XI
386 CLAUDINE, jusqu'à mon cœur, le plus doux frémissement. Plus loin , une eau claire et rapide nous oppose une barrière, que vous franchissez dans mes bras. De l'autre coté , un boulingrin nous attire , et nous invite au repos. La main bienfaisante du plaisir appesantit nos paupières , et l'amour nous attend au réveil.
MADAME D E R ]>f E T T I .
C'est charmant! c'est charmant ! Mais , que devienton ensuite ? On ne se promène pas toujours.
BELTOIS^.
Nous rentrons avec un appétit dévorant; on sert, et on se retire. Je vous présente un siège, et je m'assieds, tantôt en face pour m'enivrer du plaisir de vous voir, tantôt à vos cotés, pour respirer votre haleine. Le mets le plus délicat est celui que vous avez touché; le meilleur vin est celui que je bois dans votre verre.
MADAME *DERNETTI.-
Yoilà un repas délicieux. Après ?
Nous passons dans ma bibhothèque. Je prends un de ces auteurs qui disent avec tant de charme ce que je sais si bien sentir. Le gentil Bernard me tombe sous la main ; nous l'ouvrons ensemble. Yotre bras est passé autour de mon cou, et vos yeux répondent aux miens.. L'Art d'aimer ne nous apprend rien : c'est notre histoire que nous hsons, et cependant nous nous arrêtons à chaque vers. A chaque vers, Famour nous dit à l'oreille : Bernard n'a fait qu'écrire ; c'est moi qui lui dictais.