SCÈNE VIIL Le général HOLBOURG, PALMER
PALMER, à part.
Malheureux! je me hvre aux illusions de l'amour^ et j'oublie que ma tête....
LE GÉNÉRAL, descendant la scène.
Mon cher Palmer, recevez les éloges qui vous sont
dus. La gloire est le seul prix que vous ayez pu ambitionner. Jouissez de celle que vous avez acquise , et comptez sur la reconnaissance de votre pays.
PALMER, contraint.
Mon pays ne me doit rien.
LE GÉNÉRAL
Voilà la modestie qui sied à la valeur. Votre désintéressement est un titre de plus à mon amitié et à mon estime. Dites-moi, que puis-jç pour vous?
PALMER, péniblement.
Je ne demande rien, je ne veux rien. Puissé-je être oublié, inconnu.
LEGÉNÉRAL. /
Non, monsieur, vous n'êtes pas fait pour vivre ignoré. Le grand Frédéric ne le permettra pas.
PALMER, avec effroi.
Frédéric !
LE GÉNÉRAL
Il vient d'arriver à l'armée; je vous présenterai. Je me charge de votre fortune, et je m'acquitterai envers vous.
PALMER, avec désordre et chaleur.
Non, non, monsieur.... Mon sort est arrêté.... Le bonheur n'est plus fait pour moi.
LE GÉNÉRAL, étonné.
Que dites-vous? Oubliez-vous qu'Amalie...
PALMER , égaré.
Je l'épouse... Je donne un état à mon fils , el je m'éloigne aussitôt... Je vais traîner ailleurs mon amour, mes regrets, mes malheurs.