SCÈNE VIII
MONDOR
Et peut-être a-t-elle aujourd'hui ample matière à réfléchir?
MARTour.
Ses réflexions me sont étrangères, monsieur; ses incommodités me sont connues, parce que je dois ignorer les premières , et que mon devoir est de soulager les secondes.
MONDOR
Tu as de l'esprit, Marton.
MARTON
Vous êtes bieki bon , monsieur.
MONDOR
Tu veux me voir venir, jouer avec moi de finesse; je vais te forcer à répondre catégoriquement. Je compte épouser ta maîtresse.
MARTON
Elle a pris son parti là-dessus.
MONDOR
Ah! elle a pris son parti là«^essus. Pour une fille d'esprit , l'expression est un peu hasardée.
Selon la civilité, cela se peut; selon la vérité, il n'en est pas de plus exactement littérale.
MONDOR
C'est-à-dire, que ta maîtresse n'a pas d'amour pour moi.
M A RTON.
Je ne crois pas, monsieur.
$oo L'AMOUR ET LA RAISON.
MONDaR.
. Cependant elle m'épouse,
MARTOW.
Qu'est-ce que cela prouve ? Avec de la vertu et de l'amitié, on doit remplir les vœux. de l'époux le plus exigeant.
MONDOR
Fort bien; je ne dois prétendre qu'à de l'amitié dirigée par la vertu.
MARTOir.
Que de maris voudraient pouvoir compter sur ce que vous rejetez si dédaigneusement!
Taurais tort de me montrer . aussi difficile qu'un jeune. homme de vingt ans. A mon âge, on ne fait plus la loi, on la reçoit; et, comme tu. dis, un mari est trop heureux que sa femme ait pour lui de l'amitié, pourvu toutefois qu'elle n'ait d'amour pour personne.
Oh, à cet égard-là, monsieur....
moi^dob; A cet égard-là....
MARTON
Je ne sais rien, monsieur,. absolument rien.
MOJfDrO.R.
En. vérité!
MART.Oir.
D'honneur.