HORTENSE, MARTON
( Elles sont assises à quelque distance Fane de Tautre. Hofrensc brode an métiet , et Màktbn à U main*. )
M A.RTON.
Il arrive aujourd'hui.
HORTENSE, avec un soupir.
Hélas! oui, mon enfant.
MARTON
Cet hélas part de Tame.
HORTEIfSE.
Que dites-vous, Marton?
MARTON
Madame , je vous plains.
HORT ENSE
Ma chère amie, cest à Mondor que je dtis mon époux, cet époux qui me fut si cher; c'est à Mondor que cet époux mourant coniSa ma jeunesse; c'est Mondor qu'il nomma, si je devais jamais
48o L'AMOUR ET lA RAISON.
MARTON
Et voilà bien les hommes. Jaloux de leurs droits pendant leur vie, ils veulent les étendre au-delà du tombeau. Vous aimiez votre époux , c'est fort bien.
HORTEIVSE.
Il était si aimable !
MARTON
Oui, madame , il était charmant; mais son ami ne lui ressemble guère.
HORTENSyE.
Marton !
MARTON
Non, madame, Mondor ne lui ressemble pas. C'est un ami solide, raisonnable et raisonnant; mais il n'a rien de ce qu'il faut pour remplacer un mari de vingtcinq ans, et pour consoler une femme de votre âge.
HORTEWSE, froidement et avec hantenr.
11 suffit, je crois, qu'il me plaise
MARTON
Vous plaire ! il en est loin.
HORTEWSE.
Vous prétendez....
MARTON
Voir mieux que vous dans le fond de votre ame. Non , vous ne l'aimez pas.
HORTENSE, avec humeur.
Mademoiselle !
MARTON, affectueusement.
Même quand vous boudez vos gens, vous êtes toujours adorable.