SCENE VIII
Et je vais Fengager moi-même à te la rendre.
FRONTirr.
(A part.) (Haut.)
En voici bien d'une autre. . ^h ! monsieur, s'il vous plaît^ Prenez à notre sort un peu moins d'intérêt
LE AND RE
Tu fus de mon neveu le serviteur fidèle. Dans cette occasion je veux payer ton zèle , Je verrai ta future.
FRONTIN, à part.
Il s'en va tout gâter.
(Haut. )
Non, vous êtes trop bon. Je n'ai pu mériter... Je ne prétends, monsieur, à nulle récompense.
LÉANDRE
Le premier des devoirs est la reconnaissance.
FRONTIN
Dispensez-vous, monsieur... Vous ruineriez Frontin.
LÉANDRE
Chez mon ami souffrir un amour clandestin ! Je dois le prévenir...
FRONTIN, àpart.
Mais voyez quelle rage!
(Haut.)
De grâce , encore un mot : monsieur, quoique très-sage, N'a donc jamais senti ces brûlantes ardeurs Qui font et le tourment et le charme des cœurs ? A vous voir cependant on ne soupçonne guère....
LÉANDRE
Tu voudrais détourner mon soupçon de Valère ,
Mais je suis éclairé. Va, mon pauvre garçon, Raconte-moi le fait, et sois sûr du pardon.
FRONTIN
S'il est ainsi , monsieur, je vais donc vous apprendre Le plus brillant exploit qu'amour puisse entreprendre : Mon maître est travesti.
LEANDRK.
Je l'avais deviné.
FRONTIN
Ce sublime projet fut si bien machiné ,
Que, malgré tous ses soins, le bonhomme Nicandre
Dans nos filets enfin vient de se laisser prendre.
Et j'en suis enchanté! Depuis quel temps, Frontîn, Valère est-il chez lui ?
FRONTIN
Mais , depuis ce matin.
LEANDRE
A merveilles. Je crois que le cœur le plus tendre , Pendant un jour au moins peut très-bien se défendre. Le mal n'est pas fort grand. Va-t'en. C'est le moment De tirer mon ami de son aveuglement.
Du repentir toujours une faute est suivie : Je vais le rendre sage , et pour toute sa vie.
( 11 va frapper chez Nicandre. )