‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 106 sur 441 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

SABORD

Ah! par exemple, ce n'est pas ma faute. Enfin?...

FULBERT

Enfin, je commence à me dégoûter du premier métier du monde. Jusqu'à présent, j'ai vécu pour vous, et je suis bien aise de vivre un peu pour moi.

SABORD

<3u'est-ce que c'est, monsieur, qu'est-ce que c'est?

FULBERT

Je veux être heureux, s'il vous plaît , mon père.

SABORD

Hé ! que vous manque-t-il pour cela , monsieur?

FULBERT

Je vais vous l'apprendre , mon père.

SABORD

Voyons, monsieur ?

FULBERT

On m'a accueilli dans cette maison..,

SABORD

Je sais cela. Au fait.

FULBERT

Et j'y ai trouvé ce que je ne rencontrerai nulle part.

SABORD

Diable! Hé, qu'avez-vous donc trouvé?

FULBERT

Une mine comme on n'en voit pas , même sur les

i68 LE PETIT MATELOT.

côtes de Taïty ; un œil noir qui vous perce son homme

à jour; une vivacité , une gaieté....

SABOKD.

Ah! je commence à comprendre : monsieur est ampureux.

FULBERT

Comme un fou.

Un amoureux de seize ans!

FULBERT

Ce sont les meilleurs , mon père.

SABORD

Et une fille de quatorze ou quinze !

FULBERT

Voilà comme je les aime , mon père.

SABORD

Et moi , je vous défends de l'aimer , monsieur.

FULBERT

Vous lui défendrez donc de me paraître aimable?

SABORD

Je voudrais bien savoir où peuvent mener de semblables amours ?

FULBERT

A un bon et solide mariage.

SABORD

Monsieur mon fils!

FULBERT

Monsieur mon père!

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