julie.... Julie me pardonnera-t-elle? Madame, je n'espère qu'en vous. Plus je l'ai outragée, plus je ferai d'efforts pour me rendre digne. d'elle.
LA comtesse.
Voilà la noble ambition où je reconnais moiji fils. Oui, mon ami, Julie se rendra à ^^es prières ; jje.^jqois pouvoir m'en flatter.
D'ELMaNTji
Mais, madame.... {/l if ec timidité,) Valbourg......Je
l'ai vu je l'ai entendu
a88 L'ORPHELINE.
LA COMTESSE
Il est des cas où l'homme sage ne doit s'eti rapporter ni à ses yeux, ni à ses oreilles. Quarante ans d'une conduite irréprochable, mon amitié et mon estime étaient des titres qui devaient démentir Tévidence même. Vous frémirez, jeune homme, quand vous connaîtrez l'étendtie de vos torts envers cet homme respectable.
d'elmoiît.
Ah î madame , il suffit que vous l'aimiez encore pour qu'il soit justifié.... Cependant ces caresses de Valbourg ont quelque chose de suspect.
LA COMTESSE
Eh bien, monsieur, puisque mon témoignage n'est pas suffisant pour vous désabuser , apprenez tout. Apprenez que ces caresses, qui vous alarment tant^ ont leur source dans la nature.
d'elwcont.
De grâce, expliquez-vous.
LA COMTESSE
Cet homme qui parlait de l'établissement de Julie, ne s'occupait que de vous. Il pensait au moyen d'tmîr votre sort à celui de cette aimable enfant. Cet homme qui la pressait dans ses bras, se livrait au plaisir innocent d'embrasser une fille digne de lui', et c'est Faniour paternel que vous avez osé calomnier et proscrire.
d'elmoivt. '
Julie serait sa fille!