ACTE III, SCÈNE VIII
LE GÉNÉRA-L, vivement.
Palmer, que signifient ce désordre, ces mots obscurs, cette voix altérée?
PALMER, s'écriant.
Laissez-moi mon secret.
LE GÉNÉRAL
Vous n'en devez plus avoir pour moi.
PALMER
Je suis devant mon juge.
LE GÉîfÉRAL, le pressant dans ses bras .
Vous êtes avec votre ami.
PALMER
Hé bien! sachez...
( Un temps, )
LE GÉNÉRAL
Poursuivez.
PALMER, hors de lui.
A l'instant où je fuyais de Bamberg, le régiment de Brown... mon régiment... (^Se couvrant le ^visage de ses mains.) Ah ! mon Dieu , mon Dieu !
LE GÉNÉRAL, avec impétuosité.
Le régiment de Brown!... Votre régiment!... Votre fuite !... Quel soupçon !... (// tire le signalement de sa poche, ) Seriez - vous ce malheureux ? ( // lit, ) « Le major Palmer. » Je suis anéanti. i^A lui-même,) Il a manqué une fois à son devoir ; mais , il s'est illustré aujourd'hui. Il faut que je lui ote la vie, et je lui dois la mienne. Mon devoir m'impose silence, et mon cœur parle plus haut que mon devoir.
35o LE MAJOR PALMER.
PALMER, prend la main du général avec calme et fermeté.
C'est votre devoir qu'il faut suivre. On ne pardonne rien en Prusse ; vous le savez comme moi. Je ne vous demande qu'une heure. Que je reçoive sa main, et je vais à la mort.
LE GÉNÉRAL
Non, dusse je payer ma générosité de ma tête, je n'immolerai pas un héros, mon bienfaiteur. Fuyez, hâtez -vous; vous n'avez qu'un moment. Votre régiment....