ACTE U* SCENE IL iSy
Valvilie esC vertueux.
D£ LIMEUIL
Qu'il soit heureux ce soir :
Je vais tout préparer.
VALVILLE
Souffrez que ma tendresse Ose exiger de vous, monsieur, une promesse Qui doit mettre le comble à des bienfaits si doux.
DE LIMKUIL.
Puis-je refuser rien, Valvilie, à son époux?
VA.LVILLE.
Âh ! ce mot seul suffit à mon ame ravie F Je veux, dès ce moment, vous consacrer ma vie; N'exister que pour vous ; prévenir vos souhaits; Porter dans votre cœur le bonheur et la paix. Je ne vous quitte plus, et mon aimable épouse Partagera mes soins, sans en être jalouse.
DE LIMEUIL
Voilà des sentimens nobles et généreux : Us ne m'étonnent pas, je vous connais tous deux. Mais étes-vous certains que la froide vieillesse Ne rebutera pas l'amour et :a jeunesse? , Votre âge, mes enfants , est celui des plaisirs : Il ne me reste plus que quelques souvenirs. Ce cœur flétri bientôt , ne pourra vous entendre ; Vous ne vous devez pas en tribut à sa cendre.
VALVILLE
Je connais mes devoirs , et je les remplirai : Je ferai plus encor , et je les aimerai. Cessez de m'opposer vos tristes destinées :
i58 LA JOUEUSE.
D'un bon père jamais compte-t-on les années?
D£ LIMJ^UIL.
Je me livre sans peine à cette illusion; Mais j'y mets à mon tour une condition Nécessaire entre nous; la raison l'autorise. Promettons-nous tous trois d'agir avec franchise. Un jour viendra, peut-être, où nous noUs gênerons^
ANGÉLIQUE
Si ce jour vient jamais, oui , nous en conviendrons.
D^ LIMEUIL
Vous me le promettez ?
ANGÉLIQUE
Bien aisément, mon père^ £t sans nous ex|>oser.
DE LlMEUlL.
Tu le croîs?
AN GÉLIQUE.
Je l'espère.
DE LIHEUIL.
3'en accepte l'augure, et je vais, mes enfans. Fixer par votre hymen le sort de mes vieux ans.